Logement : après les municipales, les constructions ne décollent toujours pas

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10 à 15% des projets de construction de logements en cours ont été freinés après les élections municipales.
10 à 15% des projets de construction de logements en cours ont été freinés après les élections municipales. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Beaucoup de mairies ont changé de bord politique lors des dernières élections municipales. Ce qui ralentit les processus de construction.

C'est bien connu, les opérations de construction de logements collectifs avant les élections municipales sont le plus souvent gelées sous la pression des maires qui souhaitent se faire réélire. Ils n'autorisent traditionnellement plus de projets d'envergure lors des 8 mois précédents l'élection, de peur de susciter le mécontentement de leurs administrés. Les élections municipales de la fin mars 2014 passées, on aurait pu penser que les constructions allaient reprendre leur rythme de croisière.

Mais les résultats des scrutins locaux ont changé la donne : 68 villes de plus de 30 000 habitants et 155 villes de plus de 9 000 habitants ont basculé de gauche à droite ou au Front National. Ainsi, "beaucoup de municipalités qui avaient acté des projets de construction de logements collectifs ont changé de bord", constate François Bertière, le président directeur général de Bouygues immobilier. Résultat, "certaines opérations de construction sont à nouveau freinées", explique-t-il.

L'année 2014 sera similaire à 2013 dans le neuf

Les nouvelles équipes municipales ont en effet besoin de temps pour consulter à nouveau les parties prenantes à tous ces projets, et pour mettre en place dans certains cas une nouvelle délégation pour la communauté urbaine. De surcroît, les opposants initiaux aux projets de construction de logements viennent se manifester auprès du nouveau maire pour faire part de leur mécontentement.

Autant de freins "qui entretiendront la morosité des mises en chantier pour l'année 2014", déplore François Bertière, qui s'attend à ce que les chiffres de la construction en 2014 soient similaires à ceux de 2013 ; c'est-à-dire insatisfaisant au regard des besoins en logements de la population et de la promesse présidentielle de construire 500.000 logements par an. Concrètement, "entre 10% et 15% des projets de construction sont freinés par la mise en place des nouvelles équipes municipales", ajoute François Bertière.

Les investisseurs particuliers de retour ?

En revanche, "la bonne nouvelle pour 2014 semble provenir du retour des investisseurs particuliers". indique le PDG de Bouygues Immobilier, sans pour autant préciser si ce regain de forme est attribuable au dispositif d'aides fiscales à l'investissement locatif dit "Duflot". Comme d'autres professionnels, il constate également un recul prononcé des primo-accédants dans le neuf, qui souffrent financièrement malgré les taux d'intérêt bas,  les prix des logements ne diminuant pas suffisamment.

Pour abaisser le coût d'un logement neuf, les promoteurs demandent que les pouvoirs publics leur cèdent le foncier à prix réduit. Grâce à cela, ils assurent qu'ils pourront ensuite commercialiser des logements à des prix correspondant aux pouvoirs d'achat des ménages. François Bertière a, pour sa part, une autre idée pour attirer davantage d'investisseurs dans le logement neuf : ouvrir la possibilité pour les particuliers qui investissent dans le "Duflot" de louer à leurs descendants ou bien à leurs ascendants.

