Négocier l'assurance de prêt : une belle économie souvent négligée

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Simplifiée depuis la loi Lagarde, la délégation d'assurance permet de réaliser plusieurs milliers d'euros d'économies sur le coût total du prêt.

Près d'un an après l'entrée en vigueur de la loi Lagarde, 60 % des Français interrogés par l'Ifop ne connaissent pas la délégation d'assurance. De quoi s'agit-il ? L'assurance emprunteur, ou assurance de prêt, garantit qu'en cas de pépin la compagnie viendra rembourser les mensualités du crédit immobilier à la place de l'emprunteur.

Jusqu'alors, la banque qui accordait le crédit pouvait obliger l'emprunteur à s'assurer chez elle. Depuis la réforme, elle est tenue d'accepter que son client souscrive chez la concurrence, pour peu que le contrat présente des garanties au moins équivalentes, et sans que cela ne remette en cause les conditions d'octroi de son crédit (taux, durée, etc).

Cette délégation d'assurance est donc bien peu connue encore. Dommage, car les sommes économisées sont rondelettes. On a coutume de dire que 0,1 point négocié sur l'assurance équivaut à 0,2 point sur le taux du crédit (taux nominal). Pour ne pas passer à côté, mieux vaut se tourner vers un comparateur d'assurances en ligne ou un courtier spécialisé comme Credixia ou AcommeAssure. Exemple : une non-fumeuse de 30 ans peut économiser plus de 10.000 euros, soit un gain de 0,4 % sur le taux de son crédit (voir simulations réalisées pour « La Tribune »). Malgré ces avantages substantiels, l'étude réalisée par l'institut de sondage Ifop pour la compagnie d'assurances Macif montre que les Français ne sont pas encore familiers de cette pratique : un emprunteur sur deux ne compare pas les offres d'assurance de prêt immobilier avant d'en souscrire un. Parmi les sondés non propriétaires mais qui ont l'intention d'acheter, 68 % disent ignorer la part que représenterait l'assurance de prêt sur le coût total du crédit. Or ce n'est pas faute d'être impliqué dans un projet. Et 47 % des accédants à la propriété qui ont un crédit en cours déclarent ne pas connaître non plus ce que représente l'assurance par rapport au coût total de leur emprunt. Ce qu'ils ignorent, c'est que l'on peut renégocier son assurance à tout moment !

L'autre frein à cette démarche peut être la crainte de la réaction du banquier. L'emprunteur peut toutefois menacer de saisir la DGCCRF voire l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP) qui veillent à ce que la loi Lagarde soit appliquée. « En fait, du côté des banquiers et des assureurs, on s'est mis à la page, assure Arnaud Giraudon, président d'AcommeAssure. Les premiers ont fourbi leurs argumentaires contre les contrats des assureurs extérieurs, tandis que les seconds se sont renforcés en termes de garantie. »

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