Et voguent les frégates de taille intermédiaire de la Royale...

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Les frégates de taille intermédiaire déplaceront environ 4.000 tonnes, à l'image des frégates de type La Fayette (ici une frégate saoudienne vendue dans le cadre du contrat Sawari II)
Les frégates de taille intermédiaire déplaceront environ 4.000 tonnes, à l'image des frégates de type La Fayette (ici une frégate saoudienne vendue dans le cadre du contrat Sawari II) (Crédits : DCNS)
Le ministère de la Défense a donné son feu vert au lancement du programme de frégates de taille intermédiaire (FTI) lors d'un comité ministériel d'investissement.

Le ministère de la Défense a donné son feu vert au lancement du programme FTI à l'occasion d'un comité ministériel d'investissement (CMI), qui s'est déroulé le 11 novembre dernier. Parallèlement, le CMI a lancé le programme de rénovation des frégates dites La Fayette (FLF) en attendant l'arrivée des premières FTI à partir de 2023 dans la marine nationale. Le programme FTI permettra en 2029 de constituer, avec les deux frégates de défense aérienne Horizon (FDA) et les huit frégates multi-missions (FREMM), le format des 15 frégates de premier rang défini par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013.

"Le Livre blanc recommande d'équiper la marine de quinze frégates de premier rang, c'est-à-dire des frégates dotées de capacités anti-sous-marines et anti-aériennes pour pouvoir se rendre dans n'importe quelle zone de crise - les frégates La Fayette, qui ne disposent pas de sonar et ne sont équipées que d'une défense anti-aérienne rapprochée, n'en sont donc pas", a rappelé le 15 octobre à l'Assemblée nationale le chef d'état-major de la marine, l'amiral Bernard Rogel.

La frégate FTI, un best-seller à l'export?

Dès 2015, les FTI bénéficient d'une autorisation d'engagement de 125 millions d'euros et les travaux d'études sont prévus pour être financés dès cette année. Le programme, qui concerne cinq bâtiments, est encore en cours de définition mais le document d'orientation (DOR) pourrait être signé d'ici à la fin de l'année. Ce que l'on sait aujourd'hui c'est que les FTI déplaceront 4.000 tonnes environ (contre 6.000 tonnes pour les FREMM). Un format qui correspond beaucoup plus que les FREMM au marché export à l'image des frégate La Fayette (6 vendues à Taïwan puis à Singapour et 3 à l'Arabie Saoudite).

"Concernant la FTI, nous avons suggéré au ministre de prendre une décision positive, considérant qu'avec un tonnage limité à environ 4 000 tonnes, elle serait beaucoup plus exportable que la FREMM. L'armement sera adapté, sachant que les pays clients veulent une défense aérienne sérieuse", a expliqué le 7 octobre à l'Assemblée nationale le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon.

Le programme de rénovation des frégates La Fayette (FLF), qui sera lancé en 2018 selon l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), portera sur une modernisation a minima des bâtiments afin de prolonger leurs capacités opérationnelles. Elle dotera les FLF d'un sonar de coque, pour compléter leur équipements. Cette modernisation intervient en biseau de façon à sécuriser la phase de transition qui précède l'arrivée en service des FTI et permettra d'approcher le format de 15 frégates de premier rang défini par le Livre blanc sur la défense.

Pourquoi deux programmes lancés?

Le programme FTI revient de très, très loin. Il n'aurait certainement jamais vu le jour si la France avait souhaité se doter de 11 FREMM. "Si nous avions choisi 11 FREMM en plus des deux FDA (frégates Horizon, ndlr), il nous aurait fallu deux frégates supplémentaires. or je ne crois pas à une série de deux unités : la rupture de capacité aurait été définitive", a expliqué le chef d'état-major de la marine. D'où le plan de 8 FREMM, deux FDA et 5 FTI afin que la marine dispose de 15 frégates de premier rang. "Le plan que nous avons retenu offre donc la meilleure solution. Il permet à la fois de respecter l'enveloppe budgétaire, de doter la marine de quinze frégates de premier rang et d'augmenter la prestation export de l'industrie française".

Pourquoi un programme de modernisation des La Fayette? "Dans la lutte anti sous-marine, le contrat opérationnel prévoit en effet une capacité de huit bâtiments, aujourd'hui temporairement réduite de trois", avait expliqué fin mai aux députés l'amiral Rogel. Une capacité remontée à six bâtiments de lutte anti-sous-marine. D'où l'importance d'une remontée en puissance de la capacité de lutte anti sous-marine indispensable pour se conformer au contrat opérationnel demandé à la marine nationale. Les programmes FREMM et FTI (qui seront dotées de moyens ASM) le permettront.

Que veut la Marine?

