Passer de la monnaie unique à la monnaie commune

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Pour Bruno Moschetto, avec la nationalisation de l'euro, la France pourrait reprendre en mains la maîtrise de son destin monétaire, élément fondamental de sa souveraineté, et redevenir ainsi Prince dans sa République, autrement dit Paris primerait Bruxelles, Francfort et New York.
Pour Bruno Moschetto, "avec la nationalisation de l'euro, la France pourrait reprendre en mains la maîtrise de son destin monétaire, élément fondamental de sa souveraineté, et redevenir ainsi Prince dans sa République, autrement dit Paris primerait Bruxelles, Francfort et New York." (Crédits : DR)
Faut-il aller vers une Europe fédérale? Ou chaque État doit-il retrouver sa monnaie? Une autre solution est envisageable, celle d'un euro renationalisé. par Bruno Moschetto, Professeur de Sciences Economique à l'Université Paris I et HEC.

Tenter d'analyser l'avenir de l'euro ne peut se projeter sans un rappel rapide de son histoire, même si elle est courte. Les problèmes que cette monnaie unique pose avec acuité nous incitent à concevoir sa mutation qui s'ordonnerait autour de deux solutions.

Un déséquilibre entre le politique et le monétaire

La construction de l'Europe s'est élaborée en faisant appel à deux mouvements qui se voulaient parallèles: celui de l'approfondissement et celui de l'élargissement. Force est de constater qu'ils sont devenus plutôt divergents. En effet, le point d'orgue de l'approfondissement a été la volonté d'adopter il y a une quinzaine d'années une monnaie unique pour quinze états qui y étaient éligibles au sein d'une zone euro. Dans cet esprit , selon la formule de Jacques Rueff, l'Europe se ferait par la monnaie ou ne se ferait pas. A la réflexion, l'Europe politique n'a confirmé ni les réalisations économiques ni les réalisations monétaires alors qu'au même moment l'élargissement la conduisait à doubler le nombre de nations qui y ont adhéré et qui la composent.
Le déséquilibre entre le politique et le monétaire apparaît de plus en plus difficile à gérer puisque la zone euro s'est dotée d'une monnaie et celle-ci est orpheline d'un Etat. (1) Un tel phénomène ne peut résister à la dure réalité des faits.

« Les pays de l'Union monétaire européenne ont institué un pouvoir monétaire unifié, concentré entre les mains de banques centrales indépendantes, sans se doter d'un pouvoir politique de même échelle territoriale. Ce déséquilibre institutionnel est intenable à terme, car l'Union n'est pas véritablement dotée des atouts démocratiques nécessaires pour qu'on la reconnaisse souveraine, ne serait-ce que dans le domaine monétaire » (Dominique Plihon - La monnaie et ses mécanismes - Repères - La Découverte 2013 ).

Vers un État fédéral...

Aussi, face à ce vide, certains prônent une accélération de l'approfondissement (2), c'est-à-dire la marche à pas renforcés vers la création d'un État fédéral ce qui impliquerait pour celui-ci d'être doté d'un budget du même nom qui devrait se situer à plus de 15% du produit intérieur brut (PIB) de l'ensemble des pays constituant cette zone monétaire, ainsi que le préconise Jurgen Habermas. Mais avec un budget gravitant autour de 1% de ce produit intérieur brut, nous sommes bien loin du compte et pour y arriver cela demanderait non pas un quinquennat mais un quart de siècle. Le saut fédéral ne peut être qu'utopique.

... ou le retour à des monnaies nationales?

