L'e-commerçant nantais Raviday se déploie à l'international

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« Nous sommes passés de 700.000 euros de chiffre d'affaires la première année, à 1,8 million d'euros en 2013, 2,3 millions en 2014, 4 millions en 2015. Le chiffre d'affaires devrait encore grimper à 5,5 millions d'euros cette année », indique Antoine Laschon.
« Nous sommes passés de 700.000 euros de chiffre d'affaires la première année, à 1,8 million d'euros en 2013, 2,3 millions en 2014, 4 millions en 2015. Le chiffre d'affaires devrait encore grimper à 5,5 millions d'euros cette année », indique Antoine Laschon. (Crédits : DR)
Encouragée par des croissances de 30% à 80%, la jeune plate forme de e-commerce nantaise Raviday.com vient de faire entrer au capital de l'entreprise le fondateur de Matériel.Net pour l'accompagner dans son développement à l'international. Ou quand un pionnier du e-commerce conseille un e-commerçant de la nouvelle génération.

On est ni dans la high-tech ni dans la R et D pure et dure... mais dans la commercialisation de matelas et de piscines gonflables ! Sur ce marché pour le moins atypique, la jeune entreprise nantaise Raviday.com a, en cinq ans, réussi à se hisser à la 71e place du Top 100 des sites de e-commerce dans le classement Ecommerce mag. Et ce, grâce à une stratégie de spécialisation qui a engendré des croissances de 30% à 80% par an.

« Nous sommes passés de 700.000 euros de chiffre d'affaires la première année, à 1,8 million d'euros en 2013, 2,3 millions en 2014, 4 millions en 2015. Le chiffre d'affaires devrait encore grimper à 5,5 millions d'euros cette année », indique Antoine Laschon, ex-ingénieur commercial pour le groupe d'informatique SQLI, qui a basculé dans l'entrepreneuriat pour fonder Raviday.com en 2010, à Nort-sur-Erdre, au nord-est de Nantes.

Un expert du e-commerce au capital

 « Je cherchais de nouveaux investisseurs qui soient partie prenante de l'entreprise et non un fonds d'investissement qui se contente mettre de l'argent sans apporter d'autres compétences», explique le jeune dirigeant nantais qui vient de faire entrer, à titre personnel, Jean-Philippe Fleury, fondateur du site de e-commerce Materiel.Net - récemment repris par LDLC - dans le capital de l'entreprise à hauteur de 20%.

« Pour briser la solitude du chef d'entreprise, m'enrichir de ses expériences, partager ma stratégie et pour m'accompagner dans le développement à l'international », ajoute Antoine Laschon.

Un sentiment que partage Jean-Philippe Fleury, et qui l'avait incité à s'adosser à LDLC, vingt ans après avoir créé la société de e-commerce Matériel.Net, dont il assure aujourd'hui la direction générale au sein de LDLC.

« Les générations de e-commerçants se succèdent.  Le secteur était autrefois dominé par des pures players. Les gros retailers ont fusionné et repris le pouvoir, mais on voit encore de petites boites qui émergent et partent à l'international. Alors , il est un temps où les pionniers du web et de l'e-commerce peuvent transmettre leur expérience et leur savoir-faire et investir dans les nouvelles générations pour éviter qu'elles commettent certaines erreurs et perdent du temps », indique Jean-Philippe Fleury.

« On parle beaucoup de French Tech et de nouvelles technologies avec des boites qui ne dégagent pas forcément de résultats et assez peu de commerce, or c'est là que ce crée de la valeur. Je me réjouis qu'une jeune entreprise est, sans soutien financier, créée une activité rentable et se développe à l'international », dit-il.

« C'est quoi ta valeur ajoutée ? »

Initialement lancée autour d'un d'un site dédié au matériel de camping, Raviday s'est très vite recentrés sur deux activités principales liées à l'équipement de la maison, du jardin et des loisirs,  à travers deux plateformes ; raviday-matelas.com et raviday-piscine.com. Le premier proposant surtout des matelas gonflables, le deuxième des spas. Ces deux familles de produits génèrent 80% de l'activité de l'entreprise. Le dénominateur commun ? Les bons moments.

« On vend énormément de matelas en été bien sûr, mais aussi pour les fêtes de fin d'année, lorsque l'on accueille de la famille ou que l'on a besoin de couchage supplémentaire dans une résidence secondaire », explique Antoine Laschon.

« Lorsque j'ai rencontré Jean-Philippe Fleury qui intervenait jusque là comme coach une ou deux fois par an, la première chose qu'il m'a demandé, c'était : c'est quoi ta valeur ajoutée par rapport aux grands non du e-commerce ? », se souvient le patron de Raviday.

De là, est née une vraie stratégie de spécialisation et services. Avec une sélection rigoureuse des produits moyen/ haut de gamme, des partenariats engagés au fil du temps avec certains fournisseurs comme l'américano-chinois Intex, Campingaz, Bestway... un important travail sur l'optimisation des coûts, la fidélisation de la clientèle et un habile positionnement prix.

« Nous ne sommes ni les plus chers ni les moins-disants. Mais on s'intéresse aux produits que l'on vend.  On teste tous nos produits pour prouver ce que l'on avance, on les maîtrise, si besoin, on fait des vidéos explicatives de montage, des tutoriels, et surtout, on propose sur notre blog un comparatif des produits en présentant les avantages. Ce qui nous permet de garantir nos certains produits trois ans au lieu de deux. Enfin, on a service téléphonique de SAV qui prend le temps de répondre à la clientèle en cas de soucis. On tient particulièrement à ses différencier des pousseurs de cartons... », souligne Antoine Laschon, qui déboulera sur les marchés italien et espagnol à partir de novembre prochain, avec un agent dans chaque pays, un site traduit dans chaque langue et des prestataires logistiques capables de livrer en 24 ou 48 heures.

De manière à  avoir des arguments à opposer à la concurrence.  Cette poussée à l'international vise aussi à montrer ses muscles face à aux sociétés étrangères qui lorgnent vers le territoire hexagonal.

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L'Europe du Sud d'abord

À Nort-sur-Erdre, l'entrepôt de la région nantaise expédie ainsi 80.000 colis par an.

« Très vite, si  les résultats sont au rendez-vous nous  créerons des entrepôts dans chaque pays », projette Antoine Laschon, qui envisage déjà de poursuivre son développement en Allemagne, au Pays Pays, en Suisse, en Belgique puis vraisemblablement en Grande-Bretagne, avec la même philosophie.

« Si l'on se réfère au chiffre d'affaires réalisé en France, et que l'on multiplie par le nombre de pays, le potentiel est énorme », reconnaît Jean-Phillippe Fleury. D'autant que déjà, l'entreprise (11 à 20 salariés) assurerait une franche rentabilité.

Jusqu'ici concentrée sur les matelas et les Spa, Raviday devrait raviver ses plateformes Raviday-barbecue et Raviday-camping jusque là laissées un peu de côté. Il n'exclut pas, aussi, d'aller vers de nouveaux marchés en émergence pour s'affirmer comme le champion européen des équipements de loisirs, du jardin et de la maison.

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