Climat

Faut-il des volcans artificiels pour sauver le climat ?

Dominique Pialot | 15/06/2012, 17:34 - 733 mots

Ni la volonté politique, ni la vitesse à laquelle se développent les technologies bas carbone ne semblent suffire à limiter de façon significative nos émissions de CO2. Cette impuissance risque de laisser le champ libre aux tentatives de quelques apprentis sorciers de modifier artificiellement le climat. Ces expériences aux conséquences incertaines permettraient de surcroît aux politiques de délaisser encore un peu plus ces enjeux environnementaux... Bertrand Guillaume, maître de conférence à l'Université des technologies de Troyes, nous fait part de ses réticences.

Les rapports se suivent et malheureusement se ressemblent. A quelques jours de Rio+20, donc 20 ans après la mise en œuvre des premières politiques de protection de l'environnement dans la foulée de Rio 92, l'ONU et l'Agence internationale de l'Energie (AIE), notamment, tirent la sonnette d'alarme sur la situation de la planète et le réchauffement climatique prévisible.

L'AIE veut néanmoins croire qu'il est encore possible en combinant les technologies existantes de contraindre les émissions et donc les températures à une hausse de 2°C d'ici à 2100. Au-delà de ce plafond, les bouleversements sur les éco-systèmes pourraient devenir incontrôlables.

Mais l'agence regrette, dans sa publication « Energy technology perspectives 2012 » rendue publique cette semaine, que pour les neuf dixièmes des technologies bas carbone, la courbe de progression soit très en deçà de ce qui serait nécessaire pour y parvenir.

Si les énergies renouvelables progressent à un rythme respectable, les investissements, qui ont battu un nouveau record en 2011 à 257 milliards de dollars, restent insuffisants. L'AIE évalue à 30.000 milliards de dollars le montant nécessaire d'ici à 2050, tout en soulignant que cet investissement permettrait de réaliser à cette échéance une économie en carburant d'une valeur de 100.000 milliards.

Concernant l'efficacité énergétique et le captage/stockage de CO2, qui pourraient contribuer à 20 % de la réduction d'émissions nécessaire d'ici à 2050, on en est encore au stade des expérimentations.

Reproduire artificiellement les conséquences d'une éruption volcanique

Dans ce contexte, les pistes de modification à grande échelle du système climatique (baptisées « géoingéniérie ») pourraient bien trouver à se financer auprès de généreux mécènes (tels que Bill Gates ou Richard Branson, sensibles à la problématique du changement climatique) séduits par ces professeurs Nimbus, voire de pouvoirs publics aux abois. « Difficile de faire le tri entre des scientifiques convaincus prêts à lancer leur start up pour développer leur idée et les chasseurs de subventions », met en garde Bertrand Guillaume, maître de conférences à l'Université de technologie de Troyes (UTT), qui travaille sur ces questions et vient d'y consacrer un ouvrage.*

Les projets de transformation artificielle des interactions entre la terre, l'atmosphère et l'océan ne datent pas d'hier. La période de la guerre froide a été particulièrement favorable à des scénarios dignes de la science fiction, à la fois côté américain et russe.

« Mais ces idées font aujourd'hui leur entrée dans des cénacles scientifiques sérieux », observe Bertrand Guillaume. La plus répandue, connue sous le nom de « volcanisme artificiel » et notamment explorée par le prix Nobel de chimie 1995 Paul Crutzen, consiste à reproduire artificiellement certaines conséquences d'éruptions naturelles entraînant une baisse de la température terrestre, en injectant dans la stratosphère du sulfate de souffre destiné à capter la chaleur solaire (à l'instar des cendres volcaniques). Evidemment, les risques purement physiques existent, puisqu'on ignore les conséquences la modification du régime des pluies qui s'ensuivrait, notamment en cas d'éruption volcanique concomitante, naturelle celle-ci.

Une fuite en avant technologique couronnant l'échec du politique

D'autres pistes ont la faveur des professeurs Nimbus, telles que la fertilisation des océans, qui consiste à les enrichir en fer pour favoriser le développement d'un phytoplancton capable d'absorber de grandes quantités de CO2 grâce à la photosynthèse, ou, encore plus fou, l'envoi de miroirs réfléchissants dans l'espace.

Le captage et stockage du CO2, plus avancé, se situe à la lisière de la géoingéniérie. Même l'idée de peindre les toits en blanc, appliquée à grande échelle, pourrait entrer dans le champ.

