La Tribune

Y’a-t-il une bulle immobilière au Royaume-Uni ?

Mathias Thépot  |   -  428  mots
Plusieurs indicateurs constatent une hausse importante des prêts immobiliers octroyés en Angleterre, ce qui tire les prix vers le haut. Les mesures de soutien de l'économie prises récemment par le gouvernement anglais n'y sont pas étrangères.

Y'aurait-il une bulle immobilière menaçante au Royaume-Uni ? Certains experts le craignent au regard des chiffres publiés ce mardi par l'organisme spécialisé dans l'immobilier Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS). Il anticipe une hausse des prix de l'immobilier à venir d'une ampleur jamais vue depuis 2006, selon le quotidien les Echos. Ce dernier  ajoute que le nombre de ménages se renseignant pour acheter une maison a pour sa part connu sa plus forte hausse en 4 ans. Enfin, selon le spécialiste en crédit immobilier Halifax, le prix des logements au Royaume-Uni a bondi de 4,6 % en juillet, soit la plus forte hausse depuis 3 ans.

Deux plans de soutien aux emprunteurs

Tous ces chiffres s'expliquent en grande partie par deux mesures prises par Londres ces derniers mois. En juillet 2012, le gouvernement anglais a lancé un plan de soutien au financement de l'économie dans son ensemble nommé "Funding for lending" par le biais de la Banque d'Angleterre. Il permet notamment aux ménages souhaitant acheter de bénéficier d'un prêt à taux zéro de 20% maximum de la valeur du bien, sous condition d'un apport minimum de 5%.
En mars 2013, le gouvernement anglais a ensuite annoncé son plan "Help to buy" destiné à garantir des prêts aux primo-accédants, et ciblant spécifiquement le marché immobilier en deçà de 600.000 livres (700.000 euros), dans l'immobilier neuf, et quelques mois plus tard dans l'ancien.
En parallèle, le niveau des taux d'intérêt des crédits immobiliers a baissé jusqu'à 2.90% en mai, contre 3,25% en octobre dernier.

Les prêts immobiliers sont en forte hausse

Résultat, les prêts immobiliers sont en forte hausse. Ils ont cru en mai de 19,7% à 58.242 unités, selon une étude de Standard & Poor's datant du 25 juillet. L'agence tempère cependant ces données en indiquant que le nombre de prêts accordés atteint "à peine la moitié de ce qui a été constaté en 2006-2007".

L'agence de notation voit tout de même la hausse des prix prospérer outre-manche, du fait de la faiblesse de l'offre et du fort soutien à la demande. S&P a ainsi rehaussé ses prévisions de prix pour 2013 et 2014 : "Nous nous attendons maintenant à ce que les prix augmentent de 2,5% cette année et de 2,0% en 2014, alors que nous prévoyions des hausses de respectivement 1,5% et 1,0% dans nos prévisions publiées au deuxième trimestre", indiquait l'agence le 25 juillet dernier. Elle a ajouté que les prix de l'immobilier étaient surévalués de 25% outre-manche. La bulle y est peut-être plus proche qu'on ne le pense...

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Commentaires

Clok  a écrit le 17/08/2013 à 8:27 :

Ils ont décidés d'aller jusqu?au bout de la bulle.

SergentGarcia  a écrit le 16/08/2013 à 12:22 :

D'apres les commentaires, beaucoup vivent dans le deni de realite.

bubulle  a écrit le 15/08/2013 à 22:11 :

en tout cas, il y a une belle grosse bubulle immo en France qui ne demande qu'une étincelle pour éclater (un petit krack obligataire par ex, OAT à 2,41 aujourd'hui..)

Malino  a répondu le 16/08/2013 à 8:41:

J'ai déjà anticipé. L'éclatement de la bubulle c'est pour après-demain et j'ai donc pris rendez- vous avec mon proprio lundi pour qu'il me cède l'appart à situé à Saint-sulpice à titre gracieux! Grâce à des oracles comme vous, quelle affaire je vais faire!!!!

Camera  a écrit le 15/08/2013 à 22:02 :

Le contrôle fiscal par caméra thermique pour surtaxer et virer les occupants de logements dit de fortune pousse la demande. Mais, les intéressés sont peu solvables. Donc, on crée des subprimes si juteux pour d'autres.

Anti papy boomers  a écrit le 15/08/2013 à 17:03 :

La sauce anglaise ( vieille recette).

Le Cameron n ayant pas réussi à faire repartir la machine économique anglaise il reprend les mêmes ingrédients foireux :

Faire tourner la planche à billet avec le quanti british
Soutenir le secteur immo a coup de subventions
Baisse des impôts aux riches et très riches

Bref du bon nullo libéral

Patrickb  a écrit le 15/08/2013 à 15:53 :

Il y a bulle immobilière dans tous les pays occidentaux. Une société de conommation sans consommateurs ne peut perdurer. A quand la chute ? Je ne suis pas madame Soleil, mais elle est à l'ordre du jour :-)

Tahi  a répondu le 16/08/2013 à 13:49:

Apparemment, l'Allemagne résiste assez bien jusqu'ici à la flambée des prix immobiliers, mais jusqu'à quand?

