Jour Un « de la libération » selon Donald Trump, prélude à une guerre commerciale perçue comme très agressive pour le reste du monde... Depuis les annonces, le 2 avril dernier, d'une série de droits de douane inégalés et pratiqués par les États-Unis sur un grand nombre de produits commercialisés à l'échelle mondiale, les marchés tout comme les filières industrielles oscillent entre stupéfaction et prudence.
L'onde de choc est particulièrement ressentie en Auvergne-Rhône-Alpes, qui se positionne comme la première région industrielle en matière PIB et d'emplois générés et dont les États-Unis constituent le 5ème client à l'export, pour un montant de 5,1 milliards d'euros en 2024 selon les Douanes.
« Bien que la balance commerciale reste positive notamment à l'échelle régionale envers les Etats-Unis [les exportations vers ce pays ne représentant que 7,2% selon les chiffres de la CCI] - il est certain qu'Auvergne Rhône-Alpes sera tout de même plus impactée que les autres régions françaises par l'entrée en vigueur de ces droits de douane, en raison de la place qu'y occupe l'industrie », pointe Morane Rey-Huet, président du comité régional des Conseillers du Commerce Extérieur de la France.
Car en plus de posséder un tissu industriel très diversifié, la région Auvergne Rhône-Alpes abrite plusieurs filières dont les États-Unis demeurent un client important à l'export : c'est par exemple le cas de la chimie, des medtechs ou encore de l'automobile. Sans oublier des filières qui pèsent certes, un peu moins lourd à l'échelle régionale, mais qui seront également ciblées par les nouveaux droits de douane de Donald Trump, comme l'aéronautique, ou encore les entreprises du patrimoine vivant comme la coutellerie (Thiers, etc) et les filières viticoles et agricoles, très dépendantes de leur installation géographique.