Ferroviaire

La LGV arrivera-t-elle à Toulouse ?

photo : Rémi Benoit
photo : Rémi Benoit

Sophie Arutunian. Correspondante à Toulouse. Objectif News | 04/09/2012, 15:43 - 550 mots

Une fois encore, le projet de LGV Toujouse-Bordeaux est remis en cause. Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a ainsi évoqué mercredi dernier lors de sa visite dans le Tarn des "incertitudes de financement" sur cette ligne à grande vitesse. Les élus de droite comme de gauche rappellent l'importance du projet.

Le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, a évoqué mercredi dernier la recherche de fonds européens pour financer les grands projets ferroviaires en suspens et, parmi eux, la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse. Le ministre, en visite à Saint-Sulpice, n'a pas pris d'engagement quant à la réalisation du projet, cher au cœur des Midi-Pyrénéens, puisque la LGV placerait la ville de Toulouse à 3h15 de Paris, contre plus de 5 heures actuellement. Frédéric Cuvillier a justifié ces incertitudes en rappelant les contraintes budgétaires de l'État et la nécessité de hiérarchiser les différents projets. Or le financement de Bordeaux-Toulouse n'est pas bouclé, a-t-il souligné.

Des élus déterminés
Les réactions ont été immédiates. Martin Malvy, président de Région et président de l'association TGV Sud-Ouest, refuse de remettre le projet en cause : "La ligne LGV Bordeaux-Toulouse se fera, c'est pour moi une évidence. La quatrième ville de France, et Midi-Pyrénées dans son ensemble, ne peuvent pas rester à l'écart du réseau ferroviaire à grande vitesse." Il ajoute que "Bordeaux-Toulouse est prioritaire (...) parce que c'est, de tous les projets, le plus rentable. C'est l'avis de la SNCF à travers l'expression de ses trois derniers présidents, Louis Gallois d'abord, Anne-Marie Idrac et enfin Guillaume Pépy."

Le maire de Toulouse, Pierre Cohen, souhaite lui aussi réaffirmer la nécessité de maintenir la réalisation de la LGV. "Dans un contexte financier très contraint, il y a en effet nécessité à hiérarchiser les grands projets d'infrastructures de transport. La ligne grande vitesse Tours-Bordeaux-Toulouse est une priorité et un investissement stratégique pour notre métropole et pour le pays lui même."

"Cause commune"

S'il y a bien un dossier où gauche et droite se réunissent à Toulouse, c'est celui-là. Pour Marie Déqué et François Chollet, co-présidents du groupe d'opposition Toulouse Métropole d'Europe, "renoncer à un projet qui mettra enfin la 4e ville de France à 3h15 de Paris et dont la rentabilité est indiscutable, ou repousser sa réalisation au-delà de 2020 ferait subir à notre métropole un très grave préjudice en termes de développement, d'accessibilité et d'attractivité." L'inquiétude est palpable chez le député UMP Jean-Muc Moudenc qui affirme que "plus que jamais, tous les élus doivent faire cause commune, par delà les clivages politiques, pour sauvegarder l'agenda de notre projet de LGV, et en consolider les conditions de réalisation." Plus radicale, la députée européenne Christine de Veyrac évoque quant à elle "un reniement de la parole de l'État, et une nouvelle illustration de l'abandon de Toulouse par le gouvernement actuel."

Début des travaux en 2017 ?
Déjà en mars dernier, l'association TGV-Sud-Ouest marquait son mécontentement face aux réticences de l'État concernant le financement des travaux. Martin Malvy réaffirmait alors sa position. "Notre volonté est ferme et claire, nous attendons le début des travaux pour 2017." À ce moment-là, la crainte portait sur le montage financier de l'opération alors que les départements du Gers et du Lot-et-Garonne se retiraient du projet (le Lot-et-Garonne devait participer à hauteur de 90 à 100 millions d'euros. Le Gers, quant à lui, s'était engagé pour 8 M€).

Ce qui est sûr, c'est que Midi-Pyrénées, comme le département de Haute-Garonne, ne veulent plus mettre un sous de plus sur la table. Selon Martin Malvy, la part de la région est passé de 400 M€ à 800 M€ depuis le début du projet et celle du département à doublé également, passant à 400 M€.

