Le chantier du tunnel transfrontalier Lyon-Turin mobilise à ce jour 3.000 salariés en Savoie. Les acteurs du projet veulent, dans les années 2030, construire de nouvelles voies d'accès jusqu'à Lyon, via trois tunnels d'ampleur qui passeraient sur les...
Emma Rodot
Lyon-Turin : au-delà du tunnel, les voies d’accès restent un casse-tête financier
Il faudrait 8 milliards d'euros pour financer les voies d'accès entre Lyon et le tunnel transfrontalier en cours de construction entre la France et l'Italie. Mais pour l'instant, aucun euro n'a été fléché vers leur réalisation. Les conclusions de la conférence de financement menée par l'Etat sont donc très attendues.
Car en parallèle du chantier du tunnel, ces voies doivent permettre de rehausser les capacités fret : de 15 millions de tonnes de marchandises par an d'ici 2032 sur la ligne existante, entre Dijon et Modane (Savoie), à 28,5 millions de tonnes par an avec ce nouveau projet de voies d'accès, dites « grand gabarit ».
Or, « sans les voies d'accès, le tunnel sera privé d'une bonne partie de son efficacité », a souligné Mathieu Grosch, coordinateur européen des grands réseaux de transport, mais aussi du corridor méditerranéen reliant l'Espagne à la frontière ukrainienne, lors de l'assemblée générale de La Transalpine, association de lobbying du Lyon-Turin début juillet.
Ces dernières n'arriveraient qu'en 2045, soit au moins 12 ans après que l'ouverture projetée du tunnel franco-italien.
«Si le tunnel est terminé dans les années 2030, et que les accès ne sont terminés que dans les années 2040, le tunnel et tout l'axe vont souffrir d'une efficacité qui ne correspond pas à l'investissement qu'on a fait, et qui ne correspond pas à l'engagement des deux pays», plaide Mathieu Grosch.
En face, l'opposition au Lyon-Turin, dénonce, elle, un projet sur-capacitaire et aux coûts financier et environnemental disproportionnés. Elle juge que la ligne existante suffit et que le montage complexe prouve l'inutilité du projet.
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De fait, pour le moment, aucun financement n'est acté pour ce nouveau projet XXL des voies d'accès, pour l'heure estimé à 8 milliards d'euros (selon les projections de SNCF Réseau en 2023), auxquels devraient s'ajouter 2 milliards d'euros pour le contournement ferroviaire de Lyon.