L'urgence climatique est telle qu'il faudrait néanmoins éviter de « jeter le bébé avec l'eau du bain ». A cet effet, un « atelier de recherche prospectif » devrait prochainement voir le jour sous l'égide de l'Agence nationale de la recherche (ANR) afin de donner un corpus sur lequel s'appuyer pour évaluer les différents projets. « Un travail que le Royaume-Uni a déjà mené », observe Bertrand Guillaume.

Mais la plus grande réticence du chercheur se situe ailleurs. En plus de risques géopolitiques et de possibles dérives militaires, il souligne essentiellement celui d'une fuite en avant technologique.

Sous prétexte de gagner du temps, les politiques pourraient se sentir moins pressés de mettre en œuvre des solutions qui, pour Bertrand Guillaume, relèvent moins de la technologie que de l'organisation sociale et politique. « En basculant l'échec politique vers le technique, on continue la fuite en avant ».
 

* « Scénarios d'avenir - Futurs possibles du climat et de la technologie » Bertrand Guillaume et Valéry Laramée de Tannenberg - Editions Armand Colin




 

Commentaires

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Gaïa a écrit le 18/06/2012 à 01:08 :

Nous sommes tous responsables des situations de dégradation de notre planète, tout un chacun. Les solutions existent tentant de se développer davantage en luttant parfois bien durement pour essayer de s'imposer face à la gloutenneries des industriels sans vergogne. Il nous faut changer nos mentalités , nos modes de consommations énergétiques ainsi que caloriques et cela commence à devenir plus qu'urgent, nous les consommateurs des pays développés. Si les politiques n'agissent pas et les industriels se frottent les mains devant la fuite en avant de notre mode de vie, il nous appartient à nous et à nous seul de modifier nos comportements afin de sauver ce qui pourra l'être de notre belle planète, elle qui nourrit 7 milliards d'âmes quotidiennnement, nous supporte malgré tous les mauvais traitements que nous lui infligeons (nucléaire pétrolier minéralier en tout genre et j'en passe). L'Homme a réussi à détruire l'équilibre écologique de la planète (océans, air, terre, eau douce, etc...) aussi sommes nous on en droit de nous demander si cette idée de volcans artificiels ne sera pas pire encore ? Les vulcanologues connaissent bien ce que peuvent créer comme dégats les pluies acides, l'hiver nucléaire et j'en passe, Une autre solutions visiblement bien envisagées celle-là concerne le principe suivant: " si nous étions moins nombreux sur cette belle planète, nous serions également moins de pollueurs et cela permetterait à une minorité de continuer ainsi leurs macabres négoces où l'argent continuerait à vouloir rester maître du Tout Partout et En Tout, Qu'en pense notre belle planète?

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PaulDe a écrit le 17/06/2012 à 16:30 :

bizarre cet épouvantail de "la fuite en avant technologique", la nature même de l'univers est changement, la faculté propre à l'homme est l'adaptation de son environnement à ses besoins, saisir l'occasion pour apprendre à prendre en main l'avenir de notre planète est dans la droite ligne du destin humain, ce ne peut qu'être bénéfique aux autres formes de vie qui, sans l'homme, finiront par disparaitre de toutes façons. Même sans alternatives technologiques les politiciens ne prendront aucune initiative révolutionnaire, même B. Obama a, dès 2008, officiellement fait passer la lutte contre la pollution au second plan derrière la lutte contre le chômage, on ne peut donc pas attendre que la société et leurs représentants sortent de leur torpeur pour agir... alors commençons tout de suite à refroidir les déserts en les couvrant de panneaux solaires sans attendre qu'un juriste, élu du peuple, comprenne l'enjeu.

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Scientifique a écrit le 17/06/2012 à 00:29 :

Un très bon site parmi d'autres pour répondre aux pseudo-arguments des lobbies ultra-pollueurs qui se disent "climatosceptiques" avec des arguties bidons de type pensée unique : http://www.skepticalscience.com/ocean-acidification-global-warming.htm

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yvan a écrit le 16/06/2012 à 18:03 :

Pertinent, comme réflexion. Et ce serait en plus essayer de traiter les effets plutôt que la cause... Voyez ce que ça donne rien qu'en Médecine.

