À peine rouverte à la fin du mois de mars - après 19 mois d'interruption -, la voilà recoupée pour à nouveau cinq jours : la ligne ferroviaire entre Paris, Lyon, Turin et Milan, qui passe par la Savoie, a été à nouveau interrompue entre le lundi 30 juin et le samedi 5 juillet en raison des violentes intempéries et des inondations qui ont touché les communes de Modane et de Fourneaux la semaine dernière.
Ces coulées de boue, qui ont franchi pour la première fois les digues des deux villes, n'ont cette fois pas endommagé les installations. Après le trafic voyageur cette semaine, le fret doit être relancé d'ici à la mi-juillet, a indiqué Béatrice Leloup, directrice territoriale de SNCF Réseau en Auvergne-Rhône-Alpes.
Mais le spectre de la dernière grande coupure a ressurgi : entre août 2023 et mars 2025, la liaison transfrontalière a en effet été coupée en raison de l'effondrement d'un pan de montagne, à quelques dizaines de kilomètres dans la vallée de la Maurienne.
Les trafics voyageurs et marchandises, jusqu'alors au nombre maximal de 54 trains autorisés par jour, pour environ 5 millions de tonnes transportées par an, ont donc dû, pendant plus d'un an et demi, se reporter vers d'autres modes de transport pour traverser la frontière : en avion pour une partie du trafic voyageurs, par d'autres routes ferroviaires (en passant par la Suisse ou par Nice en direction de Vintimille, en Italie), ou encore par la route en passant par les tunnels du Fréjus ou du Mont-Blanc.
Sachant que jusqu'alors, la part modale du rail était de moins de 10% par rapport à la route sur cet axe, en baisse continuelle. Dans l'Union européenne, celle-ci est de 15%.