D'autres prônent l'abandon pur et simple de cette unité monétaire et le retour à des monnaies nationales pour chacun des pays membres de la zone. Une telle solution apparaîtrait comme un retour en arrière, traumatisante ex ante et nul doute le serait ex post. (3)
En toute hypothèse, l'adoption de l'euro par un nombre progressif d'États s'est traduite pour eux par une triple abdication : cambiaire d'abord - monétaire ensuite - budgétaire enfin, lesquelles se sont traduites par un triple fixisme au plan de la parité de change, de la politique monétaire et des limitations budgétaires uniques pour l'ensemble de pays membres. En réalité, une triple servitude pour des pays dont les économies deviennent de plus en plus divergentes. (4)

Des solutions réalistes

A l'évidence, en l'état actuel de la conjoncture globale de la France, de l'Europe et du monde, l'avenir de l'euro n'est pas brillant. A priori, le bateau européen coule, a déclaré tout récemment Christine Lagarde, directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Il faut donc jeter du lest. Cela ne peut être qu'à partir de l'euro, ce virus de l'Europe, soit en l'abandonnant soit en le changeant.
Dans cette dernière hypothèse, deux formules peuvent être préconisées : l'une faisant appel à un nouveau système bi-monétaire, l'autre à la mise en place d'un système mono-monétaire.
Avec un système bi-monétaire, coexisteraient deux monnaies, l'une - internationale - réservée aux transactions externes. Il s'agirait de la monnaie commune à tous les pays membres de la zone. Cela devrait être l'euro. L'autre nationale , pour chacun des pays membres, réservée aux seules transactions internes. Il y aurait autant de monnaies nationales que de pays membres de la zone. Pour la France, cette unité monétaire serait le franc à une parité à déterminer.
Il appartiendrait à la banque centrale du système de gérer la parité de la monnaie internationale et les réserves de change de l'ensemble des pays de la zone. A priori, ce serait l'actuelle Banque centrale européenne (BCE). Ainsi, les pays membres de la zone ne récupéreraient pas leur souveraineté en matière de politique de change laquelle serait toujours du ressort de la même banque centrale européenne. 
Naturellement, un tel bi-monétarisme implique pour chacun des pays d'organiser les rapports des monnaies nationales réservées aux transactions internes avec la monnaie internationale, par définition commune.

Quelle organisation?

Une telle organisation entre les deux monnaies pour chacun des pays pose le problème du choix entre un système de parité fixe ou un système de parité variable entre les monnaies internes et la monnaie internationale.
Le choix d'un système de parité variable entre chacune des monnaies nationales et la monnaie internationale entrainerait des appréciations ou des dépréciations possibles en fonction du cours des différentes monnaies nationales sur les marchés. Autrement dit, la monnaie nationale flotterait par rapport à la monnaie internationale et sa convertibilité externe serait ouverte aux résidents.
Il est à craindre que dans un système de monnaies librement convertibles en cas de difficulté propre à un pays, la monnaie nationale soit abusivement convertie en monnaie internationale. A cet égard, jouerait à plein le fameux triangle des incompatibilités de Mundell, en vertu duquel il est impossible de combiner les trois éléments suivants : la fixité des parités de change, la mobilité des capitaux et l'autonomie de la politique monétaire. En d'autres termes, la libéralisation des capitaux n'est possible que s'il y a abandon de la politique monétaire, à moins de renoncer à la fixité des parités de change. D'où la difficulté d'instaurer un tel système, susceptible de conduire à des mouvements erratiques de capitaux et à une grande instabilité des changes.

Le retour au contrôle des changes

En revanche, le choix d'un système de parité fixe entre les différentes monnaies nationales et la monnaie internationale impliquerait l'établissement d'un contrôle des changes vis-à-vis de tous les pays tiers y compris ceux de la zone afin de défendre cette parité fixe,
Chaque pays récupérerait sa souveraineté en matière de politique monétaire portant sur les taux d'intérêts et le volume de sa masse monétaire, En cas de tension sur une monnaie nationale la banque centrale du pays concerné se trouverait devant le choix d'élever les taux d'intérêt ou de procéder à un ajustement de la parité fixe par le recours à une dévaluation externe, alors que symétriquement d'autres pourraient faire l'objet de réévaluation.
Chaque pays récupérerait également sa souveraineté budgétaire qui résulterait de ses recettes libellées en monnaie nationale et serait approvisionnée par les prélèvements obligatoires opérés auprès des résidents garants de la solvabilité nationale. Ces prélèvements obligatoires permettraient de financer les dépenses budgétaires et en particulier le versement de prestations libératoires aux résidents.

