Le revenu de base (3/3) : une utopie réaliste ?

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Il n'y aura pas de consentement des travailleurs à payer pour des surfeurs qui passent leur journée sur la plage.
"Il n'y aura pas de consentement des travailleurs à payer pour des surfeurs qui passent leur journée sur la plage." (Crédits : AFP)
Le revenu de base a des limites, des barrières qui l'empêchent d'être mis en place effectivement, alors même que le concept existe depuis plusieurs siècles. Si l'idée est révolutionnaire, elle doit d'abord convaincre les foules pour exister. Un défi qui ne parvient pas à être relevé, notamment parce qu'il porte en lui de nombreuses incertitudes.

Le modèle du revenu de base est souvent moqué par ses détracteurs pour son manque de réalisme. Comment justifier, par exemple, que certains profitent du revenu de base pendant que d'autres travaillent pour le financer ? La métaphore du surfeur de Malibu, inventée par le philosophe John Rawls n'est jamais très loin pour créer le débat. Pour Guillaume Allègre, économiste à l'OFCE (l'Observatoire français des conjonctures économiques), le blocage est évident :

"Il n'y aura pas de consentement des travailleurs à payer pour des surfeurs qui passent leur journée sur la plage."

Un argument qui sonne juste, et qui est régulièrement soulevé par l'ensemble des opposants au revenu de base. Ainsi, Jean-Marie Harribey, un économiste marxiste, doute tout simplement de la légitimité philosophique d'un tel concept, dans la mesure où il révolutionne la place du travail dans nos sociétés. En dissociant les notions de travail, activité et revenus, il est donc question d'accepter de rémunérer des activités auparavant jugées gratuites, telles que les tâches effectuées par les femmes au foyer. Vecteur d'émancipation pour l'économiste Philippe Van Parijs, le concept est très critiqué par Harribey qui y voit une dérive philosophique :

"Toute peine mérite salaire et tout salaire mérite peine", résume Jean-Marie Harribey.

Une projection avant-gardiste

Défenseur du revenu de base, Jean-Eric Hyafil l'admet, ce mouvement est largement irrigué par l'idéologie décroissante. Selon lui, le concept suggère une nouvelle société, éloignée de la consommation :

"Il est question de changer de paradigme, l'idée c'est de diminuer le poids de la sphère marchande, au profit de la sphère autonome, c'est à dire celle où le travail est libre, bénévole ou gratuit. La sphère étatique, de son côté, conserve son rôle de régulateur et gère les impôts" explique l'économiste.

Efficace en théorie, le concept est loin de convaincre tous les économistes. Pour Guillaume Allègre, cette vision est prématurée. Selon l'économiste, l'automatisation de certaines tâches et le remplacement du capital humain par les robots n'est pas encore assez avancé pour que les individus puissent se libérer totalement de l'obligation de travail. Qui remplacera les femmes de ménage ? Les restaurateurs ? Trop de professions restent encore dépendantes du capital humain pour fonctionner.

"Ce sera pour le 22ème siècle", espère Guillaume Allègre.

Par ailleurs, la réaction ou le comportement des individus face au revenu de base reste difficilement prévisible. Difficile d'imaginer une telle révolution sociétale sans certitude. L'économiste Marc de Basquiat le confirme  :

"En réalité on n'en sait rien. L'hypothèse que le revenu de base va fonctionner est un peu dans le vide. Mais dans tous les tests menés, aucune expérience ne prouve pas que les gens s'arrêtent de travailler."

Des expérimentations biaisées

Pourtant, le revenu de base a bien été mis en place dans certaines régions du monde, mais avec des spécificités qui portent à croire que le concept n'est pas universellement viable. En Namibie par exemple, une allocation universelle de 100 dollars namibiens (10 euros) a été versée à l'ensemble du village d'Otjivero pendant deux ans.

Souvent donné en exemple par les partisans du revenu de base, cet essai a permis aux villageois de sortir en partie de la pauvreté, mais il est loin de correspondre aux problèmes rencontrés par les pays développés.

D'autant que la mise en place du revenu de base s'accompagne rarement d'une révolution fiscale digne de garantir sa faisabilité à une échelle mondiale. Jean-Eric Hyafil le rappelle, ce concept provoque par exemple automatiquement des risques d'inflation. A l'heure actuelle, aucune expérience n'est jamais allée assez loin pour étudier cette possibilité.