 

Commentaires

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lolo2105 a écrit le 14/09/2012 à 14:52 :

Que les TGV commencent déjà par être à l'heure au lieu d'accuser régulièrement des retards conséquents. Il y a 20 ans, on pouvait dire "je prends le train, donc je serai à l'heure". Aujourd'hui, c'est exactement l'inverse. Quelle régression

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ksdrigotti a écrit le 11/09/2012 à 00:36 :

LGV Paris Bordeaux Toulouse : OUI nécessité pour le développement de ces deux dernières villes. A l'heure actuelle les investissements qui doivent être fait doivent être aussi rentables, or un tel projet de plusieurs milliards d'euros ne fere qu'accentuer l'endettement des collectivités territoriales et de l'Etat en enrichissant un peu plus les entreprises privés comme Vinci ou Bouygues..."vive les Partenariats Public Privé" véritables gouffres financiers.

ilio a répondu le 17/09/2012 à 10:08:

Le TGV ne va pas favoriser le développement de Toulouse. Il va au contraire permettre plus de concentration vers Paris. C'est ce qui s'est passé avec pas mal d'entreprise dans le Sud-Est de la France où plusieurs sièges ont été relocalisés à Paris par souci d'économie...

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Stéphane a écrit le 08/09/2012 à 15:32 :

Ce projet ne fera pas gagner 1h45 pour un Toulouse-Paris comme le laisse penser l'article mais seulement une cinquantaine de minutes après la réalisation de Bordeaux-Tours. Est-ce que cela vaut vraiment la peine de détruire autant d'espaces naturels et d'endetter encore plus Etat et collectivités locales ?

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bx a écrit le 06/09/2012 à 09:06 :

Pas envie de la LGV Tours / Bordeaux non plus ! De toute manière, qui pourra la prendre une fois mise en service ? Je m'explique. Testé à l'instant : 170 euros par personne AR en 2nde en partant vendredi soir et en rentrant dimanche soir. On estime que le coût augmentera de 30% du jour au lendemain lorsque la section mise en concession (PPP) sera mise en service. Ajoutons un petit 10% d'ici la fin des travaux, l'AR coutera 243 euros par personne en 2nde. 8 milliards auront été dépensés, pour gagner 50 minutes de gagné (3h=>2h10). Tout ceci est économiquement absurde !

jeff a répondu le 07/09/2012 à 09:49:

Pensez aussi aux Basques et Toulousains pour qui un trajet de 5h30 c'est long, et pour qui 50 min de trajet en moins n'est pas du luxe. Cependant vous posez une bonne question: pourquoi dépenser des milliards pour construire des LGV et gagner quelques minutes sur les trajets alors que les voies secondaires en province et le RER parisien sont dans un sale état? Pourquoi ne pas privilégier la rénovation des lignes utilisées tous les jours par des millions de travailleurs?

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Etxekortia a écrit le 05/09/2012 à 20:14 :

S'il ya des problèmes dans le Pays Basque .. parce que personne ne reprend le Madrid -Paris pour le lien Pampelune Dax..étude sur le siècle dernier.

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Quejaimeàfaireconnaîtrecenombreutileauxsages a écrit le 05/09/2012 à 10:39 :

Le Pays basque ne voulant pas du TGV, pourquoi ne pas faire la ligne Bordeaux Toulouse avec une branche vers l'Espagne qui contournerait le Pays basque ? cela coûterait plus cher mais limiterait tant les manifestations que la traversée d'une région fortement peuplée et qui fera tout pour qu'il n'y ait pas de TGV, donc d'un coût au moins aussi élevé que les travaux de percement de tunnel.

ssb a répondu le 06/09/2012 à 14:17:

le pays basque veut le tgv, arrêtez d'écouter les minorités

lolo2105 a répondu le 14/09/2012 à 14:54:

le pays basque ne veut pas le tgv, arrêtez d'écouter les minorités

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oulairg31 a écrit le 05/09/2012 à 00:39 :

Après l'abandon du projet de 2éme aéroport, l'abandon de la LGV Bordeaux-Toulouse paraît impensable, alors que ce serait un excellent moyen pour désengorger l'aéroport avec un trafic de navettes sur Paris en baisse. Et l'arrivée dans la ville elle-même du train LGV. Si cela devait être, Messieurs et mesdames les élus de gauche de la région, mairie, conseil général, conseil régional, députés et sénateurs, il ne vous reste plus qu'à démissionner, pour montrer que ?vous en avez?. Je ne vois que cette solution. Mais encore une fois, l'abandon paraît inimaginable.

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Aria a écrit le 04/09/2012 à 23:11 :

Simple obstination de collectivités locales qui feraient mieux de remettre à plus tard de genre de projet pharaoniques que l'on ne peut pas se payer aussi facilement maintenant.

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par ilio le 17/09/2012 à 10:08

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