Au Mobile World Congress, l’industrie des télécoms blâme la régulation européenne
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Tim Höttges, le patron de Deutsche Telekom, ce lundi au Mobile World Congress.
Reuters
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Tim Höttges, le patron de Deutsche Telekom, ce lundi au Mobile World Congress.
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D'ordinaire, le Mobile World Congress de Barcelone est d'abord l'occasion pour l'industrie des télécoms de braquer les projecteurs sur ses dernières innovations. Mais chose rare, cette nouvelle édition s'est ouverte sur un coup de gueule. Plusieurs dirigeants des cadors européens du secteur ont publiquement clamé leur ras-le-bol concernant la manière dont Bruxelles encadre leur industrie.
Dès la conférence d'ouverture, Christel Heydemann, la patronne d'Orange, a donné le ton. Alors que la Commission européenne presse l'industrie des télécoms de déployer la fibre et la 5G pour apporter partout une connectivité d'un gigabit/seconde d'ici à 2030, la dirigeante a estimé que le secteur n'en a plus les moyens. « Les investissements massifs dans les réseaux - près de 600 milliards d'euros en Europe au cours de la dernière décennie - sont difficiles à rentabiliser, alors que les consommateurs s'attendent à payer moins pour obtenir plus », a-t-elle canardé. Elle remarque que « certaines entreprises de télécommunications ne sont plus en mesure d'absorber entièrement ces investissements ». Résultat : « Elles sont obligées de vendre partiellement leurs infrastructures actuelles pour financer les nouvelles. »
Aux yeux de Christel Heydemann, le coupable est la « concurrence féroce » dans les télécoms, fruit d'une « une réglementation parfois dépassée ». D'après la dirigeante, la politique menée par Bruxelles depuis la libéralisation de cette industrie, à la fin des années 1990, doit évoluer. Si rien ne change, le secteur va, selon elle, au casse-pipe. « Selon le cabinet de conseil PwC, 46% des PDG de sociétés de télécommunications pensent que leur entreprise ne survivra pas une décennie de plus », a-t-elle averti.
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Même son de cloche pour Tim Höttges, le patron de Deutsche Telekom. D'après lui, le « cadre » européen des télécoms, caractérisé par « beaucoup de régulation et de concurrence » précipite le déclin du secteur et sa « commoditisation ». A l'en croire, le temps où les opérateurs du Vieux Continent étaient suffisamment puissants pour se diversifier dans la banque ou l'audiovisuel est révolu. « Aujourd'hui, leurs PDG sont contents quand ils ont les moyens de financer leurs réseaux ! », a-t-il averti.