La rhétorique des défenseurs du revenu de base s'appuie aussi sur l'Alaska et l'Iran pour convaincre les réticents. Mais bien souvent, c'est la dotation en ressources naturelles de ces pays qui leur permet de faire une distribution novatrice des richesses, et non pas un projet politique révolutionnaire. En Alaska par exemple, chaque année depuis 1983, les habitants touchent une allocation, indexée directement sur les revenus issus de la rente pétrolière. En 2014, il s'élevait à 1.884 dollars (1.733 euros), contre 878 dollars (678 euros) en 2012. De son côté, l'Iran, lorsqu'il a arrêté de subventionner le pétrole en 2008, a cherché à compenser la perte occasionnée chez les ménages par une nouvelle allocation, similaire au revenu de base.

Similaire, mais pas équivalent. Le mouvement pour le revenu de base souffre décidément d'un manque de crédibilité, à défaut d'avoir de nombreux partisans. Si l'idée est séduisante sur le papier, à l'heure actuelle aucun exemple ne peut réellement appuyer la viabilité du concept. Les tests à venir dans l'Union Européenne apporteront sûrement leur lot de réflexions sur l'idée, qui ne pourrait que se perfectionner dans les années à venir.

Retrouvez nos précédents épisodes, sur les fondements du revenu de base et les applications concrètes du concept, directement sur le site de LaTribune.fr.

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Commentaires
a écrit le 12/08/2015 à 14:45 :
Liste non exhaustive des aides en cas de faibles revenus ou de revenus inexistants :
- allocation chômage
- RSA
- API (Allocation de parent isolé)
- Aide aux logements (ALS, APL, tarif réduit d'électricité, de gaz...)
- AAH (Allocation d'adulte handicapé)
- minimum vieillesse
- bourses d'étude
- congé de maternité
- congé parental
- financement de formations
- CMU
- congé maladie
- retraite
Et j'en oublie certainement...

Quant aux cotisations et impôts directs ou indirects, la liste est tout aussi longue :
- TVA
- impôt (pour les particuliers, pour les sociétés)
- taxe d'habitation
- taxe foncière
- CSG
- différentes cotisations sociales prélevées sur le salaire brut ou payées par l'employeurs (cf le nombre de ligne de votre bulletin de salaire...)
- ISF
Et j'en oublie certainement...

