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Arrêtons de tirer sur l'autoentrepreneur

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Par François Hurel (*), président de l'Union des autoentrepreneurs.

Le nouveau régime de l'autoentrepreneur est plébiscité par les Français : plus de 125.000 d'entre eux se sont déclarés en moins de trois mois, largement plus que ne le laissaient imaginer les simulations les plus optimistes. Ce succès constitue une des rares bonnes nouvelles du moment et il y a lieu de s'en réjouir, car une véritable révolution se déroule sous nos yeux, prémices d'une sortie de crise et, pourquoi pas, premier signal d'une nouvelle relance.

C'est d'abord une révolution technique : chacun peut maintenant se lancer dans une activité professionnelle indépendante en limitant les formalités administratives au minimum et le faire sur Internet en quelques clics. Qui aurait imaginé, il y a quelques mois seulement, que tous les obstacles à ce type de démarche pouvaient être surmontés en quelques semaines par des administrations, parfois fustigées pour leur lourdeur et leur peu de respect de l'initiative ? Désormais leurs réponses sont claires et leurs capacités d'adaptation montrées en exemple.

C'est aussi une révolution administrative : le prélèvement libératoire qui s'applique à l'autoentrepreneur est tout à la fois modéré, lisible et incroyablement simple : un pourcentage sur le chiffre d'affaires. A ce sujet aussi, qui aurait pu concevoir, il y a quelques mois, une chaîne de décision au sein de laquelle interviennent de nombreux acteurs aux expertises, aux contraintes et aux motivations différentes, à ce point promoteurs d'un dispositif aussi fluide ? Mieux encore, qui aurait pu croire à la mise en place - enfin ! - d'un système à risque zéro où, lorsqu'il n'y a pas de chiffre d'affaires, donc pas de revenu, il n'y a rien à payer ?

C'est également et presque surtout une révolution culturelle : l'autoentrepreneur est l'incarnation d'un modèle où chacun s'assume comme stratège et acteur de sa vie professionnelle. Là encore, qui aurait osé espérer, il y a quelques mois, que les Français, dénoncés par certains comme les champions du monde de l'assistance et du recours à l'État, puissent démontrer une telle appétence pour l'initiative individuelle et la prise de responsabilités ? Depuis longtemps, les sondages montraient que les Français voulaient être professionnellement libres. Ils le démontrent à la première occasion, alors ne boudons pas cette bonne nouvelle.

Révolution aussi car la crise peut être une formidable source d'opportunités. Nonobstant les difficultés actuelles paralysant les comportements de nombre de nos concitoyens, l'autoentrepreneur va contribuer à résoudre nombre de questions sans réponses pleinement satisfaisantes : la perte totale ou partielle d'emploi, l'amélioration du pouvoir d'achat, l'insertion économique - et donc, sociale - des non-diplômés et des populations fragiles ou encore le travail au noir…

J'entends ici et là les inquiétudes, et la litanie des effets pervers de cette liberté ou des effets d'aubaine de ce régime, et toutes les plus mauvaises raisons pour brimer les bonnes volontés. Je souhaite rassurer sur ce point - et le ministre Hervé Novelli l'a martelé également -, il n'a jamais été question de remettre en cause les qualifications professionnelles indispensables à l'exercice de certaines activités artisanales ou libérales… Personne ne le comprendrait. Il en va de la sécurité du consommateur et il n'y a donc pas de débat.

En créant une Union des autoentrepreneurs accessible gratuitement à tous, nous avons souhaité mettre l'accent sur la professionnalisation de ces nouveaux entrepreneurs et permettre aux consommateurs de répondre de manière satisfaisante à ses attentes. Il pourra faire savoir son opinion. La charte que doivent signer les adhérents est en ce sens un garde-fou déjà établi.

Certes, le modèle ne peut pas être parfait du premier coup, et l'Union des autoentrepreneurs sera présente pour faire entendre la voix de nouvelles propositions. Cependant, je reste attaché avant toute chose à la présomption d'innocence, et rappelons que ce dispositif est souvent complémentaire à un autre régime ou à une activité normale ou transitoire vers la création d'une entreprise. Sur ce point, ne dit-on pas que c'est le premier pas qui compte ? Jamais aucun statut n'avait ouvert de telles perspectives. La mission de l'Union des autoentrepreneurs sera de veiller à compléter les manques et à éduquer aux règles de notre société ce très beau bébé.

 

(*) Auteur du rapport en faveur d'une meilleure reconnaissance du travail indépendant qui a proposé ce nouveau régime à Hervé Novelli, secrétaire d'état aux PME.

François Hurel, président de l'Union des autoentrepreneurs

Vos réactions

  • Balou a écrit le 19/05/2009 à 18:29 :

    • Mr Hurel est très optimiste, je le serais volontiers aussi, pensant m'installer comme autoentrepreneur, mais il reste les questions concernant les cotisations maladie, complémentaire et retraite. Les banques sont-elles toutes au courant de ce statut ?

