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Une fête nationale espagnole sur fond de crise catalane

reuters.com  |   |  459  mots
Une fete nationale espagnole sur fond de crise catalane[reuters.com]
(Crédits : Rafael Marchante)

MADRID (Reuters) - Le roi Felipe VI a assisté jeudi, jour de la fête nationale espagnole, au traditionnel défilé militaire à Madrid, où de nombreux immeubles étaient pavoisés aux couleurs de l'Espagne.

La "Fête de l'Hispanité", qui commémore l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique en 1492, a pris cette année un tour particulier en raison de la crise catalane et les partisans de l'unité de l'Espagne ont par milliers déployé le drapeau national aux balcons et aux fenêtres de la capitale.

La volonté de l'exécutif catalan de proclamer l'indépendance de la région a provoqué la plus grave crise politique en Espagne depuis le coup d'Etat manqué de février 1981.

Au cours de l'imposant défilé militaire, près de 4.000 soldats et membres des forces de l'ordre ont défilé devant le roi. Les présidents des régions autonomes sont traditionnellement invités à cette cérémonie mais, sans surprise, le chef de l'exécutif de la Catalogne, Carles Puigdemont, était absent.

A Barcelone, les partisans de l'unité espagnole, se présentant comme la "majorité silencieuse", devaient se rassembler Plaza Catalonia, dans le centre de la ville. Dimanche dernier, des centaines de milliers de personnes opposées à l'indépendance avaient manifesté dans la ville.

Mercredi, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a donné huit jours à l'exécutif catalan pour abandonner son objectif d'indépendance, faute de quoi il suspendra l'autonomie de la région qu'il administrera directement.

Cette décision de Mariano Rajoy intervenait au lendemain d'un discours de Carles Puigdemont, qui a déclaré symboliquement l'indépendance catalane tout en gelant son processus de mise en oeuvre afin de laisser la porte ouverte au dialogue avec Madrid.

Si le président de la Generalitat confirme d'ici lundi 16 octobre 08h00 GMT qu'il a proclamé l'indépendance, il aura trois jours supplémentaires, jusqu'au jeudi 19 octobre 08h00 GMT, pour revenir sur sa décision, a annoncé Mariano Rajoy devant le Parlement.

Dans le cas contraire, le gouvernement espagnol pourrait invoquer l'article 155 de la Constitution, qui permettrait à Madrid de suspendre l'autonomie d'une région. Des élections régionales seraient probablement convoquées dans la perspective d'un tel scénario.

"On demande le dialogue et ils répondent en sortant l'article 155. Compris", a réagi Carles Puigdemont mercredi soir sur Twitter.

Pour le ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, "l'article 155, c'est une disposition qui est assez large".

"On peut la moduler. C'est certainement ce que le gouvernement va faire dans une action qui est toujours guidée par la prudence", a-t-il dit jeudi matin sur la chaîne de télévision française CNews.

(Isla Binnie et Jesus Aguado; Guy Kerivel pour le service français)