Bravo  a écrit le 15/08/2013 à 14:05 :

L'angleterre prend exemple sur l'Espagne et sur les subprimes, c'est un super moyen de gonfler l'économie pendant 2 ou 3 ans, se faire réélire, puis démolir l'économie et le système bancaire dans un beau feu d'artifice.

ILCAVALIERE  a écrit le 15/08/2013 à 13:44 :

Les Britanniques veulent imiter les Français, c'est à dire gagner des centaines de milliers d'euros avec l'immobilier, c'est ainsi qu'ils vont relancer la consommation.

Le Keradec  a répondu le 15/08/2013 à 20:05:

Ils vont relancer la cavalerie bancaire , oui !!!

Bernier  a écrit le 15/08/2013 à 13:03 :

En France, y a pas de bulles immo, pas de bulle de la dette. Non, pas de ca, chez nous !

Pitcho  a répondu le 15/08/2013 à 15:59:

Les conditions d'octroi de crédit immobilier en France sont tellement draconiens qu'ils empêchent justement, la création d'une bulle. Le marché se régule et fluctue par cycles de l'offre et de la demande et surtout en fonction d'un élément basique non artificiel à savoir la solvabilité des ménages. Cela fait 20 ans que l'on parle de bulle... et on en parlera encore dans 20 ans.

@Pitcho  a répondu le 15/08/2013 à 16:27:

Regardez l'augmentation des prix de l'immobilier en IdF, a Paris en particulier. Et voyez de combien votre salaire/pouvoir d'achat a augmente. Et vous me copierez 10 fois, le definition economique d'une bulle.

Pitcho  a répondu le 15/08/2013 à 16:57:

@pitcho: les prix ont augmenté jusqu'à ce que la solvabilité des ménages ne puissent plus suivre. Ils vont redescendre naturellement jusqu'à ce que l'équilibre soit retrouvé. Les banques, par leur prudence, n'ont pas alimenté ce cercle infernal. Nous ne sommes pas en présence d'une bulle dans le sens ou une baisse (normale) de 10% des prix de l'immobilier suffira à ramener de nombreux acheteurs dans les agences, particulièrement si la reprise (même timide), se confirme. Une bulle qui éclate c'est, comme en Floride ou en Espagne (subprimes et/ou construction liée à la spéculation sans demande), des pays où vous pouvez vous payer une villa les pieds dans l'eau pour maintenant 150 000 euros. Vous pouvez toujours attendre devant les agences de Fréjus ou saint-cyp, j'ai bien peur que des toiles d'araignées ne vous recouvre avant l'explosion de votre fameuse "bulle"...

@Pitcho  a répondu le 16/08/2013 à 1:48:

"Nous ne sommes pas en présence d'une bulle dans le sens ou une baisse (normale) de 10% des prix de l'immobilier suffira à ramener de nombreux acheteurs dans les agences" : Doux rêveur : Les primo-accédants ont été éjecté il y a plus de 10%... Maintenant que les acheteurs/vendeurs n'alimentent plus autant la hausse des prix avec leurs plus-values toujours croissante, il faut vous attendre à une chute permettant aux primo-accédants de revenir sur le marché. Sachant que les artifices leurs permettant de payer plus cher (PTZ) disparaissent : La fête va prendre fin. Quand à la villa avec les pieds dans la mer, c'est le cadet de nos soucis et nous laisserons ces braves retraités s'entre-déchirer pour les acheter.

Pitcho  a répondu le 16/08/2013 à 7:36:

@pitcho: l'exemple de la villa les pieds dans l'eau n'est là que pour vous expliquer que même si nous sommes en période baissière (l'immobilier comme beaucoup d'autres placements obéit à des cycles), nous ne sommes pas dans un contexte d'effondrement. Les volumes des ventes ont légèrement augmenté depuis début 2013 et le marché n'est absolument pas bloqué (comme certains peuvent le prétendre en espérant une baisse brutale) puisque le nombre de transactions dans l'ancien au plus fort de la crise (notaires 2012) s'est établi à 665 000 unités. Quant au fait de pouvoir ou non effectuer une plus-value, c'est l'apanage de l'investisseur mais pas du français en général, qui cherche avant tout à ne plus avoir de loyer à verser à perte et se constituer un patrimoine physique. De toute façon il s'agit d'une discussion stérile puisque c'est un débat qui existe maintenant depuis 10 ans. La "bulle", c'est un peu comme le Yéti, tout le monde en parle, depuis longtemps, mais personne ne l'a jamais vue. On en reparle dans 10 ans...

Dondiegodelavega  a répondu le 16/08/2013 à 8:11:

Moi je dis qu'il y a une bulle!! C'est à la mode, ça mange pas de pain, et surtout ça me rassure quand je calcule qu'avec mes 17 ans de locataire, j'ai donné l'équivalent du prix de mon appart à mon proprio, qui m'adore d'ailleurs. Mais j'ai pas tout perdu! He!He! Il me doit mes deux mois de caution!!