Le risque d'un endettement accru à l'égard des non résidents

En cas de coexistence des monnaies nationales et de la monnaie internationale il ne serait pas porté atteinte à la structure de l'Union économique et monétaire avec notamment le maintien d'une banque centrale commune,
Autre avantage , les pays membres n'auraient plus à se préoccuper de l'équilibre de leurs finances publiques internes pour lesquelles ils seraient seuls responsables du taux de déficit et du montant de l'endettement .
L'inconvénient majeur résulte de l'augmentation de l'endettement vis-à-vis des non résidents, toujours exprimé en monnaie internationale. Cet endettement serait majoré en cas d'écart divergent négatif entre une monnaie nationale (interne) et la monnaie internationale (externe). Sans compter que tout système bi-monétaire conduit à ce que la mauvaise monnaie chasse la bonne, comme nous le savons depuis Gresham. D'ailleurs dans le système monétaire de son époque qui était celui du bi métallisme or et argent , la mauvaise monnaie - l'argent - a chassé la bonne - l'or -.  En effet dans le langage courant lorsqu'on se réfère à la monnaie l'on parle d'argent et jamais d'or.
La complexité de ce système et ses difficultés de mise en pratique - et en particulier la mise en place d'un contrôle des changes - nous conduit à privilégier l'adoption d'un système mono monétaire.

Les avantages d'un système mono monétaire

Dans cette optique, esquissons les caractéristiques de cette solution et les risques et les avantages qu'elle comporte.
La solution reviendrait à partir du système existant. Avant que les marchés déclenchent une désintégration anarchique de l'euro, une gestion pragmatique de celui-ci par les pays membres de la zone euro pourrait s'imposer. (6)
En effet bien que l'actuelle banque centrale, sise à Francfort, soit européenne , les billets émis par chacune des banques centrales nationale (BCN) ne le sont pas. Cette affirmation résulte de notre Code monétaire et financier, lequel dans son article 1er du chapitre 1er intitulé l'unité monétaire nous rappelle « que la monnaie de la France est l'euro » et « que l'euro est divisé en cent centimes ».  Autrement dit l'euro est notre monnaie et a vocation à le demeurer.

L'euro, la monnaie de chaque État membre

L'on peut en déduire par transposition que l'euro est la monnaie de chaque État membre de ladite zone. Cette donnée fondamentale est illustrée par le fait que les pièces de monnaies ont pour chaque État une face nationale et que les billets ont un code national qui précède le numéro de chacun d'entre eux : la lettre U pour la France, X pour l'Allemagne , Y pour la Grèce et ainsi de suite. Ce qui signifie que toutes les monnaies dont la nôtre - ont gardé leur ancrage national .
Autrement dit les émissions de billets pour l'ensemble des pays de la zone sont déjà segmentées en compartiments correspondant aux sous ensembles nationaux, aussi pour ce qui nous concerne rien n'interdirait de débaptiser notre unité monétaire - l'euro - en euro-franc. Et cela ne changerait en rien la nature et la valeur de notre unité monétaire.
Ainsi une banque commerciale française dont les déposants - résidents ou non - souhaiteraient convertir leurs avoirs en compte en billets, se verraient offrir des billets portant explicitement la mention « euro-franc » ajoutée au signe distinctif U, Autrement dit, un euro franc serait la stricte réplique d'un euro. (7)
Ces billets libellés en euro-francs cohabiteraient avec les autres euros nationaux et pourraient donner lieu à des dépréciations ou à des appréciations en fonction de leur cours sur les marchés des changes lesquelles tempéreraient le passage d'une euro monnaie à une autre et par là ne nécessiterait pas l'établissement d'un contrôle des changes.

Quels risques?

