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« Sans smart grids, il n’y aura pas de smart city »

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La quatrième édition du salon Smart City se déroulera le 4 et 5 Octobre à Paris au parc des expositions de la Porte de Versailles
La quatrième édition du salon Smart City se déroulera le 4 et 5 Octobre à Paris au parc des expositions de la Porte de Versailles (Crédits : Jcomp - Fotolia.com)
Le salon Smart City + Smart Grid s’ouvre ce mercredi, à Paris. Son directeur, Guillaume Courcelle, détaille l’actualité et les enjeux qui entourent le développement des réseaux électriques intelligents.

La quatrième édition du salon Smart City + Smart Grid se tient mercredi et jeudi à Paris, au parc des expositions de la Porte de Versailles (XVe arrondissement).

« Un lieu d'échanges et de rencontres pour une vision globale des marchés », autour des thématiques qui intéressent la ville de demain. Qu'il s'agisse du très haut débit, des infrastructures et des réseaux intelligents, du stockage de l'énergie, de la gestion de la data...

Au total, ce sont 90 exposants pour 4 500 visiteurs professionnels qui sont attendus. La Tribune de l'énergie a demandé à son directeur, Guillaume Courcelle, de préciser le contexte et les enjeux auxquels sont confrontés, aujourd'hui, les réseaux d'énergie intelligents.

La Tribune de l'énergie : Smart City + Smart Grid connaît sa quatrième édition cette année. Quels en seront les nouveautés ?

Guillaume Courcelle : Smart City + Smart Grid est un programme de conférences conçu pour répondre au plus près des attentes des élus et des cadres territoriaux. Il est basé sur un principe d'échanges et de débats d'idées entre porteurs de projets et apporteurs de solutions.

Nous aurons cette année un cycle de conférence dédié à la mobilité durable, sur le thème notamment du stockage de l'énergie, avec la présence de la société Eaton Industries, spécialisée dans la gestion de l'alimentation énergétique et le constructeur automobile Nissan. Associés dans un partenariat d'innovations technologiques depuis 2012, ces deux sociétés ont développé et industrialisé une solution de stockage énergétique XStorage fin 2015 à Paris, en marge de la COP21.

La nouvelle Nissan Leaf, équipée de cette technologie ouvrant la voie vers une consommation d'énergie plus efficace et plus durable, sera présentée pour l'occasion en avant-première en France sur le salon.

LTDE : Dans quel contexte s'ouvre-t-il ? Peut-on rappeler quelle est l'actualité des smart grids ?

G.C. : Dans un contexte prometteur, celui où l'on prépare l'avenir du secteur des réseaux électriques intelligents. La filière énergétique s'engage, s'organise et explore les possibilités offertes par l'Internet des Objets (IoT).

La rencontre de l'IoT et des smart grids ouvre la voie à une collecte de données en tous points du réseau et en temps réel, c'est le cas des compteurs « communicants » nouvelle génération. Certaines données auparavant relevées de manière agrégée sur de grandes zones géographiques pourraient désormais être collectées à une échelle plus locale, près des points de production ou d'acheminement, et à un coût raisonnable.

Une relève toutes les heures des 38 millions de compteurs Linky génère plus de 300 milliards de mesures chaque année. Mettre à profit de tels volumes n'était pas possible avec les technologies disponibles ne serait-ce que dix ans plus tôt.

« Une brique technologique indispensable »

LTDE : Les prévisions sur le marché des smart grids sont-elles encourageantes ?

G.C. : Les prévisions sont plutôt encourageantes. Le marché mondial du smart grid est estimé entre 75 à plus de 100 milliards de dollars en 2020, avec un taux de croissance à deux chiffres de l'ordre de 15% par an.

En France, selon une étude récente de projection des marchés smart grids et smart cities, menée par  Cayola Construction depuis 2014, le marché des Smart grids aura progressé deux fois moins vite que le marché des smart cities, estimé à 147,5 milliards de dollars à l'horizon 2023.

Outre les réseaux intelligents et les compteurs nouvelle génération, la rénovation énergétique des bâtiments et les transports sont des marchés à fort potentiel, générateurs d'emplois pour le futur. En France, le gouvernement compte sur l'ouverture de 10 000 postes dans les réseaux électriques intelligents, 16 000 dans la gestion de l'eau et 75 000 dans la rénovation énergétique des bâtiments d'ici 2020.