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Thomas a écrit le 15/06/2012 à 21:54 :

Une solution "volcan artificiel" permet de réduire la température, ce qui est déjà considérable. Mais elle ne peut pas empêcher l'acidification de l'océan, autre conséquence de l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère.

Eglise de climatologie a répondu le 15/06/2012 à 23:43:

Encore du grand n'importe quoi, cette histoire d'acidification des océans ! Arrêtez d'essayer de faire peur avec des arguments éculés qui ne résistent pas à l'analyse objective des faits. La fête est finie ; vous avez perdu la bataille de la communication mensongère : les mensonges écologistes étaient trop gros.

Anti-lobbies pollueurs a répondu le 17/06/2012 à 00:24:

C'est vrai que si 70 Académies des Sciences dans le monde rien que çà, entre autres, confirment une tendance rapide vers l'acidification des océans, que l'on constate par ailleurs dans tous les Instituts de Biologie marine, entre autres, c'est forcément bidon, monsieur "l'église représentant des pollueurs" ! : Endorsed by seventy academies of science from around the world, a June 2009 statement from the InterAcademy Panel on International Issues (IAP) stated the following. "The current rate of change is much more rapid than during any event over the last 65 million years. These changes in ocean chemistry are irreversible for many thousands of years, and the biological consequences could last much longer." http://www.skepticalscience.com/ocean-acidification-global-warming.htm

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simple citoyen a écrit le 15/06/2012 à 21:23 :

Ni les fraudes massives, ni l'argent public déversé par milliards pour qu'on prouve ce qui n'existe pas ne suffisent à changer la réalité. Il serait bon que quelques un des journalistes encore sérieux de ce bas monde aient le courage de le rapporter, et leurs éditeurs de les laisser faire. A force de manipuler, mentir, tricher et s'accaparer des ressources qui seraient nettement mieux utilisées ailleurs, ces gens finiront par discréditer toutes les professions auxquelles elles appartiennent. Espérons qu'un jour l'Histoire ne le leur rappelle pas trop durement.

Citoyen pas simplet a répondu le 17/06/2012 à 01:19:

C'est vrai que tous les scientifiques depuis Arhénius avant 1900 qui prévoyaient déjà les effets des excès de CO2 et Ges et tous les autres scientiques qui ont suivi confirmant ces faits sont tous corrompus. Par contre les pollueurs qui manipulent à longueur de journée sur les méthodes de l'industrie du tabac et montent des "villages Potemkine" soit-disant scientifiques eux ont les mains blaches... C'est le monde à l'envers ! et une insulte à la majorité des scientifiques qui font correctement leur job pour des salaires très majoritairement modestes. Il faudrait se pencher un peu plus en profondeur sur le vaste sujet du climat Simple Citoyen avant de shématiser à outrance sans guère de fondements. Ce qui est amusant c'est l'histoire des "arguments" des climatosceptiques pour prouver le réchauffement ou les changements climatiques, ils changent régulièrement du tout au tout et je ne pourrais résumer ici tellement j'ai suivi çà avec attention depuis plus de 30 ans et franchement ceux qui tombent encore dans le panneau des pseudo-climatosceptiques ne sont pas bien malins ou le font exprès.

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Urgence a écrit le 15/06/2012 à 19:03 :

Il n'y a aucune urgence climatique. Le CO2 n'est pas un GES, encore moins un polluant. Le CO2 est au contraire indispensable à la vie sur terre. Malgré toutes les prédictions apocalyptiques, les températures ne montent pas, les glaces des pôles ne fondent pas et les océans, qui refusent obstinément de monter, n'ont fait aucun réfugié climatique. Les sectaires de l'Eglise de climatologie voient leurs détournements de fonds publics mis à mal par la crise qui impose un salutaire retour à la raison. Cet appel désespéré vise à travestir la réalité pour grappiller encore quelque argent tant que c'est possible : voilà la seule urgence pour les derniers des malthusiens.