Quels sont les risques d'un tel passage pour les Etats qui adopteraient une telle réforme? La réponse procède de la définition de la monnaie : c'est pour ceux qui la détiennent - qu'ils soient résidents ou non - une créance sur l'appareil bancaire des pays concernés. En l'espèce des avoirs en compte ou la monnaie dite scripturale (de banque) puisqu'ils correspondent à des créances sur les banques commerciales, et des avoirs en poche - les billets ou la monnaie dite fiduciaire (manuelle) lesquels correspondent à des créances sur les banques centrales.
Ainsi le passage dans un pays donné, de l'euro-euro à l'euro national ne changerait en rien la nature et le montant des dettes des pays qui opteraient pour cette nouvelle dénomination. Par ailleurs, la masse monétaire de chacune de ces monnaies a pour contrepartie des crédits pour l'essentiel sur chacune des économies nationales. En définitive, en matière monétaire tout se ramène aux territoires nationaux

Les non résidents grec verraient la valeur de leurs euros-drachmes se contracter

Pour prendre l'exemple le plus sensible : le système bancaire grec serait toujours redevable vis-à-vis de ses créanciers du même montant en euros dont la dénomination aurait simplement changée et serait devenue des euro-drachmes . (8)
En revanche les détenteurs d'euro drachmes pourraient voir la valeur de leur créance se contracter, mais seulement s'ils sont non résidents - et dans cette hypothèse - ils verraient la valeur de leurs créances se déprécier parallèlement à l'évolution de l'euro-drachme sur les marchés internationaux . Si d'aventure ils décidaient de les céder à ce moment là leur perte serait matérialisée; autrement dit, les perdants potentiels ne seraient pas les résidents mais les non résidents détenteurs de créances monétaires.
Ce qui est vrai pour les avoirs monétaires le serait aussi pour les avoirs obligataires - dont les dettes souveraines - lesquelles seraient au terme de leurs échéances respectives payées en euros nationaux c'est-à-dire en euro drachmes pour la Grèce et ce à leur valeur nominale c'est-à-dire à leur prix d'émission.
Naturellement ces créances ne verraient pas leur valeur nominale modifiée par cette mutation monétaire spontanée - des euro- euros - en euros nationaux, mais leur valeur serait appelée à fluctuer en fonction de leur prix sur les marchés secondaires.
Aussi pourrait-on très bien imaginer que face à une dépréciation significative des créances sur ces marchés, leurs détenteurs et exclusivement les banques et entreprises non résidentes - seraient conduites à constituer des provisions compensatoires.
Mais rien n'interdirait de penser que ces provisions pourraient être reprises en cas d'appréciation ultérieure de la valeur de leurs créances sur les marchés, due à une prospérité retrouvée, grâce à une politique économique indépendante susceptible d'entrainer un retour à la croissance et à une évacuation du chômage de masse. Cela pourrait tout particulièrement jouer pour la Grèce qui retrouverait ainsi la compétitivité de son industrie touristique