Ne peut-on pas faire plus simple et plus prévisible pour s'adapter à l'évolution de notre société ? Cela éviterait bien du travail administratif peu utile pour notre pays aux particuliers, aux entreprises, aux travailleurs sociaux, aux fonctionnaires...ainsi que du stress à bien des personnes...
Réponse de le 21/02/2016 à 18:18 :
En effet, un des avantages du revenu de base est de simplifier la gestion des aides s'il les remplace toutes et d'éviter de devoir vérifier si les gens fraudent ou pas.
Quant à savoir si les actifs sont prêts à bosser pour les surfeurs, ils le font actuellement pour les bénéficiaires du RSA, du minimum vieillesse et pour les chômeurs... Il suffirait de trouver des activités bénévoles à faire faire à tous, en prévoyant que ceux qui ne gagnent pas assez d'argent pour payer leur revenu minimum doivent par exemple 4 heures par semaine x 52 semaines de bénévolat exécutable tous les trimestres, les autres en sont dispensés. Tout le monde peut se rendre utile donc ce serait possible à mettre en oeuvre et cela permettrait à tous d'avoir un rôle dans la société.
a écrit le 12/08/2015 à 13:40 :
Ce type de débat "intellectuel" censé donner plus de liberté à chaque individu me parait une façon hypocrite d'éviter les 2 sujets dont le traitement rend naturellement les individus acteurs de leur liberté et non pas "bétail" d'un système étatique parasitaire.
Pour que l'individu soit le plus libre possible, il faut lui restituer son autonomie de décision en traitant les problèmes de l'emploi et de la formation. Ces 2 pbs exigent un niveau d'analyse et d'action bien supérieur à celui nécessaire pour se poser en distributeur omnibus de richesse, façon DAB. Pas étonnant qu'en France où l'on choisit un haut niveau de chômage comme base et de ne pas réformer le fonctionnement d'une Education Nationale dispendieuse et tournée vers elle-même, ce débat prenne de l'ampleur pour cacher les échecs précédents!
a écrit le 12/08/2015 à 10:39 :
REFLECHIR ET RPENSEZ L ECONOMIE/ DEMANDE DE L INTELIGENCE ET DE L HUMANISME. GEREZ EN TEMPT D ABONDANCE ET EN TEMPT DE CRISE ECONOMIQUE ET DIFERANT.LE SALAIRE FEMININ EST UNE MELLIEURE IDEE ACTUELLEMENT QUE L ALLOCATION FAMILLIALE.LA FEMME AU FOYE MERITE DE PROFITE DES MEME DROIT QUE LES AUTRE TRAVAILLIEURS NOTAMENTPOUR SA RETRAITE OU POUR FAIRE FACE A UN DEPART DE SONT CONJOINT? ///LES IDES QUE JE PROPOSE SONT D INVENTE D AUTRE MOYEN EN TEMPT DE CRISE A FIN DE S ADAPTER A L EPOQUE///???
a écrit le 10/08/2015 à 21:50 :
l'homme paresseux qui veut se la couler douce sur le dos des autres , ça , ça m'a toujours bien fait rire , en fait non ça aurait plutot tendance à me rendre triste ce genre d'insinuation . le revenu de base serait selon moi une avancée majeure pour le genre humain . avec le revenu de base l'Homme serait plus libre , je ne vois donc vraiment pas pourquoi cela devrait déboucher sur quelque chose de négatif
Réponse de le 11/08/2015 à 16:49 :
Mais qui paie?
les revenus du travail?
le PIB?
a écrit le 10/08/2015 à 14:02 :
Attention à ne pas crier au loup trop tôt. Le montant actuellement proposé dans l'article est de 450€, ce qui est dans la tranche basse des proposition qui sont faite. Et qui est globalement le montant du RSA socle individuel. Avant d’émettre les risques face au monde du travail, il faut bien se dire que ce montant ne permet pas d'avoir une vie décente sans travailler. Et que, si il se place en remplacement des autres aides, risque surtout pénalisant. D'où le fait que les propositions tournent plus généralement aux alentours de 600-750€.
Globalement, si revenu universel il y a, il faut bien réfléchir sur son montant avant de se risquer à des discours alarmistes.

Après vis à vis de l'automatisation. Actuellement la prédominance du travail est toujours d'actualité mais elle va en diminuant et ce tout domaine confondu. L'intégration d'un tel système en amont de cette évolution permettrait d'en fluidifier la transition. Et qui plus est une potentielle solution une fois ce second système (automatisé donc) mise en place. D'autre part, le fait de la simplicité structurel de ce revenu (une seul variable, le montant) permettrait d'avoir des ajustements simples et compréhensible par tous permettant d'accompagner les variations de notre société.

Mais d'un point de vue plus concret, maintenant les vies professionnelles instables sont monnaies courantes. Ce délitement a autant d'avantage que de qualité. Mais pour l'instant ces potentielles avantages sont nullifié par le fait que les mécaniques de partages des ressources actuelles sont basé sur la stabilité de l'emploi (dans l'idéal). Cette proposition du revenue de base permettrait d'avoir ces phases "à vide" plus sereine voir même choisi (retour sur soi, projet personnel... etc).