The eyes a répondu le 15/06/2012 à 20:21:

Quand on a de la Mxxxde dans les yeux, on s'informe : http://www.google.fr/search?q=LES+ILES+s%27enfonce+dans+l%27oc%C3%A9an&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a

hades a répondu le 15/06/2012 à 21:11:

on veut changer le climat... une nouvelle tour de babel ...

simple citoyen a répondu le 15/06/2012 à 21:41:

@ux yeux: Allez donc troller ailleurs ou offrez un point de vue valide et etayé. Au fait saviez vous que les fonds déversés sur les organismes dont la vocation est de prouver le réchauffement climatique excède très largement tous les autres lobbies confondus au monde? Oui, je me doute bien que vous le saviez. C'est tout le problème quand l'intellect fait place au militantisme.

yan13 a répondu le 15/06/2012 à 22:20:

Lisez les articles de Sylvestre Huet, un des rare journaliste Français qui mène depuis 15 ans des enquêtes sérieuses sur le changement climatique http://sciences.blogs.liberation.fr/home/terre/

simple citoyen a répondu le 16/06/2012 à 23:06:

Vous plaisantez? Huet n'a rien d'un sientifique et tout d'un militant. A partir de là, soit vous êtes comme lui et l'encensez, soit vous arrêtez de le lire. L'avez vous vu une seule fois écrire qu'il sétait trompé? Je m'en doutais.

Scientifique a répondu le 17/06/2012 à 00:50:

Le CO2 est bien un Ges (voir autres planètes loin du soleil comme Wasp-b12 et ses effets). Oui les températures continuent de monter, notamment celle des océans, bizarre hein. http://www.skepticalscience.com/translation.php?lang=12 Oui la glace des poles fond (les jolies photos satellites çà sert à quoi) Oui les océans montent (pas besoin d'aller aux Maldives pour le constater) et tendent à s'acidifier. Mais les lobbies pollueurs veillent, vous les reconnaîtrez quand ils parlent "d'église de climatologie", quand ils prétendent que le C02 fait pousser les plantes jusqu'au ciel, alors que nombre d'expériences grandeur nature prouvent que bien d'autres paramètres sont nécessaires et ne sont que très rarerement présents. Et quand il parlent d'argent, le coûts de leurs pollutions sur la planète est l'humanité sont largement bien supérieurs aux dépenses nécessaires pour prouver les conséquences de leurs pollutions.

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Bari a écrit le 15/06/2012 à 19:02 :

Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour conserver notre système basé sur la croissance infinie. Quand on aura multiplié le PIB par deux, il faudra combien de volcans artificiels ? Avec quelles conséquences sur l'écosystème planétaire ? Et que faudra-t-il faire de plus pour contrecarrer ces conséquences ? On ne veut pas sortir du capitalisme, parce que l'on considère que les sociétés pré-capitalistes sont invivables. Pourtant, à force de fuire en avant, à force de mettre des béquilles partout pour compenser les problèmes, ainsi que les problèmes engendrés par les problèmes, il y aura bien un jour où notre civilisation s'effondrera. Ce sera forcément bientôt, car notre société évolue à une vitesse exponentielle.

simple citoyen a répondu le 15/06/2012 à 21:31:

Vous n'avez pas compris que ceux qui font la promotion de ce genre d'idée, ne cherchent en fait qu'à faire peur au peuple? Histoire qu'il accèpte des choses aussi bégnines en apparence que la confiscation sous mandat de l'ONU de tous les espaces encore vierges... Ah, à propos: un peu comme Al Gore avait oublié de préciser qu'il était un des actionnaires majoritaire de la bourse sur les droits carbones, l'ONU oublie de préciser par exemple que c'est elle qui encaisserait jusqu'à 7% de royalties (de droits) pour par exemple l'exploration et l'exploitation des fonds marins sous sa responsabilité (Traité LOST qu'ils essaient de faire artifier sans que les peuples concernés ne soient au courant)...

illuminato di baviera a répondu le 16/06/2012 à 07:29:

il y a-t-il quelque chose ou quelq'un qui pourrait stopper la domination des Illuminati en marche?

Citoyen pas simplet a répondu le 17/06/2012 à 00:59:

Comment le lobby des climato-sceptiques s?organise : des fuites révèlent les efforts des lobbys climato-sceptiques pour influer sur les politiques http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/02/15/fuites-comment-le-lobby-des-climato-sceptiques-sorganise/#xtor=RSS-32280322 Le changement climatique est devenu un enjeu économique, pour lequel de grosses entreprises énergétiques et des fondations, organisées en groupes de pression, n'hésitent pas à faire retarder les lois de régulation ou à innonder le marché de publicités soutenant des politiciens. http://www.slate.fr/lien/50367/science-lobby-anti-scientifique-industrie-climatosceptique

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par Gaïa le 18/06/2012 à 01:08

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