Le chef d'état-major de la marine se satisfait des FTI, qui sont "un enjeu majeur" pour la Royale. "Oui, elles ont été voulues par la marine. Oui, elles représentent une bonne solution", a-t-il confirmé. Et selon l'amiral Rogel, la principale menace est sous-marine. "Aujourd'hui - et c'est inédit, me semble-t-il -, plus de 49 nations disposent de sous-marins modernes. La FTI doit donc être dotée de capacités anti-sous-marines", a-t-il précisé. Pour autant, les FTI devront être également équipées de capacités anti-aériennes pour pouvoir s'approcher des zones de crise. "Car, et c'est la deuxième caractéristique des opérations navales actuelles, dès lors que l'on s'approche de la terre, on s'expose notamment à la menace aérienne et aux missiles sol-mer", a rappelé le chef d'état-major de la marine.

Dans ce contexte, l'amiral Rogel souhaite disposer d'un bâtiment, "qui fera entre 4.000 et 4.500 tonnes". Il "doit être d'abord anti-sous-marin, avec une capacité d'emport NH90, puis il doit disposer d'une capacité anti-aérienne significative". Pour autant, il a estimé que la taille de la frégate ne permettra pas d'y installer le missile de croisière naval (MdCN). "Les discussions avec les industriels se dérouleront sur cette base, qui correspond aux besoins opérationnels minimums de la marine", a-t-il précisé. Enfin, selon lui, "il faudra s'efforcer de faire le bateau le plus intelligent possible pour qu'il soit facilement exportable".

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Commentaires
a écrit le 28/03/2016 à 11:38 :
Pourquoi travailler sur un "nouveau" design de frégate, alors que DCNS a déjà exporté des frégates "intermédiaires" à Singapour ?
De toute façons elles auront un 76 mm, un NH 90 (s'il en reste), et des Aster 15 ou 30...
Pas de quoi interrompre le programme FREMM (qui s'est quand même vendu à l'Egypte et au Maroc ...)
Marc
a écrit le 25/11/2015 à 13:54 :
Ce qu'il ressort de l'article c'est que nous aurons 2 FDA (Forbin et Chevalier Paul) pour protéger efficacement toute la flotte ?
Alors que les Anglais ont 6 Classe Daring et les Espagnols 5 destroyer AA.
J'espere au moins que 2 FREMM seront en version FREDA.
a écrit le 25/11/2015 à 10:35 :
On peut parler du F-35,,,,une véritable gabegie,,,
mais le coût du Rafale sont extraordinaires ,,,en proportion avec le pub français...
En 2004, Charles Edelstenne, PDG de Dassault Aviation auditionné par la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de l'Assemblée Nationale annonçait un coût de développement de 12 milliards d'euros34 qui était abaissé par le ministère de la défense à 10.6 Md€ en 200535.

Coût global du programme sans prise en compte des commandes exports développement, construction, exploitation, modernisation et maintenance
Année Coût global
du programme (Md€)

Appareils Coût unitaire du
programme (M€)

Coût unitaire de
production (M€)

200434 26.0 294 88
200535 33.3 294 113
200836 39.6 286 141 Rafale C: 64
Rafale M: 70
201037 40.7 286 145
201138 43.6 286 152
201239 44.2 286 155 Rafale C à 66.2
Rafale B à 71.2
Rafale M à 76.1
201340 45.9 286 160 Rafale C:69
Rafale B: 74
Rafale M: 79
20142 46.4 286 162 Rafale C: 68
Rafale B: 73
Rafale M: 78
Le coût du programme hors fabrication de 110 Rafale B, 118 Rafale C et 58 Rafale M est donc de 25.8 Md€ 2014. Le coût global ne tient pas compte de la réduction de la commande de 286 à 225 appareils, les commandes enregistrées à l'export devant compenser cette baisse des commandes françaises.

Je suis d'accord avec vos commentaires,,,mais pas sur l'utilisation des impôts !
Par ailleurs, le modèle français de R & D est basé sur une équation perdante dès le départ, on n'exporte pas nos productions,,,à part les "Mistral" hein! les armes franco-françaises deviennent des boulets, comme le Famas appelé à être remplacé ,probablement par l'ACR,,, le Leclerc dépassé par le Léopard,,, qui ne sont pas rentabilisés ,faute d'exportations.
Le chantiers français pour la marine font du bon boulot, mais ils n'ont pas les moyens de rentabiliser, faute de vouloir partager avec des partenaires européens. La faute à qui ? À une conception étriquée du modèle armement, armée, exacerbée par les dernières années où un gouvernement soss ne sait jamais quoi faire ,sinon donner des missions mondiales à nos armées alors qu'il n'a que des moyens économiques d'un pays devenu à la marge de la seconde zone....
Réponse de le 25/11/2015 à 21:58 :
Je suis surpris que dans notre pays un programme militaire vieux de 14 années ( 1 er avion de série en 1990 ) au coût estime de 10 M€ ( donc en 2004 ) se retrouve 25 ans après autour de 25 M€ ...
Mise a part le standard F3 ( obtention du radar à balayage et autres ) dont l'enveloppe budgétaire à été de 1M€ donne par notre cher ministre de la défense ...Je ne vois pas dans le budget de la défense ni dans les comptes des sociétés ayant participé à ce programme une telle somme d'argent ....
Surprenant avec un budget de la défense comme le notre qu'un programme vérifiée par de nombreux organismes n'est pas vu la dérive que vous dénoncez...