Dans l'absolu, ce revenu est une structure stable (inconditionnel et universel) permettant de fluidifier les transitions des états instables que subiront nos vies (ex : travail) et notre société (ex : automatisation).
a écrit le 10/08/2015 à 12:40 :
ce machin est une version du communisme. On veut nous faire croire que les gens seront heureux en ne faisant rien, et nos gouvernants genre Néron nous donneront du pain et des jeux, c'est déjà un peu ça avec les temples du foot et les musées qui fleurissent. Bon disons on fait semblant de gommer les différences sociales entre les bons et mauvais citoyens. La valeur travail et l'effort vont disparaître et ce sera l'éloge de la fainéantise. Utopie: des chefs apparaitront au milieu de ce marécage et seront bien plus tyrans que ceux qui nous ont précédés car le progrès technique augmente le pouvoir de destruction de quelques uns qui le possède :
Réponse de le 10/08/2015 à 19:03 :
A vous entendre,ètre un "bon petit citoyen",c'est une vie bien docile de 40h semaine dans des taches stupides ou du travail peu attractif ou pas valorisant,qu'on l'accepte ou non,il n'y aura plus de travail pour tout le monde à moins du partage du peu de travail restant,(Mort du Cdi,précarité,trop de monde sur le marché,automatisation,...).
Tout les jours on ne peut que constater la faillite global du système économique actuel ou nous allons droit dans le mur,les 30 glorieuses sont hélas finies,à quand un nouveau paradigme sociétal?
a écrit le 10/08/2015 à 11:29 :
Bonjour,
Le revenu universel est une utopie. En fait il serait plus question d'abolition du système marchand par l'abondance nécessitant la contrepartie d'une service civique permanent et ponctuel.
Je m'explique, robotique, exploitation des ressources spatial, IA pour régler les détails de gestion de la vie sociale, automatisation, médecine avancée pouvant soigner plus de 90% des pathologies existantes et restauration des écosystèmes vivant de manière viable et pérenne ainsi que stabilisation de la population mondiale autour de 8-10 milliard d'individu puis décroissance lente sur plusieurs siècle aux alentours de 4-5 milliard max, tout cela rendrait caduque toute nécessité de travailler comme on l'entend aujourd'hui.
Cependant les nécessité de la vie en société implique la participation de tous qui seraient obligés de participer à une service civique disons 25% par semaine afin d'accéder à plus qu'aux minimum vital à savoir manger/se loger/se soigner/se déplacer/communiquer qui dorénavant seraient gratuits universels et immuables.
Là nous serions sur une véritable utopie car le capital n'existerait plus, toute technologie serait l’œuvre et la propriété de la collectivité humaine et les chercheurs travailleraient sur ce qu'ils souhaitent sans que l'on stoppe leur recherche pour des question d'argent (La santé par exemple ne ferait plus l'objet d'arbitrage odieux et insidieux), les IA amélioreraient continuellement les processus de production et la robotique nous assisterait au quotidien sur nos taches physiques voir sur certaines taches intellectuelles ardues.
Voila une véritable utopie, l'Homme libéré du joug de ses pairs qui se manifeste au travers de la différence de capital issue de la chance, de l'héritage, de la position sociale etc ... . Bien entendu cela ne se réalisera pas avant longtemps (voir jamais) étant donné que les possédants ne souhaitent pas être dépossédés et utiliserons toujours les plus démunis prêt à tout pour survivre dans l système actuel afin de se protéger d'un utopie égalitariste.
Tout le système est basé sur la différence de revenu et le dirigisme semi-autoritaire.
La démocratie ? Nous en sommes très loin pour le moment ... . La démocratie ne peut-être qu'universelle, citoyenne et participative. La démocratie représentative n'est qu'une forme de dictature douce et invisible. Un prison dorée comme dit l'expression. La liberté ne se sous-traite pas pourtant dans un système bicaméral c'est exactement ce que nous faisons et cela amène du ressentiment car les décisions prises sont déconnectées de la volonté de la population. La Suisse l'a bien compris par exemple. De même que l'impossibilité pour les citoyens de faire un référendum de manière simple et libre est une aberration totalement liberticide. Enfin il est impossible pour tout citoyen ou groupement de citoyen de se dresser contre les agissements des multinationales afin de s'en protéger. Tout cela ne s’appelle certainement pas la démocratie. En dernier lieu un système présidentiel dirigé par un seul humain est une idiotie, tout système présidentiel devrait être composé d'au moins trois président (Toujours en nombre impair) qui prendrait les décisions sans possibilité d'abstention de manière à éviter les dérives autoritaires et clientéliste mais également afin de toujours dégager une majorité absolu dans le processus de décision. Tout cela me semble tellement logique et tout le système actuel tellement absurde ... .
Enfin bon je dis cela, je dis rien ... .
Réponse de le 11/08/2015 à 10:10 :
L'incompréhension générale des moralistes et des socialistes est que le revenu de base donne un socle de sécurité, mais contrairement aux allocations de pitié habituelles, elle ne démotive pas de travailler plus.