L' avantage du nominalisme monétaire

L'avantage considérable de cette formule résulte de l'application du nominalisme monétaire qui, en l'espèce, veut qu'un euro national quel qu'il soit, vaille toujours nominalement un euro-euro. Seuls les détenteurs non résidents d'euro nationaux pourraient voir éventuellement la valeur de leurs créances se déprécier sur les marchés tant qu'elles ne sont pas arrivées à leur échéance respective - moment auquel ils en récupéreraient - rappelons le - la totalité à leur valeur nominale.
L'euro zone redeviendrait une zone monétaire soutenable et durable ; l'Allemagne (9) n'aurait plus à effectuer des transferts financiers qui s'annoncent sans fond et la Grèce à supporter un appauvrissement qui s'annonce sans fin.
Dans ce nouvel univers monétaire, chacun retrouverait sa compétitivité globale sur les marchés des biens et services sans avoir à rendre compte à une quelconque troïka en cas de difficulté, laquelle aurait été par avance résolue et éliminée par l'adoption de changes multiples ou autonomes en lieu et place d'une monnaie unique. La France retrouverait ainsi sa souveraineté cambiaire tout en conservant l'euro.
Et enfin, ultime avantage de la formule : rien n'interdirait aux différents euros nationaux de se mettre en parité fixe les uns par rapport aux autres et ce à parité modifiée ou à parité retrouvée. Une telle hypothèse est tout-à-fait imaginable si l'on se réfère à celle de l'euro par rapport au dollar qui est passé d'abord de 120 cents, son cours d'introduction à 80 cents et ensuite de 160 cents à 120 cents et retrouver ainsi son cours d'introduction quinze ans après celle-ci .
De telles appréciations ou dépréciations sont préférables à des réévaluations ou des dévaluations, et surtout à des dévaluations dites internes, c'est-à-dire l'ajustement des salaires et des retraites à la baisse - prônées par notre partenaire allemand -qui frappe l'ensemble des revenus des agents économiques et pas seulement celui des exportateurs, D'ailleurs, la France jusqu'à présent n'a pas voulu s'engouffrer dans cette voie afin de préserver son modèle social, en fait exercer sa souveraineté sociale en toute plénitude, souveraineté à laquelle les citoyens sont plus qu'à tout attachés .

La France reprendrait son destin monétaire

Paradoxalement le maintien de l'euro devenu euro franc pour la France impliquerait sa sortie de l'Union économique et monétaire. Cela se traduirait par le rapatriement de notre quota de réserves publiques de changes de Francfort à Paris dans les caisses de la Banque de France. Ce mouvement serait accompagné par la cession des actions détenues par le Trésor français dans le capital de la Banque centrale européenne.
En définitive, par la nationalisation de l'euro, la France pourrait ainsi reprendre en mains la maîtrise de son destin monétaire , élément fondamental de sa souveraineté , et redevenir par là, Prince dans sa République, autrement dit Paris primerait Bruxelles, Francfort et New York. Pour la France , une nouvelle politique économique : c'est maintenant !
Celle-ci s'exercerait au sein de l'Union européenne dont la France ferait toujours partie . Elle n'a pas à quitter l'Europe qui est une réalité géographique, historique et économique. Son avenir ne peut se déterminer qu'à partir de cette économie monde, selon la formule de Fernand Braudel.

Bruno MOSCHETTO
Professeur de Sciences Economique à l'Université PARIS I et HEC
Auteur de « Tout savoir ou ;presque sur la face cachée de l'euro »
Editions Arnaud Franel

Articles référencés

(1) La zone euro orpheline de gouvernement économique-Jean Arthuis - Le Figaro - 2 Mars 2013
(2) L'euro entre intégration et éclatement - Nicolas Baverez - Revue Espoir - Décembre 2014
3) Zone euro : faut-il rester ou en sortir ? - Thierry Pouch - Paysans et Société - Janvier/Février 2014
(4) Le mythe de la convergence - Michel Honechsberg - Revue Banque - Juin 2012
(5 ) La BCE étudierait trois options pour son plan d'achat de dettes - Isabelle Couet - Les Echos - 7 Janvier 2015
(6) La voie la plus sage est de mettre fin à l'euro de façon bien planifiée - Luiz Carlos Bresser - Pereira - Le Monde 7 Août 2012
(7) L'euro est mort vive l'euro franc - Dominique Garabiol et Bruno Moschetto - Le Monde 30 Septembre 2011
(8 ) Une sortie pour la Grèce : l'euro drachme - Bruno Moschetto - Le Monde - 28 Mai 2012
(9) L'Allemagne « Triple A » : Pays pauvre - Thomas Schnee - Le Courrier - 27 Février 2012

