Cession d'un centre d'appels de Free : les syndicats saisissent la justice

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Évoquant une obstruction faite à l'exercice tant du droit de grève que du droit syndical et de la liberté d'expression, les syndicats demandent la suspension du projet de cession au groupe Comdata de ce centre d'assistance téléphonique pour les abonnés Free situé à Colombes (Hauts-de-Seine), prévue pour le 8 juin 2018.
Évoquant une "obstruction faite à l'exercice tant du droit de grève que du droit syndical et de la liberté d'expression", les syndicats demandent la suspension du projet de cession au groupe Comdata de ce centre d'assistance téléphonique pour les abonnés Free situé à Colombes (Hauts-de-Seine), prévue pour le 8 juin 2018. (Crédits : Jacky Naegelen)
Les syndicats de Mobipel, un centre d'appel appartenant à Iliad, société mère de l'opérateur Free, ont saisi la justice pour suspendre le projet de cession de leur entreprise, engagée selon eux "pour des considérations illicites", a-t-on appris lundi 14 mai de sources syndicales.

Ils sont remontés. Les syndicats de Mobipel, un centre d'appel appartenant à Iliad, société mère de l'opérateur Free, ont saisi la justice pour suspendre le projet de cession de leur entreprise, engagée selon eux "pour des considérations illicites", a-t-on appris lundi 14 mai de sources syndicales. Le comité d'établissement de la société et deux organisations syndicales ont assigné la société Mobipel et son actionnaire devant le juge des référés (en urgence) : une audience est prévue mercredi, à 14 heures, au Tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre, selon l'assignation consultée par l'AFP.

Évoquant une "obstruction faite à l'exercice tant du droit de grève que du droit syndical et de la liberté d'expression", les syndicats demandent la suspension du projet de cession au groupe Comdata de ce centre d'assistance téléphonique pour les abonnés Free situé à Colombes (Hauts-de-Seine), prévue pour le 8 juin 2018. Au moment de l'annonce du projet, début mars, il avait été spécifié que la cession ne devait pas entraîner un "changement d'employeur" mais "un simple changement d'actionnaire", selon un document transmis aux syndicats et consulté par l'AFP. Le projet y était justifié par la volonté de rapprochement avec le groupe Comdata, qui pourrait assurer à l'avenir une partie de la relation client d'Iliad en Italie.

"Des considérations illicites"

Selon le CE, il s'agit en réalité d'une manière de "se séparer" du centre "pour des considérations illicites et étrangères à toute motivation stratégique et financière".

"Les salariés sont aujourd'hui sanctionnés pour leurs prises de position et l'impact médiatique suscité par les décisions illicites de l'entreprise, impact médiatique avec lequel Free ne veut/peut plus composer", affirme le CE dans l'assignation.

La situation de ce centre avait été pointée du doigt par l'émission "Cash investigation" en septembre dernier. Le magazine y avait noté les nombreux licenciements pour faute grave intervenus après un débrayage organisé en 2014 pour de meilleures conditions de travail.

En février, un rapport d'experts commandé par le CE avait relevé "une logique de compression des effectifs non assumée". Entre juin 2014 et septembre 2017, ils ont été réduits de 60% (de 711 à 287 salariés), et ce notamment à la suite de "licenciements disciplinaires massifs", indiquait le rapport. Sollicité lundi par l'AFP, Free n'a pas souhaité faire de commentaire. Une autre procédure au fond, qui prendra plusieurs mois, a été engagée pour trancher sur le caractère licite ou non du plan de cession.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 15/05/2018 à 8:09 :
Merci à Macron et don gouvernement. On voit que la modernisation du dialogue social est bien partie en France...
a écrit le 14/05/2018 à 19:31 :
"La situation de ce centre avait été pointée du doigt par l'émission "Cash investigation" en septembre dernier."

Oui ça sent en effet un peu la répression économique, les syndicats ont raison difficile de ne pas y voir une volonté d'une revanche sur l'émission en plus de l'élimination du problème.

Maladroit car indélicat, brutal et grossier de la part de la direction mais avec un gouvernement pro actionnaires milliardaires actuel on se doute qu'ils prennent confiance...

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