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a écrit le 15/05/2014 à 21:09 :
... Et ce n'est pas prêt de décoller au regard de critères de modifications des PLU et de la compétence en matière d'urbanisme qui sera désormais dévolue au "Métros"+les nouvelles Normes qui tapent directement dans le portefeuille des prétendants à la construction. Il y en a au moins pour 3 ans de disette. Largement le temps de faire plonger des milliers d'entreprises du bâtiment, tous corps confondus.
Réponse de le 17/05/2014 à 7:37 :
faut tout simplement baisser les prix et s'ajuster à la solvabilité des gens, en négociant mieux les prix du foncier, déjà, le contribuable n'a pas à cautionner le foncier cher par l'intermédiaire de subventions publiques, ce qui a été largement fait sous l'UMP.
a écrit le 15/05/2014 à 19:58 :
Notre pays a vécu deux immigration : l'une externe que l'on connaît et l'autre interne, celle des paysans vers les villes. L'habitat s'en est trouvé impacté durant ces dernières années d'autant que l'on a favorisé au maximum les divorces. Mais les couples se sont recomposés, on a vu arriver les "colocs" et les vieux sont morts après une période d'augmentation de la durée de vie, laissant leurs maisons et appartement à leurs héritiers. Les besoins ne sont pas extensibles et les entreprises qui gèrent par anticipation le savent bien : on est peut-être mal logé mais l'on est logé et l'on n'a pas véritablement l'intention de bouger. Les restaurations privées battent leur plein dans les friches industrielles et les ateliers laissés vacants, les bureaux des années 70 sont transformés en appartements à moindre frais. Le bâtiment comme l'on dit bat en retraite et Lafarge cherche de nouveaux horizons. Les acteurs du secteur cherchent de nouvelles recettes opérationnelles. Ainsi vont les choses.
a écrit le 15/05/2014 à 17:46 :
Cet article illustre parfaitement combien le fait de confier aux élus locaux le pouvoir de d'octroyer ou non les précieux permis de construire est porteur d'inefficacité et d'injustice économique.
Les maires, incapables de résister aux pressions malthusianistes des rentiers de la pierre qui les élisent, empêchent la construction de logements dont on a pourtant grandement besoin.
Résultat :
- les prix de l’immobilier battent des records
- Les chômeurs ne peuvent pas trouver d’emploi dans le secteur de la construction où des entreprises sont en difficulté
- Des millions de français sont mal logés
- Les jeunes actifs s’endettent à vie pour s’offrir des clapiers revendus à prix d’or par d’heureux papy boomers réalisant des plus values indécentes et injustifiées au passage.

Le triomphe de la rente sur le travail et l'entrepreneuriat dans toute sa splendeur. Un seul conseil pour les jeunes actifs qualifiés de ce pays. Quittez au plus vite ce bateau à la dérive, car rien de ce qui y est décidé ne l’est jamais dans votre intérêt.
Réponse de le 15/05/2014 à 23:03 :
Si les clapiers se vendent si cher, c'est parce que les taux sont maintenus artificiellement bas. Le faible taux d'emprunt est compensé par la hausse des prix. Et ça n'est pas prèt de changer.
Réponse de le 15/05/2014 à 23:27 :
Rien a ajouter
Réponse de le 16/05/2014 à 1:30 :
"Si les clapiers se vendent si cher, c'est parce que les taux sont maintenus artificiellement bas." : Si les clapier trouvent preneurs à plus de 600 euros par mois, c'est grâce aux APL qui finissent dans le calcul de solvabilité.
"Et ça n'est pas prèt de changer. " : Attendez la vraie purge des dépenses publiques. Une baisse d'autorité des loyers intégrants les APL (ne respectant pas la règle du tiers des revenus), une baisse des pensions de retraite, une hausse des impôts locaux : Les ventes seront nombreuses.
a écrit le 15/05/2014 à 17:28 :
Cet article illustre parfaitement combien le fait de confier aux élus locaux le pouvoir de d'octroyer ou non les précieux permis de construire est porteur d'inefficacité et d'injustice économique.
Les maires, incapables de résister aux pressions malthusianistes des rentiers de la pierre qui les élisent, empêchent la construction de logements dont on a pourtant grandement besoin.

Résultat : les prix de l'immobilier battent des records, des millions de Français sont mal logés, les jeunes actifs s'endettent à vie pour s'offrir les clapiers revendus à prix d'or par des papy boomers qui réalisent, sans raison, des plus values incroyables.

Le triomphe de la rente sur le travail et l'entrepreneuriat dans toute sa splendeur. Un seul conseil pour les jeunes français : quittez au plus vite ce pays à la dérive car rien de ce qui y est décidé ne l'est dans votre intérêt.

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