Retraite : l'immobilier séduit plus que les produits dédiés

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Interrogés par la BPCE, les Français affichent une position ambiguë sur la façon de préparer leurs vieux jours. La faute aux produits proposés ?

Que la retraite constitue une préoccupation des Français, ce n'est pas nouveau. D'après l'Observatoire des comportements financiers réalisés par la BPCE, ils sont 72 % à anticiper des conditions dégradées par rapport aux générations précédentes. Et la réforme n'y changera rien : seuls 21 % la juge rassurante pour les retraites futures.

Se constituer un pécule pour ses vieux jours devient donc primordial. Les plus jeunes en ont bien conscience : 56 % comptent plus sur leur épargne que sur leurs pensions pour assurer leur retraite, contre 29 % des quinquagénaires. Preuve du volontarisme des Français, plus de la moitié d'entre eux accepterait de compléter le système par répartition par des plans d'épargne retraite collectifs et obligatoires par capitalisation (32 %), voire une réduction du système au profit d'un régime dans lequel chacun est libre d'épargner (22 %).

Dans les intentions, les produits d'épargne retraite (Perp, Perco, PERE, PEE, Article 83...) ont donc de beaux jours devant eux. La réalité est toute autre. Selon l'Observatoire, si 2,5 millions de nouveaux contrats de ce type ont été souscrits depuis 2008, les chiffres sont encore sans commune mesure avec l'assurance-vie. "Nous sommes dans un rapport de 1 à 20 tant sur les sommes investies que sur le nombre de contrats", résume Alain Tourdjman, directeur des études économiques et de la prospective à la BPCE, qui avance plusieurs raisons à ce phénomène.

D'abord, l'effet "tunnel" et le manque de flexibilité de ces produits (perception des sommes investies sous forme de rente une fois à la retraite), qui incite à différer l'investissement pour garder la main sur son capital en cas de coup dur ou d'achat immobilier. Ensuite, le manque de visibilité du Perp par exemple. "Les fonctionnaires et les indépendants, qui disposent de leur propre produit retraite, clairement identifié, sont les catégories qui investissent le plus", analyse Alain Tourdjman.

Mais il y a une autre raison : l'attachement viscéral des Français à la pierre. Ainsi, 72 % des sondés estime que détenir sa résidence principale est une solution appropriée pour la retraite. A l'inverse, 62 % ne fait pas confiance aux actions, pourtant censées être plus rentables sur le long terme. A comparer les performances boursières et immobilières de ces dix dernières années, on les comprend.

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