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A Rennes, priorité à la rénovation énergétique

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Interview de Daniel Guillotin au sujet de la transition énergétique à Rennes
Interview de Daniel Guillotin au sujet de la transition énergétique à Rennes (Crédits : Cécile Haupas - Fotolia)
Conseiller municipal de Rennes, chargé de l’écologie urbaine et de la transition énergétique, Daniel Guillotin explique la politique de la ville en la matière.

La métropole de Rennes compte quelque 430 000 habitants, répartis sur 37 communes.

Dans la capitale de la Bretagne, on multiplie les initiatives pour assurer la transition énergétique. C'est ce qu'explique Daniel Guillotin, conseiller municipal en charge de l'écologie urbaine et de la transition énergétique.

La Tribune de l'énergie : Qu'est-ce que signifie pour vous la « transition énergétique » ?

Daniel Guillotin : C'est faire en sorte d'avoir un territoire qui émette le moins possible de gaz à effets de serre et qui s'engage dans une dynamique d'adaptation aux changements climatiques.

Il s'agit également de voir comment, sous l'angle de la maîtrise de notre consommation d'énergie, on peut développer le potentiel dont nous disposons en matière d'énergies renouvelables.

La Ville de Rennes est engagée depuis très longtemps sur ces questions. Elle a été signataire de la Convention des maires de 2009, avec la Communauté de communes du Val d'Ille. La Ville a ainsi mis en place une ligne budgétaire de maîtrise de l'énergie à hauteur de trois millions d'euros, que l'on investit chaque année dans la rénovation énergétique du patrimoine municipal.

LTDE : Quelles sont vos priorités ?

D.G. : La première des priorités, c'est la rénovation énergétique. C'est, par exemple, travailler sur le futur Plan énergie durable de la ville, qui va venir nourrir son PCET (Plan climat énergie territorial, ndlr).

Le patrimoine scolaire -la ville compte 52 écoles- est particulièrement concerné. Certains établissements sont certes récents, mais la plupart sont assez âgés. Cela va jusqu'aux salles de classe où, par le biais d'un travail pédagogique avec les élèves, nous arrivons à diviser par deux la consommation en énergie.

Les salles de sport aussi, font l'objet d'une attention particulière. Notre politique, ici, est de ne pas les chauffer au-delà de seize degrés, hormis les locaux type vestiaires, bien entendu.

Le deuxième axe, c'est le recensement de tous les bâtiments que l'on peut raccorder à notre réseau de chaleur. Nous disposons de deux grosses chaufferies au bois. On essaie de voir comment raccorder de nouvelles ZAC dessus. Sur la ville, actuellement, nous sommes à plus de 40 000 équivalents logements raccordés.

« La maîtrise de l'énergie contribue à la richesse locale »

LTDE : Les Rennais sont-ils sensibles au processus de transition énergétique ?

D.G. : Oui et on essaie de les sensibiliser, notamment en les accompagnant au maximum dans leurs démarches de rénovation, avec une plateforme qui existe depuis deux ans sur le territoire (baptisée « écoTravo », ndlr).

Nous avons aussi un programme d'investissements d'avenir sur la rénovation énergétique en copropriété, avec six programmes aujourd'hui bien avancés. Deux sont même terminés, où il était question de rénovation lourde en BBC, avec des bâtiments classés plutôt D ou E dont certains ont été ramenés en A.

Nous communiquons beaucoup sur ces questions aujourd'hui. En règle générale, ce que l'on dit, c'est qu'entre dix et vingt emplois sont créés ou maintenus dans l'économie locale pour un million d'euros de travaux engagés. C'est bien le signe que la maîtrise de l'énergie contribue à la richesse locale.

Lorsque vous achetez du gaz ou du pétrole loin d'ici, l'argent est exporté. Or, là, on le réinvesti localement. C'est sur ce message que l'on travaille vraiment aujourd'hui auprès des copropriétaires et des professionnels, qui doivent l'entendre.

LTDE : Quels sont les principales initiatives qui ont été mises en place sur le territoire rennais ?

D.G. : Sur le secteur de la Poterie, l'un de nos gros projets, on a quasiment pu diviser la consommation énergétique d'une grande école par deux. On y a installé une toiture photovoltaïque.

On développe d'ailleurs chaque année ce type d'installation. Sur la prochaine que l'on va mettre en place, qui fera entre 200 et 300 mètres carrés, on travaille sur de l'autoconsommation.

Nous avons fait une étude sur les besoins en électricité de la ville. On peut encore faire un certain nombre d'économies sur les écoles mais les bâtiments ne sont pas très pratiques. On s'intéresse donc davantage aux sites administratifs, là où on va pouvoir être à 10% d'autoconsommation avec une production issue du photovoltaïque.

LTDE : Rennes est-elle plutôt en avance ou plutôt en retard par rapport à d'autres agglomérations de sa taille ?

D.G. : Au niveau de l'énergie photovoltaïque ou de l'eau chaude solaires, on peut quand même dire que l'on a été en avance.

La volonté, à Rennes, a d'abord été de travailler sur les consommations énergétiques. On a considéré que la priorité, c'était de réduire, en premier lieu, la consommation du patrimoine de la ville, même s'il ne représente que 3% des émissions du territoire. Mais il fallait être exemplaire.

En dépense énergétique, sur l'ensemble du patrimoine, qui s'étend sur 600 000 mètres carrés environ, on est à cinq millions d'euros. Si nous n'avions pas engagé de politique en la matière depuis 2009, on serait à sept millions.

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