SFR songe à chiper les droits de la F1 à Canal+

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Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice (SFR).
Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice (SFR). (Crédits : Reuters)
D’après des informations de presse, l’opérateur de Patrick Drahi souhaiterait enrichir son offre de contenus avec la Formule 1. Ce qui porterait un nouveau coup dur à la chaîne cryptée, qui voit son portefeuille de droits sportifs se réduire mois après mois.

La guerre des contenus entre SFR et Canal+ se poursuit. D'après le site Puremedias.com, l'opérateur de Patrick Drahi souhaiterait chaparder les droits de la Formule 1 à la chaîne cryptée. Sachant que celle-ci les détient jusqu'à fin 2017, après avoir exercé une option pour deux années supplémentaires.

« Les discussions ont déjà démarré. Patrick Drahi est prêt à mettre bien plus que Canal+, assure 'un fin connaisseur du dossier' au site de médias. Prendre la Formule 1 sur ses antennes, c'est l'assurance de voir 300.000 ou 400.000 irréductibles de ce sport s'abonner. »

Jusqu'à présent, Canal+ débourse 30 millions d'euros par an pour ces droits. Or le groupe de Patrick Drahi a déjà montré qu'il était prêt à signer de gros chèques pour arriver à ses fins. A titre d'exemple, en 2015, il a frappé un grand coup en chipant à Canal+ les droits de la Premier League, le championnat de foot anglais, pour 100 millions d'euros par an sur la période 2016-2019. A comparer avec les 62 millions d'euros que dépensait jusqu'alors la chaîne de Vincent Bolloré.

Une pression toujours plus forte

Si Canal+ devait perdre la F1, cela commencerait à faire beaucoup. Depuis des mois, la chaîne cryptée essuie une concurrence de plus en plus féroce de SFR dans les contenus sportifs, la télévision et le cinéma. Début décembre, l'opérateur au carré rouge a soufflé l'exclusivité des chaînes Discovery et NBCUniversal (13ème rue, Syfy, E!) à son rival, tout en annonçant une offre à venir de télévision par satellite. En parallèle, le groupe de Patrick Drahi cherche à développer et produire des contenus maisons, en mettant l'accent sur les séries.

Dans ce climat concurrentiel, même si Patrick Drahi ne remporte finalement pas la F1, il a tout de même tout à gagner à participer à l'appel d'offres. Ne serait-ce que pour forcer Canal+ à mettre le plus d'argent possible sur la table, à l'heure où ce dernier, en difficulté, se serre la ceinture.

Quid de la L1 et de la Ligue des Champions ?

Excepté la Premier League, SFR s'est jusqu'à présent positionné sur de nombreux sports mineurs (athlétisme, rugby anglais, etc...). Désormais, tous les regards se tournent vers des contenus bien plus stratégiques : la Ligue 1 et la Ligue des Champions. Si SFR devait rafler une partie de ces droits, cela pourrait lui permettre de changer de dimension. Et pourquoi pas de donner un grand coup d'accélérateur à la stratégie de « convergence » entre les médias et les télécoms chère à Patrick Drahi. Lequel mise sur les contenus pour doper les ventes de forfaits 4G et autres abonnements Internet fixe.

Côté Ligue 1, Canal+ a sécurisé les meilleurs affiches jusqu'en 2020. Mais qu'en sera-t-il lors du prochain appel d'offres ? La L1 semble dans tous les cas aiguiser l'appétit de SFR. L'an dernier, comme l'a révélé L'Equipe, l'opérateur était même prêt à débourser 45 millions d'euros sur trois ans pour décrocher le naming du championnat français. Avant que la Ligue de football professionnel (LFP) ne mette son veto. Du côté de prestigieuse Ligue des Champions, l'appel d'offre pour la période 2018-2021 se déroulera cette année. Et ici aussi, SFR pourrait très bien damer le pion à Canal+ et BeIn Sport.

Orange, un nouvel allié pour Canal+ ?

Face à ces échéances, l'arrivée chez SFR en fin d'année dernière de Bertrand Meheut, ex-chef de file emblématique de Canal+, apparaît comme un renfort de choix. Catapulté vice-président du conseil d'administration, celui-ci connaît le monde des droits sportifs sur le bout des doigts. Devant cette menace, Canal+, qui a échoué à s'allier avec BeIn Sport en juin dernier, pourrait bien chercher de nouveaux partenaires. Aujourd'hui, tous les regards se tournent vers Orange. Il faut dire que son PDG, Stéphane Richard, affirme de plus en plus fort son intérêt pour la chaîne de Vincent Bolloré.

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Commentaires
a écrit le 12/01/2017 à 11:48 :
SFR = A vendre dans 2 ans

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