La commission des Finances contre des coupes budgétaires

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PARIS (Reuters) - La commission des Finances de l'Assemblée nationale s'est prononcée mardi contre l'annulation, prévue par le gouvernement, de 114 millions d'euros de crédits destinés au CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) et au CNRS, qui a créé l'émoi dans la communauté scientifique.

A l'unanimité, les membres de la commission ont suivi l'avis de la rapporteure PS de la Commission, Valérie Rabault, qui estime que cette ponction est de nature à "endommager de manière durable l'effort de recherche mené" par les deux institutions.

La députée a fait valoir que les crédits en question représentaient une part importante de leur trésorerie.

Leur suppression est prévue dans le cadre du décret d'avance présenté ce mois-ci par le secrétariat d'Etat au Budget prévoyant 2,6 milliards d'euros d'économies, dont 1,1 milliard sur des crédits de paiements, pour compenser les nouvelles dépenses engagées depuis début 2016.

Selon Valérie Rabault, la recherche et l'enseignement supérieur sont mis à contribution à hauteur d'un total de plus de 510 millions d'euros, pour moitié sous forme d'annulations de crédits votés et pour moitié d'annulations d'autorisations d'engagements.

Elle recommande dans son avis la suppression des annulations de crédits destinés au CEA et au CNRS, estimant que "d'autres solutions peuvent être envisagées pour respecter l'équilibre budgétaire, sans avoir à impacter l'effort de recherche".

Sept prix Nobel français et la médaille Fields Cédric Villani ont protesté contre ces coupes dans une tribune publiée lundi dans Le Monde, estimant que la recherche française "est menacée de décrochage vis-à-vis de ses principaux concurrents dans l'espace mondialisé et hautement compétitif de la recherche scientifique."

(Yann Le Guernigou et Emile Picy, édité par Yves Clarisse)