qui se contentera de ne pas travailler ? qui n'aura pas envis de se payer du luxe avec une activité ?
la différence c'est que justement on pourra travailler différemment, prendre plus de risques, être indépendant, avoir des pauses et de pics d'activités, avoir des années variables... bref s'Uberiser.

le revenu de base est parfait pour une uberisation de la société.

pour comparer, prenez les gens qui ont de gros revenus financiers : que font ils de leur journées ?
juste des vacances ? un peu oui, mais la plupart bossent comme des fou pour s'enrichir encore plus.

le gros avantage du revenu de base et de la flat tax associée c'est que l'éat vous laisse bosser, ne vous dit pas comment, et meme vous laisse vous planter (il faut une loi sur les faillites, un droit a l'oubli financier pour éviter de se faire kervieliser).
Réponse de le 11/08/2015 à 16:53 :
Pourquoi odieux et insidieux ?
cest un raisonnement économique.
pourquoi faire des recherches dur les maladies orphelines... ca rapporte pas.
cest pas odieux! cest juste pas rentable.
a écrit le 10/08/2015 à 11:01 :
Déjà, il y a quantité de gens qui trouvent anormal que les chômeurs indemnisés (moins de la moitié !) touchent de l'argent en contrepartie d'années de cotisation quand ils travaillaient ! Et alors qu'il est évident qu'il n'y a pas de travail pour tout le monde. Le bon peuple est beaucoup trop individualiste pour ce genre de système.

Jamais ce revenu de base ne sera mis en place. Il provoquerait d'ailleurs un afflux d'immigrés d'Europe voire de plus loin et l'inflation qui en résulterait réduirait à rien le revenu en question. Et je ne crois pas qu'il serait plus juste que le système actuel, même s'il aurait d'autres défauts.
Réponse de le 11/08/2015 à 10:21 :
il suffira de créer des caisse RdB communautaire (les immigrés seront heureux de se les créer, pour pas se faire exploiter par les locaux), et d'y envoyer les taxes associées.

les immigrés viennent, soit pour se refaire une vie, soit pour bosser (les immigrés de calais sont diplomés ou étudiants, classes moyennes, opubliez vos clichés).
ils seront content du RdB, mais encore plus de trouver un travail, quitte à se le faire.

les immigrés comme les francais quand ils travaillent contruisent le pays, ses hopitaux, ses transports, ses batiments, et si on les paye en plus du RdB ils adoreront bosser.

la paresse n'est pas naturelle, c'est une adaptation a un environnement qui puni le travail au lieu de le récompenser.

si le RdB démotivait les gens de travailler, les capitalistes ne bosseraien plus, or que font ils ? rémunérés ou pas, pour leur affaire ou a coté, ils bossent pire encore que les fonctionnaires.

l'argument du RdB paresse ne tient pas.
a écrit le 10/08/2015 à 9:53 :
Bonjour à tou-te-s,

Beaucoup d'approximations hélas, tant dans l'article que dans les commentaires. Pas besoin d'être économiste pour calculer que le RDB est finançable ; pas besoin d'être philosophe pour imaginer qu'il est un outil pour changer notre rapport au travail, s'extraire d'un modèle salarial exsangue et libérer les énergies des un-e-s et des autres. Enfin, pas besoin d'être très versé dans les théories féministes pour comprendre que l'argument soulevé par M. Borny (sur les tâches masculines non rémunérées...) relève hélas du sexisme le plus ordinaire. Pour celles et ceux que cela intéresse réellement, je renvoie à l'excellente synthèse de Mona Chollet (http://www.monde-diplomatique.fr/2013/05/CHOLLET/49054) ou aux ouvrages de Baptise Mylondo. Également un bon documentaire en tournée ("Un revenu pour la vie").

