Assurance chômage : les réactions

 |   |  641  mots
Pour le ministre du Travail Michel Sapin, l’accord obtenu permettra d'assurer, pour les deux prochaines années, la pérennité d'un régime qui joue un rôle majeur pour notre cohésion sociale
Pour le ministre du Travail Michel Sapin, l’accord obtenu "permettra d'assurer, pour les deux prochaines années, la pérennité d'un régime qui joue un rôle majeur pour notre cohésion sociale" (Crédits : Reuters/Thomas Samson)
L’accord sur de nouvelles règles d'indemnisation pour 2,2 millions de chômeurs entérinée cette nuit par les partenaires sociaux provoque des réactions mesurées.

A l'issue d'une négociation marathon achevée dans la nuit de vendredi à samedi, les partenaires sociaux sont difficilement parvenus à un accord sur de nouvelles règles d'indemnisation pour 2,2 millions de chômeurs, qui instaure dès le 1er juillet un système de "droits rechargeables" mais, pour dégager des économies, durcit aussi le régime des cadres, des seniors et des intermittents. C'est pourquoi les réactions des parties prenantes à l'accord sont mesurées

Le régime pérennisé deux ans

Prudent, le ministre du Travail, Michel Sapin, a déclaré que l'accord obtenu "permettra d'assurer, pour les deux prochaines années, la pérennité d'un régime qui joue un rôle majeur pour notre cohésion sociale". Malgré un "contexte défavorable", a-t-il relevé dans un communiqué.
Cet accord "va renforcer la sécurisation de l'emploi avec la mise en oeuvre des droits rechargeables", permettant à tous les demandeurs d'emploi d'accumuler les droits à indemnisation chaque fois qu'ils retravaillent, alors qu'ils en perdaient auparavant une partie. "L'indemnisation des salariés précaires qui alternent emploi et chômage s'en trouvera améliorée, comme l'encouragement à la reprise d'un emploi", a-t-il noté.

Une "négociation croquignolesque"

Stéphane Lardy de FO s'est pour sa part montré satisfait qu'"entre 250 et 300.000 personnes vont ainsi voir leur durée d'indemnisation allongée". Même si "on a évité le pire" après cette "négociation croquignolesque", a-t-il estimé, soulignant que les syndicats avaient obtenu le maintien des régimes spécifiques des intermittents du spectacle et des intérimaires, dont le patronat (Medef, CGPME, UPA) demandait la tête.

Les droits rechargeables "toucheront potentiellement des millions de gens" et "permettront de mieux prendre en compte la précarisation du marché du travail", s'est quant à elle félicitée Véronique Descacq, de la CFDT.

Yves Razzoli, de la CFTC, trouve son côté le "texte relativement équilibré", "raisonnable et raisonné". "L'effort demandé aux chômeurs est acceptable, car il est compensé par d'autres mesures, comme les droits rechargeables", assure-t-il.

"Une premier pas" pour le Medef

Cette nouvelle convention prévoit 400 millions d'euros d'économies, autant d'efforts demandés aux demandeurs d'emploi indemnisés car le patronat a obtenu que les cotisations des entreprises restent inchangées.
Pour le Medef, qui a tout de même été obligé de revoir à la baisse ses velléités d'économies, "il ne s'agit que d'un premier pas vers une réforme encore à construire" pour "permettre un retour à l'équilibre du régime".

La CGT vent debout contre le projet

Eric Aubin, de la CGT, ne voit a contrario dans cet accord que "des sacrifices ou des reculs pour les demandeurs d'emploi", "aboutissement de discussions de couloirs auquel le ministère a participé". Il a prévu que la "mobilisation continuerait".
La CGT n'est pas satisfaite de la façon dont a été simplifié le système d'"activité réduite", qui permet à plus d'un million de chômeurs de cumuler petits boulots et allocations. Jugé trop complexe, ce dispositif génère actuellement beaucoup de "trop perçus" que les chômeurs doivent ensuite rembourser. Selon le syndicat, le nouveau système ferait surtout des perdants chez les demandeurs d'emploi, qui toucheraient des allocations inférieures à celles perçues avec le dispositif actuel.

"Le Medef a atteint son objectif, toutes les économies ont été faites sur les demandeurs d'emplois", notamment les cadres, a également déploré Frank Mikula, de la CFE-CGC.

Le texte présenté par le patronat a recueilli un premier avis positif de trois syndicats (CFDT, FO, CFTC). La CGT et la CFE-CGC s'y sont opposés.