Mais ou sont passé 14M€ !!!
Peut importe vu notre déficit c'est peu pour notre pays mais très regrettable pour mes impôts...

Pour l'exportation de nos armements ...
Certaines entreprises ne sont pas particulièrement reluisante ( coût exorbitant pour des matériels à faible valeur ajoutée ) ... La meilleur fusil d'assaut est russe et ça depuis 60 ans et ce n'est pas notre Famas ( excellente arme pour l'avoir utilisé ...) qui peut dire le contraire (mais lors de manœuvres sous la pluie on était obligé de mettre des préservatifs sur le canon pour éviter qu'il rouille !!! - véridique -).
Notre Leclerc a eu des déboires lors de son premier contrat avec un pays du golf ( 200 il me semble ) et lors de la livraison la différence entre son prix de vente et son prix fabrique à valu au GIAT de devenir Dexter ... Des licenciements avec en prime une partie de mes impôts ...Par contre nos véhicules blindés légers sont plutôt bon...ainsi d'ailleurs que nos canons ...
Thales vu ça taille exporte plutôt bien ses technologies ( comparer à la taille de Finemeca - pas sur de l'orthographe- ou a BA ) ...
MDBA est un modèle européen dans la matière , non?

Bref,mais ...
L'armement a l'heure actuel est plus base sur des contrats politiques que des contrats pour l'obtention de produits spécifiques répondant à un cahier des charges militaires ...



a écrit le 25/11/2015 à 8:22 :
On devait à l'origine avoir 19 frégates FREMM. On aura maintenant 15 "frégates de premier rang", chiffre que l'on "approchera" seulement, en additionnant des choux, des carottes et des navets...
a écrit le 24/11/2015 à 17:37 :
Ça fait pas chouia pour surveiller le second domaine maritime mondial !
a écrit le 24/11/2015 à 17:29 :
Les coûts , une nouvelle fois sont sous-estimés,,,bien qu'il n'y ait pas beaucoup d'infos données.Il faut espérer qu'on ne termine pas avec un navire très limité dans ses missions...
À TITRE D'EXEMPLE, VOILÀ CE QUE C'EST DU CÔTÉ US:

Lockheed Martin indicates that a rough order-of-magnitude cost estimate is about $800 million for the “lead” multimission LCS-1 “frigate-type” warship.

Eric Labs from the Congressional Budget Office estimates that the LAMPS III version of the Oliver Hazard Perry-class (FFG-7) with no upgrades or modification would cost approximately $710 million in Fiscal Year 2014 dollars. The cost of a lead/improved FFG-7 is difficult to ascertain without definitive characteristics and systems and without knowing the size of the frigate buy, but a rough order-of-magnitude estimate is $1.3 billion for the lead ship (including certain design and research and development costs) with follow-on ships to cost approximately $900 million.

Potential systems envisioned to transform the Freedom from a baseline tailored/single-mission LCS into a multi-mission surface combatant include:

32-cell Mk 41 Vertical Launching System
AN/SPY-1F (V) radar
Baseline 9 version of Aegis combat system
Evolved Sea Sparrow anti-air missile
Standard SM-2 surface-to-air missile
76-mm OTA Melara rapid-fire gun (replacing the current
Mark 110 57mm gun)
MH-60R Seahawk helicopter and Fire Scout (or other) UAVs
Longbow Hellfire anti-ship missile
Passive and active electronic warfare systems
Towed sonar array

A QUAND AUSSI LA LIVRAISON, pour être "revendues après aux "EGYPTIENS ?
Réponse de le 24/11/2015 à 21:18 :
Quand on parle d'un programme militaire , il faut éviter de parler des programmes militaires étranger.
Pour mémoire le coût du programme Rafale à été de 10 M€ ... Celui du F35 est ( et il n'est pas termine ) de 400M€.
L 'un est opérationnel et est capable ( c'est le seul ) de transporter son propre poids , l'autre à l'heure actuel ne se présente pas comme étant une bête de guerre ...
La France dans la construction maritime n'a pas a rougir ...
Elle fera certainement mieux que quiconque avec le budget attribue .

Maintenant si vous êtes contre achetons pour plus cher et moins bien avec nos impôts sans pour autant faire travaillez nos usines d'armement ...

L'armement est une mauvaise chose mais si on ne fabrique pas on achète ...
a écrit le 24/11/2015 à 16:01 :
Socialistes marchands d'armes.
a écrit le 24/11/2015 à 12:58 :
"il faudra s'efforcer de faire le bateau le plus intelligent possible pour qu'il soit facilement exportable"
Ce n'était pas cette doctrine qui prévalait ?

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