La Tribune

Management : Techné, l'entreprise qui rêve d'être copiée

Georges Fontaines, fondateur du groupe Techné, participera à un débat jeudi 25 avril à 18 heures à l'ESDES, à Lyon sur le thème : « Le bonheur en entreprise : une douce illusion ? »  © Entretiens avec les entrepreneurs
Georges Fontaines, fondateur du groupe Techné, participera à un débat jeudi 25 avril à 18 heures à l'ESDES, à Lyon sur le thème : « Le bonheur en entreprise : une douce illusion ? » © Entretiens avec les entrepreneurs
Audrey Henrion, à Lyon (Acteurs de l'économie)  |   -  587  mots
Le modèle d'organisation et de management de cette entreprise du Beaujolais qui fabrique des joints d'étanchéité et de la robinetterie industrielle repose sur trois principes, confiance, respect et information permanente. Et surtout sur un mode managérial atypique : le dirigeant doit sécuriser ses salariés et les faire rêver...

Faire le tri entre les multiples normes et critères, labels et autres chartes sensés définir une entreprise « socialement responsable» : tel est l'objectif d'un colloque parlementaire initié par la députée de Savoie Béatrice Santais (PS) et organisé mardi 23 avril à la Maison de la Chimie. Parmi les intervenants : Georges Fontaines, fondateur de Techné, prospère entreprise de 350 salariés, 35 millions d'euros de chiffre d'affaires. Le modèle de son entreprise, désormais confiée à sa fille Marie, reste unique en France et repose sur trois principes (confiance, respect et information permanente) et un mode managérial atypique : le dirigeant doit sécuriser et faire rêver.
Mais comment imaginer en quoi cette PME qui fabrique des joints d'étanchéité et de la robinetterie industrielle peut faire rêver ? Pour le comprendre, direction le siège de l'entreprise, à Morancé, au c?ur du Beaujolais (Rhône). Chez Georges et Marie Fontaines (enfin, chez leurs employés, car les murs de l'entreprise appartiennent aux salariés, via une SCI), l'équipe est en autogestion, travaille théoriquement 39 heures avec 22 jours de RTT, dont 11 imposés. Mais ici, personne ne compte vraiment son temps de travail : « On a loué deux fois une pointeuse, à la demande de quelques salariés ; et on les a rendues après 15 jours ». Les salariés de 14 nationalités différentes et de religion diverses (un lieu de prière a été aménagé pour deux d'entre eux) perçoivent, en plus du loyer pour la location des murs à leur entreprise, un intéressement, une participation, leur salaire étant composé d'un fixe à 80% et d'une part variable indexée sur les résultats du mois (20%).
Quel est donc le secret d'une telle réussite qui paraît, en plus, facile à mettre en ?uvre ? La transparence... qui rassure. Ici, chacun peut voir sur son écran d'ordinateur quelle est, en temps réel, la valeur du chiffre d'affaires de la journée, en le comparant à celui de l'année précédente, les prévisions de facturations et celles effectuées, l'encours financier, les traites en portefeuille, le carnet de commandes fermes, etc.

Trois objectifs précis à atteindre

Chaque lundi, un mail est envoyé à tous faisant état de la trésorerie mois par mois, comparativement aux deux années précédentes (car les salariés peuvent aussi choisir de réinvestir leur intéressement dans l'entreprise pour favoriser son développement). Tous ces indicateurs financiers sont également affichés à côté de la machine à café. Un consultant en intelligence économique ne s'en remettrait pas...
Pour encourager les économies, tous les graphiques de consommation d'électricité, d'eau, d'emballages, la production de déchets, mais aussi les retours clients pour non-conformité, etc., sont punaisés au mur. Les dix principaux cadres de l'entreprise se fixent eux-mêmes trois objectifs précis à atteindre dans l'année, et un smiley souriant (ou pas) délivre le verdict à la fin de chaque mois. « On encourage les nouveaux à ne pas viser trop haut la première année », sourit Georges Fontaines.

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Pour en savoir plus :
DEBAT JEUDI 25 AVRIL A 18 HEURES A LYON

Georges Fontaines participera aux côtés de Florence Servan-Schreiber, auteur de 3Kifs par jour (édition Marabout) et Hervé Lanouzière, directeur général de l'Anact (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail) à un débat jeudi 25 avril à 18 heures sur le thème : « Le bonheur en entreprise : une douce illusion ? » à l'ESDES, place Carnot 69002 Lyon.
Inscription ici : http://www.acteursdeleconomie.com/?mod=conference&var=70
 

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