LTDE : Quels sont les principaux enjeux auxquels les smart grids sont confrontés ?

G.C. : Le pilotage des réseaux est au cœur des enjeux de l'Internet des objets liés à l'énergie. L'infrastructure actuelle est issue de vagues d'investissements datant d'il y a plusieurs décennies. Par conséquent, les systèmes informatiques qui la composent sont aussi issus du contexte technologique de l'époque. Les avancées technologiques permises par les moyens modernes nécessitent donc la mise à niveau de ces infrastructures et une optimisation de la production d'énergie issue de sources renouvelables (photovoltaïque, éolien)...

LTDE : Quelle est la place des smart grids dans la "smart city" qui se dessine ?

G.C. : C'est une brique technologique indissociable de la smart city au même titre que le smart building, qui forment un triptyque smart buildings, smart grids et smart cities couvrant ainsi toute l'actualité du bâti et de l'urbanisme intelligent.

Sans un réseau d'infrastructures déployé et piloté, il n'y aura pas de réseaux électriques intelligents, pas de bâtiments connectés, en somme pas de ville connectée.

Propos recueillis par Benjamin Hay

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a écrit le 03/10/2017 à 16:40 :
Je ne serai pas aussi catégorique que vous, même si tout le monde est conscient que derrière tout cela il y a de gros enjeux économiques (c’est aussi et surtout l’économie qui crée de l’emploi, rémunéré je veux dire).
Si on prend l’exemple de Linky cité dans l’article (idem pour les réseaux d’eau), il va obligatoirement supprimer l’emploi des releveurs de compteurs, mais va par ailleurs générer la création de milliers d’emplois très techniques et beaucoup plus intéressants. Tout comme les mails ou les SMS ont détruit le courrier postal. Au cours de la révolution numérique le bilan pour l’emploi sera négatif, perte d’au moins 10 % (« D’ici à 2025, un tiers des emplois pourraient être occupés par des machines » d’après Bernard Stigler – La Société Automatique).
On peut indéfiniment s’interroger sur la finalité de l’évolution technologique, mais il est peu probable que l’on revienne en arrière et la meilleure des solutions consiste à compenser les défauts des anciennes technologies par des technologies plus évoluées.
Si l’on réussit à remplacer les véhicules polluants par d’autres, alimentés par des énergies renouvelables, pour quoi pas ?
C’est un peu l’argument actuel de la Chine, qui se rend compte de l’impasse due à la pollution et oriente son marché automobile vers le véhicule électrique.

L’œuf ou la poule ?
Quand à l’intitulé de l’article, ce n’est pas aussi évident, si l’on analyse ce qui c’est produit dans les télécommunications entre le fixe et le mobile. Il y a des pays ou les infrastructures câblées se sont montré inutiles et l’évolution technologique a permis un « saut de génération ».
Ce qui veut dire que pour un pays tel que la France, habitué à développer ses infrastructures suivant des stratégies parfois dignes des guerres Napoléoniennes, il faut être attentif à ne pas investir trop massivement dans une technologie en phase d’évolution rapide. Mais ça c'est un autre problème.
(http://www.ladiplomatie.fr/2017/03/03/linky-compteurs-communicants-des-realites-differentes-selon-les-pays/)
Réponse de le 04/10/2017 à 9:05 :
Erreur, c'était en réponse @charly10
a écrit le 02/10/2017 à 11:58 :
« Les prévisions sont plutôt encourageantes. Le marché mondial du smart grid est estimé entre 75 à plus de 100 milliards de dollars en 2020, avec un taux de croissance à deux chiffres de l'ordre de 15% par an. » Voilà le « fin mot » de l’affaire, exit l’éthique écologique.
A l’instar de la paranoïa CO2, de l’alarmisme climatique et de ses conséquences, se profile en filigrane la mainmise des systèmes financiers spéculatifs.
Sur le plan technologique il n’y a pas de solutions miracles.Smart grid et autres réseaux basés sur, wifi, Bluetooth, polluent également notre environnement. Nous vivons en ville, au bureau, dans nos appartements, dans un environnement électromagnétique constants ; Est-ce vraiment la solution ?

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