En revanche, les peurs sont très compréhensibles : imaginez si les gens s'émancipaient un instant de la logique de survie, peut-être qu'ils s'autoriseraient à réfléchir à leur vie, voire même, bouh, à la politique... Je partage le point de vue de Supererre : la seule certitude que nous avons, c'est que perpétuer le système socio-économique, qui s'effondre à tous les niveaux, est générateur de crises et de misère. À chacun-e de décider en son âme et conscience si c'est l'avenir que nous souhaitons, pour nous-mêmes comme pour les générations à venir.
Réponse de le 11/08/2015 à 10:26 :
Garspard Koenig(, sur Contrepoints et l'Opinion)
parle d'émanciper l'homme pour lui donner de l'autonomie, la liberté d'entreprendre sans avoir a ce soucier de l'essentiel.

ca le RdB pourrait libérer plein d'entrepreneurs qui n'auront plus peur de mourir de faim s'ils se plantent, ni de mendier (bien pire).

et si plus de gens prennent des risques, le bien être général sera meilleur.

on s'en fout de savoir comme circule l'argent tant qu'il motive les gens à entreprendre, travailler, innover, investir, leur temps de trail, celui de leurs parents, passé ou futur...
a écrit le 10/08/2015 à 8:04 :
suite post precedent - le salaire minimum bouleverse le rapport au travail... il impose l'automatisation maximum des taches avec peu de valeurs ajoutées, que la suppression du smic rend peu attractif....il laisse place à un dynamisme total chez beaucoup d'autres ( culture, associatif, création...)

le plus important peut etre, c'est qu'il rééquilibre un peu le rapport de force entre employeur et employé...

aucun syndicat ne veut perdre le pouvoir... de décider à la place des autres...
aucune administration ne serait enchantée de disparaitre...
aucun politique ne se laissera déposséder de ses politiques clientelistes ....

cette utopie ne vaut que par et pour un recentrage drastique de l'état sur ses missions regaliennes et de controle. que par et pour la responsabilisation accrue des citoyens, aujourd'hui maternés par l'état providence à tout instant de sa vie.
Réponse de le 10/08/2015 à 9:31 :
Raisonnement fort juste
Réponse de le 11/08/2015 à 10:29 :
oui, ca bouleverse la relation au travail, comme quand on est passé du servage au salariat.

d'un autre coté dans les société plus normales, non occidentales, les gesn sont autant capitaliste que travailleurs.
Hernando De Soto explique bien ca
http://toutsurlachine.blogspot.fr/2015/04/les-pauvres-contre-piketty-hernando-de.html

a coté du revenu de base, je défendrais aussi un réforme agraire du capital, l'actionariat "ouvrier" (à la uber/Airbnb).

J'ai observé ca dans un petit village Indonésien, l'économie du kampung est très Uber, très riche, capitaliste, solidaire mais pas socialisée...
a écrit le 10/08/2015 à 7:58 :
"Le revenu de base" est semblable a un droit de découvert bancaire, mensuel non remboursable!
a écrit le 10/08/2015 à 7:56 :
en france, il est tres facilement financable par la suppression de toutes les aides ( familiale, logement, employeur, rsa, minimum vieillesse) et des énormes économies en fraudes, fonctionnaires, couts de gestion inérents à leurs complexités)

mais il doit etre la contrepartie d'une libéralisation du rapport employeur/employé, de la mise en place de la flat tax.
Réponse de le 11/08/2015 à 10:32 :
C'est effectivement le principe...
plus d'aides, plus de conditions d'attributions, plus de subventions...
plus de protection.

Le salarié peut dire non, créer son entreprise, bosser plus ou moins, pour divers patrons...
personne ne doit être obligé de vendre son corps pour survivre...
mais il peut le faire pour une belle télé, question de choix libre.