B - Références bibliographiques
Bénassy-Quéré (A) Coeuré (B) - Economie de l'euro - Repères - La Découverte - 2014
Chevènement (JP) - La France est-elle finie ? - Fayard - 2011
Chevènemant (JP) et Alii - L'euro monnaie unique peut-il survivre - Fondation Res Publica - 2012
Dedieu (F) et Alii - Casser l'euro pour sauver l'Europe - Les liens qui libèrent (LLL) - 2014
Delaume (C) - Europe, les Etats désunis - Michalon Editeurs 2014
Jurgensen (P) - L'euro pour tous - Odile Jacob - 1998
Krugman (P) - Sortez-nous de cette crise maintenant - Champs - Flammarion - 2013
Maris (B) - Keynes ou l'économiste citoyen - Les Presses de Sciences Po - 2007
Moschetto (B) - Tout savoir ou presque sur la face cachée de l'euro - Préface de Jean-Pierrre Chevènement - Editions Arnaud Franel - 2011
Sapir (J) - Faut-il sortir de l'euro ? - Le Seuil - 2012

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Commentaires
a écrit le 24/03/2015 à 18:34 :
Je me demande pourquoi on écoute l'avis de ce (très) senior... (NB je dois avoir le même âge). Si on lit bien il propose que tout investisseur étranger (dans un pays ayant créé sa nouvelle monnaie nationale) le fasse à fonds perdus... Du Girardin sans avantage fiscal en quelque sorte... Très incitatif ! Il nous explique, en plus que (dans l'exemple), la Grèce recouvrerait "son" trafic touristique... mais il se trouve qu'elle ne l'a jamais perdu ! Ce pays (1/6° de la population française) ne doit pas être en Europe pour des raisons (bassement ?) économiques; mais pour son positionnement géopolitique. Si l'Allemagne "tue" la Grèce, l'Europe explosera. Et la France deviendra (ce qu'elle serait déjà sans l'U.E.) un pays de 2° zône, en route vers la troisième. Ce que l'accession au pouvoir de certaines forces politiques accélérerait, d'ailleurs. Redonner aux français la maîtrise des réserves françaises, c'est les donner en gage à des politocards qui ne connaissent rien à l'économie (Sarkozy, Lagarde, entr'autres) qui ont déjà fait preuve de leur inconséquence. Trichet se dissimulait derrière le "mandat" de la BCE; Draghi s'en affranchit. Si ces deux politiques donnent des résultats opposés, c'est peut être parce que les politiques nationaux sont des incapables en matière de délégation; et que leur redonner du pouvoir n'est certainement pas une bonne idée.
Réponse de le 25/03/2015 à 15:05 :
Bien entendu, vous avez raison, mais qui écoute et/ou comprend... Ce malheureux "professeur" ,à l'âge de Pétain, est pathétique, mais je ne veux pas l'insulter, simplement le replacer dans son contexte. Personnellement, je vous trouve courageux !!! car je suis vraiment lassé des inepties proférées, parfois même à un niveau (théorique) surprenant....
Réponse de le 28/03/2015 à 9:21 :
Chers maduf et pm. Si vous êtes lassés des inepties proférées, ne commentez pas. Cet article pose des arguments, libre à vous de les contrer pied à pied au lieu de rejeter tout en bloc tel un ivrogne au comptoir du café des sportif. En insultant vous gérer la raison par l'émotion alors que l'intelligence se nourrit du débat d'idée.
Vous nous expliquer que le politiciens français font n'importe quoi sauf quand ils ont crée l'euro car là, ils ont eu un éclair de génie... C'est un peu court non ?
Le base de la démocratie, c'est justement de faire confiance aux politiciens et qd ils se trompent, en passer à d'autres qui, il est vrai peuvent se tromper aussi, alors il faut en changer !
Réponse de le 28/03/2015 à 19:51 :