@Dondiegodelavega et @Pitcho  a répondu le 16/08/2013 à 13:37:

"quand je calcule qu'avec mes 17 ans de locataire, j'ai donné l'équivalent du prix de mon appart à mon proprio" : Moins pour payer le prix en 2000. Moquez vous bien l'ami, vous feriez face à des prix ayant doublé, je doute que vous jubileriez en limitant la casse. Quand au débat qui existe depuis dix ans, il aurait du prendre fin en 2008. Seulement, afin de protéger les gains des enrichis sans cause de l'immobilier, notre belle droite à dopée la demande avec l'argent de tous (PTZ, Scellier, etc.). Maintenant que les vannes sont coupées : Rêvez bien mes braves!

Pitcho  a répondu le 16/08/2013 à 14:20:

Mince, d'après certain c'est encore pire que l'Espagne et les US réunis. Mais...

".ANALYSE du MARCHE IMMOBILIER - JUILLET 2013
Le marché de l?ancien

En prix
Selon l?indice Notaires-INSEE, les prix des logements anciens ont augmenté de 0,2% au premier trimestre 2013 en France par rapport au trimestre précédent, selon les données provisoires corrigées des variations saisonnières (CVS). "
cf statistiques nationales des chambres notariales. Bon, la fin du monde, le grand soir, l'apocalypse ne semble pas se profiler. Pas bon d'écouter les gourous...

@@@  a répondu le 16/08/2013 à 14:20:

Bulle pas bulle, nous n'en savons rien... Il y a bien des besoins structurels de nature à soutenir le marché immo en france. Cela étant dit les facteurs de fixation des prix demeurent bien incertains et souvent volatils. Les incitations étatiques soutiennent traditionnelement la demande, mais que va t'il en advenir face à une classe politique schizophrène tourmentée entre economie budgétaire et exigences électorales dans un pays où 60% des foyers sont propriétaires. La dynamique de taux bas a aussi entrainé une revalorisation des prix (et favorise le maintien de l'action publique). A cet égard, vous trouvez autant d'éléments objectifs soutenant une dynamique haussière que baissière. Enfin, l'evolution de la solvabilité de la demande? Ca tient a peu près, ca reprend doucement, ca baisse, ca repart, on est sauvé par la reprise US, on va mourir a cause des chinois, le bresil achete nos avions, le bresil exporte ses avions... Bref on en sait rien!

@Pitcho  a répondu le 18/08/2013 à 3:18:

Si vous commenciez par arrêter de vous nourrir aux statistiques globales sur un marché qui se joue entre la ville et le quartier? L'immobilier n'est pas sur-évalué partout en France et il demeure intéressant d'acheter là où on peut acheter un bien moyen avec le revenu moyen local. Là où les prix sont délirants (Paris, PACA, etc.) : Ça ne baisse pas peut-être? Quand 70% des habitants d'une ville n'ont pas les moyens de racheter votre bien au même prix si vous devez partir ou trouver plus grand, je maintiens que c'est pure folie d'en prendre pour 15 ans. Le risque de moins values, ça ne concerne pas uniquement les investisseurs, mais tous ceux qui ne sont pas assuré de couler une carrière ou une retraite paisible au même endroit. Il faut savoir prendre des risques il parait : Bien on va prendre le risque de mettre des loyers dans le vent! Pourquoi? 1) Parce-qu'on habite là où les 30% des meilleurs salaires d'une ville ne peuvent pas acheter un trois pièces, qu'on commence à voir les prix tomber et qu'on sait que la baisse entraînera la baisse tout autant que la hausse s'est auto-alimentée (on achète 80 000 euros, on revend 200 000 euros et par magie, on peut payer 200 000 euros sans avoir des salaires qui l'aurait permis!). 2) Si on se plante en jouant à la baisse, on maîtrise les pertes. En achetant, on ne peut pas exclure l'hypothèse d'un 30% de perte sur le prix d'achat. 3) On se consolera avec un gros apport et on pourra plus facilement se barrer avec un CV plus garni qu'à notre arrivée.

Le paysan  a écrit le 15/08/2013 à 8:55 :

Hé hé les banques vont se retrouver dans peu à la tete d un patrimoine immobilier colossal, comme elle ne voudront pas l entretenir des squatters s en occuperont . Beaux jours en perspectives et les francais qui y vivent , très bien soi disant y restent , il faudra se montrer conséquent le moment venu , ou alors faire savoir qu ils se sont trompés sur le modèle de société .

shocking  a écrit le 14/08/2013 à 23:55 :

L'irresponsabilité des gouvernants anglais est incroyable, mais dans un pays qui se dope aux bulles cela n'est guère étonnant. Et les anglais ont l'impression de s'enrichir sans rien faire, de quoi faire augmenter les prix dans le Sud-Ouest quand ils viendront s'installer en France. Une retraite plus ensoleillée avec une couverture médicale à la française.

tes  a répondu le 15/08/2013 à 13:24:

te