il faut aussi une flat tax et une législation de la faillite (et des emprunt hypothécaire pour pouvoir effacer l'ardoise).
a écrit le 10/08/2015 à 6:36 :
Il y a une grosse dose de démagogie dogmatique dans ce concept ....l'on va pas au 21ème siècle..., assassiner une deuxième fois les Romanov....
a écrit le 10/08/2015 à 4:34 :
Nous avons actuellement un ultimatum climatique ,reclamant des societes occidentales un ralentissement d une consommation "carbonée" ,des transitions tant énergétique que alimentaire sont urgentes à mener. Notez que les travaux de simplifications de l administration,tout comme la dématérialisation et la robotisation des taches réclaméeaux consommateurs (banques,poste,caisses supermarché,et les bras robotisé pour les industries etc ) Le do it your self et l economie collaborative se developpent dans une societe qui ne peut que s adapter a une austérité privant les individus de pouvoir d'achat plutôt que mourir de faim et de froid (les voyants sont en rouge ) . Nous ne pouvons policer plus ce systeme ,ne pas en changer conduira à son effrondrement . Regardez les effets de cette degradation du marché de l'emploi que produit ce libéralisme peu enclin à jouer du social, mais plutôt à de l optimisation fiscale (on réside à l etranger pour echapper à l impôt) ? cet article indique que celui qui travaille ne veut pas payer pour celui qui fait du surf? ah? tous les travailleurs savent que les entreprises recoivent des primes,des exonerations,des credits d impots parcequ elles ont des ressources humaines ...le probléme à l heure actuelle c est ce que ne sommes pas duppes pour cette fraude fiscale ? Que va donc faire cette societe qui ne pourra plus consommer.et payer ses factures ?!.l ascenceur social est désormais grippé,les familles ne peuvent plus soutenir les ascendants et les descendants... les inégalités de ce systéme patriarcal font des ravages chez les jeunes privés de soutien familial et de ressources de remplacement sans condition (24 mois) et des mauvais choix,des travaux indignes ?. les politiques actuelles indiquent que ce sont ces jeunes qui prendront leur propre retraite à 70 ans pour assurer les nôtres , mais aussi qu ils devront travailler plus pour payer eux même la leur? j aimerais expliquer à certains que les méres qui s occupent des enfants ne recoivent aucune bonification à la retraite (6 mois tout au plus de rabe sur la durée ) , que la pause du carrelage dans la salle de bain n est rien comparer aux nombreuses heures que ces méres assurent (même en couple) durant 18 ans et plus parce qu aprés il y a les petits enfants et pis le mari a la retraite dans ses pantoufles ( ou plus mari du tout car parti avec la secretaire au soleil !) ce sont aussi des activités non remunérés qui represente l indice de bien etre de notre societe tout comme celles de coach sportif dans le club de vélo ...
a écrit le 09/08/2015 à 22:58 :
Certains commentaires sont vraiment affligeants ... Continuez donc à vivre avec vos utopies , d'autres s'occuperons de réguler vos vies pendant ce temps.
a écrit le 09/08/2015 à 20:31 :
je suis partissant de tous travail merite salaire,? MAIS QUE DIRE DE TOUS TOUTE CES FEMMES QUI FONT DES TACHES MENAGERE OU DE LA FERME POUR AIDE LEUR CONJOINT A ELEVE LEURS ENFANT?ELEVE DES ENFANTS ET S OCCUPE DU MENAGES ET UN TRAVAIL A PART ENTIERE ? QUE LA SOCIETE DEVREZ CONSIDERE A SA JUSTE VALEUR? SI UNE AIDE DEVRAIS ETRE INVENTE EN PREMIER POUR MOIS CE SERAIS BIEN CELLE LA???
Réponse de le 09/08/2015 à 22:25 :
Et l'on oublie toujours aussi facilement les hommes qui font souvent le bricolage, la vidange de la voiture, taillent la pelouse et la haie, s'occupent d'un potager, réparent les vélos des enfants... Quand un siphon fuit, ou que la chasse d'eau déconne, qui est appelé en premier ?

Note : bien sûr que ces tâches peuvent être faites par des femmes, tout le monde peut le faire (tout comme les hommes peuvent faire la cuisine, le ménage...). Mais pourquoi certain(e) considèrent qu'une partie des tâches ménagères sont ingrates (ménage, vaisselle, linge...) alors qu'une autre partie des tâches ménagères seraient nobles (bricolage, mécanique...)

On assimile peut-être plus facilement le ménage comme étant une corvée, mais faire une vidange c'est pas non plus un hobby. Passez des heures à couper/fixer de la ferraille, des plaques de plâtre, du bois, du PVC... pour faire une salle de bain ou une cuisine, c'est également un travail qui n'est pas rémunéré. Mais étrangement, on parle moins de ces tâches.