@pm & Maduf ... si rien n'est fait pour sortir de l'euro ou passer à un euro monnaie commune alors il y aura une révolution, car on ne peut pas continuer à faire de la dévaluation interne (baisse des salaires et du pouvoir d'achat, et baisse des prestations socialies) pour garder un zest de compétitivité ... L'euro monnaie unique est une annerie dûe à l'incompétence crasse de Mitterrand qui ne savait pas la différence entre monnaie unique et monnaie commune (comme la très grande majorité des élus de la République qui, comme vous ici, ne se gènent pas pour donner dans l'insulte sans pour autant savoir de quoi on parle). Pour finir, si révolution il y a alors il y aura aussi chasse aux sorcières et réglements de comptes (c'est courru d'avance), car en plus ceux, qui insultent et utilisent le fait d'être au pouvoir pour interdire tout débat sur le sujet, savaient que l'euro actuel pose un rèel problème mais ils n'ont rien fait. Que ce soit Hollande ou Sarkozy, j'ai rencontré des gens qui les ont conseillé sur ce sujet, et ils savent tous les 2, mais visiblement c'est mieux politiquement d'attendre que le problème se produise que de l'anticiper sinon il faudrait reconnaitre les mensonges permanents et surtout que le FN a raison. Pourtant, il y a d'autres partis comme le MRC ou DLF qui ont la meme analyse et qui pourraient leur offrir une porte de sortie en dehors du FN ...
a écrit le 24/03/2015 à 18:31 :
C'est une solution qui officialiserait une situation de fait. En effet, les données macro économiques (croissance, chômage, dettes,dépense publique) font apparaître une fracture Nord/Sud. De plus, le QE lancé récemment par la BCE laisse pour 80% des actifs rachetés la charge de la dette aux banques centrales nationales, et donc le risque n'est mutualisé qu'à 20% (les allemands savent bien à qui ils ont à faire...). Ce serait un recul dans la construction européenne, La France avait déjà refusé la mise en place d'une politique budgétaire et économique unique au sein de la zone euro. Croire qu'on a quelque chose à gagner à se retrouver chez les mauvais de la classe, ça ne pousse pas à l'excellence.... UN TRES MAUVAIS COUP PORTE A LA CONSTRUCTION EUROPEENNE ALORS QU'ON A LES MOYENS D ETRE LEADER DE L UE IL SUFFIT DE LE VOULOIR, LA COMPETITION CA REVELLE LE MEILLEUR DE CHACUN, L EGALISTARISME C EST PRECISEMENT L iNVERSE
a écrit le 24/03/2015 à 17:02 :
Cela fait sept ans que je propose un Euro à 2 vitesses:
Pour les pays AAA ou proche (D,NL,LUX,FIN,..), ce serait l'AURO ( bon comme l'Or/Aurum ), coté vis
à vis du $, de la £, etc
Pour les PIGS et la France, ce serait le bEUrRO ( qui compte pour du beurre...!) coté seulement vis-vis de l'AURO.
a écrit le 24/03/2015 à 16:44 :
Finalement, je n'ai même pas envie de contredire ces inepties... Je suis lassé de ce fatras de bêtises. Faites bien toutes les erreurs que vous voulez, vos "expériences" comme vous dites, vous en payerez un prix exorbitant. Moi, non pas, mais je regarderai tristement sombrer ce qui fut mon pays...
Réponse de le 28/03/2015 à 9:00 :
La France a vécu avec le franc pendant des centaines d'année sans sombrer. Ne tomber dans un pessimisme émotionnel. Un retour à la monnaie nationale serait un retour sur terre. L'Euro est une monnaie politique et comme tout projet polittique absurde, il se heurte à la réalité. Bienvenu en France
a écrit le 24/03/2015 à 15:43 :
L'euro est déjà une monnaie commune mais à part ça, c'est bon...
Réponse de le 28/03/2015 à 9:02 :
Soyez sérieux...serieux. Vous confondez monnaie unique et monnaie commune. Il faudrait reprendre qq bases. Allez, je vous aide à commencer : 2+2 =4
a écrit le 24/03/2015 à 14:52 :
je proposais cela en gros en 2011 :)
http://jptapia2011.over-blog.com/article-l-euro-franc-88663596-comments.html#comment116100668
a écrit le 24/03/2015 à 14:11 :
Certain veulent "garder" l'euro pensant pouvoir y gagner lors du remboursement?
