Tim Cook, le patron d'Apple, défend un "RGPD américain"

Tim Cook, pdg Apple
Reuters/Yves Herman
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Tim Cook, pdg Apple
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En tournée européenne, le patron d'Apple se pose en défenseur des données personnelles. Après s'être rendu en France mardi, Tim Cook donnait mercredi un discours à Bruxelles dans le cadre de la "40e conférence internationale des commissaires à la protection des données et de la vie privée", avant de rencontrer ce jeudi Frans Timmermans, premier vice-président de l'exécutif européen, et Vera Jourova, commissaire en charge de la protection du consommateur.
Tim Cook s'est dit favorable à une législation américaine sur la protection des données personnelles, en prenant exemple sur le fameux RGPD (Règlement général sur la protection des données) entré en vigueur le 25 mai dernier en Europe.
Aux États-Unis, le régime politique étant fédéral, les entreprises tech doivent composer avec un patchwork de législation selon les différents Etats - avec des lois plus ou moins protectrices des données personnelles. En juin, la Californie a été le premier État à adopter une loi dans le sillon du RGPD.
Le fabricant d'iPhone a ensuite détaillé le modèle économique des entreprises concurrentes, reposant quasi exclusivement sur les recettes générées par la publicité ciblée grâce à la collecte massive de données personnelles. Apple, s'il détient également des données personnelles grâce à son écosystème complet (Apple Store, Apple Music...), tire la majorité de ses revenus de la vente de produits - dont l'iPhone, son produit vedette.
Un tacle plus ou moins masqué à l'égard de Google et Facebook. En effet, ces deux géants tirent plus de 85% de leur chiffre d'affaires grâce à la publicité. Et ils ont tous deux été récemment critiqués pour des fuites de données. Facebook, plus grand réseau social au monde, a laissé filer les données personnelles de 87 millions de ses utilisateurs au profit de Cambridge Analytica. Ce cabinet d'analyse les a utilisé à des fins politiques, en étant au service de Donald Trump lors de la présidentielle Américaine et du groupe "Leave.EU" lors du Brexit en 2016. Fin septembre, Facebook a reconnu avoir été victime d'un piratage affectant 50 millions d'utilisateurs. Quelques jours plus tard, Google annonçait la fermeture de son réseau social Google + après une fuite des données personnelles de 500.000 utilisateurs.
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Les deux géants ont également pris la parole lors de la conférence, via messages vidéos. Mark Zuckerberg, Pdg et co-fondateur de Facebook, a déclarer "partager les valeurs du RGPD". Avant d'admettre : "Nous avons toujours pris notre responsabilité incroyablement au sérieux, et l'année écoulée nous a montré que nous avons encore beaucoup de travail."
Le patron d'Apple a énuméré quelques droits qu'une législation américaine devrait protéger. En premier lieu, les utilisateurs devraient avoir le droit d'exiger qu'un minimum de données soient collectées et celui de savoir quelles sont les données recueillies et à quelles fins. "C'est la seule façon de donner aux utilisateurs le pouvoir de décider quelle collecte est légitime et celle qui ne l'est pas. Moins que ça, c'est une mascarade", a-t-il estimé. Depuis l'adoption du RGPD - et les récents scandales de fuites de données - le Congrès américain commence à débattre d'une réglementation protectrice des informations personnelles.
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