PS : je peux sembler faire des généralités, et "sexualiser" les tâches, mais ce n'est pas mon point de vue (les tâches qui seraient plutôt destinées aux hommes et celles qui seraient plutôt destinées aux femmes), je répond simplement à un point de vue qui semble vouloir rémunérer les tâches ménagères faites par les femmes, en oubliant de rémunérer les tâches ménagères faites par les hommes...
Réponse de le 10/08/2015 à 11:01 :
Bonjour,
Afin de vous répondre concernant les femmes aidant leur conjoint à la ferme elles ont tout intérêt à être déclarées en associé sur la ferme et à se verser un salaire pour des questions évidentes de retraites, de divorce etc... . Cela leur permet également d'avoir des fiches de paie pour toutes les questions administratives de la vie courante et cela prouve et reconnait leur travail et leur activité.
Pour ce qui est de recevoir un complément pour faire face à l'éducation des enfants cela existe déjà et cela s'appelle les allocations familiales. Nous sommes un des rares pays de la planète à le faire.
Pour ce qui est de recevoir un complément pour le ménage chez soi cela n'existe pas et n'existera jamais car c'est le lot de tout un chacun alors par contre si dans le ménage vous incluez le ménage d'une ferme ou d'une propriété agricole, c'est censé être fait par une personne rémunérée pour cela ou par un associé de la propriété agricole car tout travail mérite salaire, sinon c'est considéré comme du black ou de la fraude (ou de l'esclavage/exploitation au choix).
L’état et la redistribution qu'il met en place ne peuvent pas se substituer à toutes les situations particulières. Chaque individu doit aussi se prendre en charge, se former, faire des études viables et se donner les moyens d'une véritable indépendance économique.
a écrit le 09/08/2015 à 20:25 :
Systématiquement tout est mélangé d'où quasi certitude d'aucune avancée de base. Revenu de base = majoritairement pour compenser, éviter par suite d'exploitations des retours de manivelle de ceux exploités.
a écrit le 09/08/2015 à 19:58 :
un revenu de base ppeut être mais pour toute personne qui peut prouver qu'elle œuvre aussi à mi temps pour la collectivité.
Une limitation en parallèle des retraites et des allocations chômage au SMIC max.
Une société ne peut se bâtir sur le non travail, les bénévoles doivent être reconnu mais les glandeurs découragés.
a écrit le 09/08/2015 à 19:40 :
Bonjour,
L'automatisation et la robotique vont supprimer les emplois les moins qualifiés.
Mais les emplois qualifiés ne seront pas supprimés avant la naissance d'une véritable intelligence artificielle et au vu des mouvements de protestation que provoque déjà la robotisation il n'est pas certain que cela soit souhaitable.
D'autre part rien ne garantit qu'une IA souhaitera effectuer nos taches. Par définition une véritable IA capable de créativité et d'anticipation est par nature consciente donc elle dispose du libre arbitre.
Pour revenir sur le revenu de base universel il est inapplicable d'une strict point de vue comptable. D’où sortirait les sommes sachant qu'elle dépassent de loin la collecte des impôts et taxes de la plupart des nation ?
De plus d'un strict point de vue étique quid de l'égalité entre ceux qui ne pourrons pas travailler car leur emploi aura été robotisé et ceux qui le pourrons car étant dans des professions intellectuelles ?
Sans modifier profondément toute la structure économique de la société c'est inapplicable à grande échelle.
Réponse de le 11/08/2015 à 10:42 :
il y a de très bons article chez le reddit des technotists.
https://www.reddit.com/r/Technostism/

un slogan que j'adore c'est "free the workers, enslave the robot".
Si vous possédez des robots (capitalisme donc) vous n'avez pas de problème à perdre votre emploi (d'ailleur les gérer c'est un métier).

au final il est probable que les emplois ne seront pas menacé car l'automatisation et l'IA amplifie la créativité et l'intelligence humaine, et si certaisn emplois disparaitront, d'autres se créeront soit comme configuration ou utilisation avancées des IA, soit comme loisir humanisé à haute valeur ajoutée.
c'est la thèse de cet article
http://pubs.aeaweb.org/doi/pdfplus/10.1257/jep.29.3.3


dommage j'aurais bien voulu être comme un esclavagiste sudiste avec mon armée de bot que je soigne et dirige pour le bien de ma communauté.

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