a écrit le 24/03/2015 à 11:54 :
Avec un retour aux monnaies nationales il est de peu d’intérêt de garder l'euro qui ne repose sur rien et on peut utiliser aussi bien le dollars comme "jadis"! La monnaie fait partie intégrante d'une concurrence que l'on veut éliminer!.
a écrit le 24/03/2015 à 11:29 :
...ou comment sortir en cachette de l'Euro. Tout le monde n'y verra que du feu. Non ?
Si les états de l'Euro font tous le même choix, on pourra mettre l'Euro à la poubelle et revenir au dollar comme monnaie commune, comme avant. Les micro états européens redeviendraient la proie des spéculateurs internationaux, autrement plus forts aujourd'hui qu'il y a vingts ans.
L'adoption de l'Euro comme monnaie unique n'est pas un choix uniquement économique, c'est avant tout un choix politique. Il est là pour garantir la continuité de l'UE et son renforcement. Les problèmes économique sont à résoudre dans cette perspective. Mais les nationalistes à courte vue se battent sans discontinuer pour imposer leurs vues rétrogrades et protectionnistes sans aucune perspective. Il faut ouvrir les yeux et voyager pour voir ce qu'est l'Europe face au reste du monde. Les grands empires coloniaux n'existent plus, les états européens sont, isolément, des puissances de seconde zone. Par exemple, que serait la Suisse au milieu de l'Asie ou de l'Afrique ? elle ne peut rester "en dehors" de l'UE que parce que l'UE la protège.
Réponse de le 24/03/2015 à 14:08 :
Il me semble que la suisse ne fait pas partie de l'Europe....
Réponse de le 24/03/2015 à 17:00 :
Justement, elle ne fait pas partie de l'UE mais elle profite de sa situation géographique. L'UE est une garantie pour les pays voisins qui n'en font pas partie.
Les plus proches de la Russie comprennent toute la différence entre être "indépendant" et faire partie de l'UE, comme l'Ukraine l'expériemente. La dislocation de l'UE en ferait un terrain de jeu aussi bien pour la Russie que pour la Chine ou les USA
Réponse de le 29/03/2015 à 15:46 :
L'Europe est une garantie de quoi? du chômage, de l'immigration, des normes absurdes, de l'atlantisme? aucun intérêt. Pas besoin d'avoir 300 millions d'habitants pour etre fort, la corée du sud n'est pas plus peuplé que la France et ses résultats sont brillant dans biens des domaines. Surtout que nous n'avons rien en commun avec la Bulgarie ou la Croatie entre autres.
a écrit le 24/03/2015 à 11:04 :
Très bon article de ce monsieur. Il met bien en évidence les liens entre une monnaie et un État politique.
L'idée d'une monnaie commune n'est pas nouvelle mais elle offre des avantages non négligeables. Ce serait en sorte un SME enfin stable. Je crois pour ma part à une monnaie commune à parité fixe ajustable avec contrôle des changes leger. Il resterait à déterminer les mécanismes de modification de parité au sein de l'union.
Ce mécanisme, s'il est bien construit portera en lui un gros avantage et un gros inconvénient lié :
Avantage, ce système peut devenir universel à savoir que les pays hors zone euro souhaiteront y participé s'il est basé sur des mécanismes équitables. C'est donc la base à une monnaie d'échange mondiale à l'image de l'or. C'est un peu le bancor de Keynes qui revient.
Inconvénient : Il ferait de la concurrence au dollar qu'il rendrait obsolète. Je ne vois pas nos "amis" américains se faire chiper leur privilège exorbitant sans réagir méchamment.
C'est ainsi que cet article montre sans le vouloir que le principal problème économique actuel est la variabilité des changes par le "marché" et la liberté des circulation des capitaux qui sont intrinsèquement liés au roi dollar.

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