  • jvbrisset a écrit le 16/05/2009 à 21:19 :

    • Que peuvent faire les "recalés" du régime d'autoentrepreneur, c'est à dire les libéraux qui exerçaient avant le 31/21/2008 et qui avaient la malheur d'être dépendants de la CIPAV? Ils n'ont pas droit au nouveau régime, payent des charges même en l'absence de revenus, payent une taxe professionnelle. Ils sont victimes d'une grave distortion de concurrence.

  • Grignette a écrit le 16/05/2009 à 21:13 :

    • Madame, monsieur, Déclarée en autoentrepreneur (enfin presque, puisque l'INSEE m'a attribué un code APE ne correspondant pas à mon activité -ce qui me vaut le plaisir- d'avoir des cotisations à payer, alors que je n'ai pas encore pu déclarer de CA) votre point de vue me paraît bien pessimiste et peu réaliste. Certes, il peut y avoir des filoux partout -il y en a même dans le domaine classique des artisans, professions libérales, n'est-ce pas ?!), mais -et c'est une réflexion de bon sens- il est évident, incontournable, que l'autoentrepreneur a tout intérêt à faire du CA et à le déclarer s'il veut aussi pouvoir cotiser tant à l'assurance maladie, que caisse de retraite, etc. Donc faire croire à un grand nombre que ce système juridique qui nous est proposé -et qui mérite certes d'être perfectionné- serait une opportunité pour favoriser les magouilles en tout genre, est pour moi une analyse, un point de vue intellectuellement malhonnête. Agréez madame, monsieur, mes sincères salutations.

  • AUTO ENTREPRENEUR VRAI FAUSSE BONNE IDEE a écrit le 15/05/2009 à 12:26 :

    • AUTO ENTREPRENEUR VRAI FAUSSE BONNE IDEE, ou mieux VRAI MAUVAISE IDEE, et encore mieux VERITABLE texTe TRES APPROXIMATIF pour VRAI TEMPLIN pour vrai TRAVAIL AU NOIR ORGANISE...

  • filou a écrit le 14/05/2009 à 15:09 :

    • Bonjour, Suite présentation faite sur ce statut par un CCI, il est apparu qu'il y avait des pb pour pouvoir souscrire une assurance professionnelle (les assureurs ne connaissent pas ce statut et sont réticents pas accompagner) ainsi que pour se faire financer par les banques classiques.

  • SAN a écrit le 14/05/2009 à 12:29 :

    • M. Hurel passe sous silence que le RSI stope les demandes parce qu'on n'a pas prévu qui, comment, combien va verser à ces nouveaux travailleurs d'indemnisation maladie, retraite vieillesse etc... comme toujours un projet annoncé en fanfare mais qui ne suit pas derrière car monté sans concertation avec les professionnels, comme toujours avec ce gouvernement. Par ailleurs, M. Hurel oublie aussi de préciser qu'après les inscriptions, il y a plein d'abandons, car n'est pas entrepreneur qui veut... Et puis tout n'a pas été bien expliqué. Le gouvernement parle de 32 000 euros/an pour une entreprise de "services". Moins 8000 euros de cotisations sociales et fiscales. ça c'est normal. Mais si, pour monter cette petite entreprise, il y a ne serait-ce que 10 000 euros de frais... il reste 14 000 euros pour vivre. C'est bien si l'on est fonctionnaire et que ça cumule avec ses revenus. Mais si on est chômeur? M. Hurel svp revoyez votre copie.

  • ENQUETE FISCALE et sociale A DILIGENTER AUTO ENTREPRENEURS a écrit le 14/05/2009 à 12:28 :

    • ENQUETE FISCALE et sociale A DILIGENTER DE TOUTE URGENCE sur les AUTO ENTREPRENEURS - en avril, SUR 150 000 AUTO ENTREPRENEURS INSCRITS DEPUIS JANVIER 2009, en 4 mois, seuls 10.000 autoentrepreneurs ont déclaré un chiffre d'affaires aux Urssaf et que les créations d'entreprise « classiques » ont diminué d'autant... DE LA A COMPRENDRE QUE 140 000 AUTO ENTREPRENEURS TRICHENT, se SERVENT DU REGIME AUTOENTREPRENEUR POUR SE FAIRE DE LA PUB ET PROSPECTER OFFICILLEMENT, PUIS ENSUITE SE FONT PAYER EN ESPECE, AU NOIR, DONC ENCORE BIEN PLUS DE CONCURRENCE DELOYALE POUR LES COMMERCANTS ET LES ARTISANS et DE FILOUTERIE FISCLAE !!! ALLEZ AU BOULOT LES PARLEMENTAIRES ENDORMIS

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