Les opérateurs télécoms et les collectivités locales appellent le gouvernement à se joindre à eux pour initier un nouveau « pacte » afin de garantir l'accès de tous les Français à la fibre à l’horizon 2025. Mais Jean-Noël Barrot, le ministre des Télécoms, ne semble pas sur la même longueur d'onde.Le grand chantier du déploiement la fibre, dont beaucoup ont chanté les louanges, va-t-il finir en eau de boudin ? C'est ce que redoutent de nombreux acteurs de la filière des télécoms, des élus locaux, comme le gouvernement. Si le « plan France très haut débit », qui visait à apporter la fibre à 80% des Français d'ici à 2022, a plutôt constitué un succès, les nuages noirs s'accumulent sur sa finition. Au point que la promesse d'Emmanuel Macron de rendre cette technologie disponible pour tous les Français d'ici à 2025 semble aujourd'hui compromise.
Il faut dire que les problèmes se multiplient. L'Arcep, le régulateur des télécoms, s'inquiète que les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free aient levé le pied sur le déploiement de la fibre dans certaines grandes agglomérations. Idem pour les villes moyennes : le gendarme des télécoms ne manque désormais pas une occasion de fustiger « le ralentissement » et « le retard » des travaux d'Orange. Dans les campagnes, c'est le coût des raccordements dits « complexes » des logements isolés, ou difficiles d'accès, qui pose problème.
La « résilience » des réseaux inquiète
L'accès à la fibre devient, en effet, crucial, dans la mesure où l'ancien réseau cuivre d'Orange, utilisé par tous les opérateurs pour apporter le téléphone et l'ADSL, doit être fermé en 2030. En outre, les inquiétudes vont crescendo sur la « résilience » des réseaux de fibre. Ces infrastructures, largement déployées par voie aérienne via des câbles suspendus à des pylônes, sont jugées fragiles, notamment dans les territoires qui essuient régulièrement des tempêtes et des inondations. Pour finir, l'empressement de la filière à déployer la fibre pour tenir ses engagements a débouché sur un festival de malfaçons et de raccordements ratés par des sous-traitants souvent mal rémunérés, qui suscitent l'ire de myriades de clients et élus locaux.