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Retraite : "en tant que dirigeant d'entreprise, quel statut dois-je choisir pour optimiser ma retraite ?"

Latribune.fr, en collaboration avec Optimaretraite  |   -  481  mots
Chaque mois, LaTribune.fr soumet un cas sur la retraite à notre expert, Marc Darnault d'Optimaretraite. Il répond au problème de manière concrète et donne ses préconisations.

Le cas :

Monsieur C. est gérant égalitaire d'une SARL. A ce titre il est affilié au régime général et est donc salarié cadre. Son salaire annuel brut est de 110.000 ?, soit 88 000 ? net.

Il a l'occasion de racheter des parts sociales à son associé. Dans ce cas, il deviendra gérant majoritaire et donc travailleur non salarié affilié au RSI (commerçant).

A 50 ans, marié avec encore un enfant à charge, il ne veut surtout pas que ce changement puisse avoir un impact négatif sur sa rémunération et sur sa protection sociale, notamment sur sa retraite.

L'analyse de l'expert :

Il dispose d'une mutuelle et d'un contrat de prévoyance mis en place au sein de son entreprise et, s'il poursuit avec le même salaire jusqu'à son départ à la retraite à 65 ans, il générera 22.125 ? de droits annuels supplémentaires à la retraite (CNAV, Arrco et Agirc).

Compte tenu de son salaire, Monsieur C. représente un coût annuel de 154.500 ? pour son entreprise.

A budget équivalent, Monsieur C. pourrait prétendre, en tant que gérant majoritaire affilié au RSI, à une rémunération nette après impôt de 95.777 ?, soit 21 607 ? de plus que dans sa situation actuelle.

Par contre, d'une part, ses garanties prévoyance et santé seront inférieures à celles dont il bénéficie actuellement, d'autre part, son revenu net de gérant majoritaire ne lui permettra de générer, d'ici ses 65 ans, que 12 376 ? de droits annuels supplémentaires à la retraite, soit une perte de droits de 9 749 ? par an.

Le conseil de l'expert :

Monsieur C. peut tout à fait souscrire des contrats de prévoyance et de santé « Loi Madelin » auprès de son assureur. Un appel d'offres permet de définir le coût total de ceux-ci à 3 700 ? par an pour des prestations similaires à celles dont il bénéficie en tant que salarié.

La perte de retraite peut également être compensée par un régime supplémentaire « Loi Madelin ». Sur la base d'une rémunération nette de l'épargne de 4% par an et selon les tables de mortalité en vigueur à ce jour, le montant de la cotisation serait de 9.500 ? par an.

Ainsi, de nouveaux calculs démontrent que si Monsieur C. devient gérant majoritaire et s'il souscrit ces régimes facultatifs afin de reconstituer sa protection sociale à l'identique, il gagnera encore 11.793 ? net après impôt de plus qu'avec son statut actuel.

Le bilan :

Monsieur C. va choisir de racheter ses parts sociales. Il va donc changer de statut et souscrire des contrats de prévoyance, de santé et de retraite dans le cadre de la loi Madelin afin de conserver une protection sociale (prévoyance, santé et retraite) similaire à celle dont il bénéficie en tant que salarié.
A budget équivalent pour l'entreprise, il lui restera, après impôt, 85 963 ?, soit 15,9 % de plus que dans sa situation actuelle.

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