Les partenaires sociaux n'ont en revanche pas touché aux grandes règles de l'assurance chômage: ouverture de droits à partir de 4 mois de travail, indemnisation selon la règle du "un jour travaillé, un jour indemnisé".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/03/2014 à 13:30 :
toutes ces mesures sont prises de façon totalement démagogiques et dans un objectif de pur clientélisme. qui plus est ceux qui les proposent et les votent sont à plus de 80% déconnectés du salariat privé car issus de la fonction publique, professionnels de la politique ...et ne sont pas concernés par ces réformes !
a écrit le 24/03/2014 à 20:18 :
Un régime qui radie les chômeurs et monte les impôts locaux contre la volonté générale, est un système d'oppression. On y fait aussi du social vers le bas et du chômage vers le haut! On y pratique de façon systématique, la discrimination aux jeunes et on a un Etat arbitraire et injuste alors qu'on tire sur la population, comme le QF alors que les riches s'évadent. C'est du bon mensonge!
a écrit le 24/03/2014 à 16:55 :
ce qui m etonne le plus beaucoup de gens sont insatisfait mais tout le monde vote pour ce gouvernement qui n arrete^pas de taper sur tout le monde du moins sur les moins riches alors arretez de pleurer !!!!
a écrit le 24/03/2014 à 12:47 :
Bureaucrateland produit du chômage et du social non appliqué, c'est une escroquerie au citoyen!
a écrit le 23/03/2014 à 19:41 :
Pas de chomage pour madameSapin qui se paye des vacances sur l'ile Maurice dans un hotel a 2000 euros la nuit
a écrit le 23/03/2014 à 9:53 :
quel accord bidon 400 millions d'économies seulement mais conservation des privileges de intermittents ,des ruptures conventionnelles qui ne sont qu'une chasse aux subventions rien sur les chomeurs pro
a écrit le 23/03/2014 à 9:35 :
Le secteur privé est taillable et corvéable à merci, les autres non;l'exception culturelle française est un scandale et coutera très cher aux malheureux qui triment dans le privé:il faut vraiment de l'abnégation pour rester en France pour les jeunes et pour lancer une entreprise!
a écrit le 22/03/2014 à 22:37 :
Les cadres sont les grands perdants de ce simulacre de négociations mais aucun journaliste (profession votant à 90/ à gauche) n en parle. Ils préfèrent parler de ces povrrs intermitants du spectacles !!! Je vais tout faire pour quitter ce pays qui privilégier les branleurs plutôt que les gens qui travaillent.
Réponse de le 23/03/2014 à 17:03 :
Tout à fait d'accord. Les cadres sont juste bon à payer des cotisations dites assurentielles mais ne peuvent plus en espérer en avoir le retour en cas de nécessité. Une nouvelle spoliation qui comme vous le souligner ne semble choquer personne.
a écrit le 22/03/2014 à 18:58 :
@Free34 "Les économies se sont donc bien faîtes sur le dos des chômeurs....." C'est le genre de phrase qui me fait bondir. Nous avons un système ultra généreux (réveillez vous !), on paie des gens qui ne travaillent pas... et vous venez dire qu'on ne les paie pas assez ?!? Non mais dans quel monde sommes nous allés là ? C'est comme un affamé à qui ont donne un peu à manger, par solidarité, et qui gueule "c'est tout ? mais j'ai encore faim moi !" > Et bien débrouille toi alors si ça ne te va pas ! (hallucinant...)
a écrit le 22/03/2014 à 18:33 :
Vous omettez de dire que le taux de base servant au calcul des indemnités des chômeurs a été ramené de 57.4% à 57%. Les économies se sont donc bien faîtes sur le dos des chômeurs.....
a écrit le 22/03/2014 à 18:05 :
Pour rétablir tout les comptes sociaux rien de vaut le prélèvement proportionnel et des indemnités forfaitaires.
a écrit le 22/03/2014 à 16:25 :
Cette loi me rappelle, celle des grosses boites dans les années 80, elles se sont mises à payer intégrales les jours de maladie 45 jrs voir 90jrs par an. Les gens venaient demander combien de jours ils leurs restaient à prendre. Ils prenaient ça comme des jrs de vacances. Bénéfice depuis la sécu est dans le trou.
a écrit le 22/03/2014 à 16:08 :
Magnifique! Tant d'énergie, de négociations et de prises de bec pour aboutir à si peu. La méthode Hollande a décidément du plomb dans l'aile. Nous sommes bien loin de ce dont la France a besoin.
Réponse de le 22/03/2014 à 18:03 :
Peut-être mais c'est la premier avancée depuis dix ans dans ce domaine.
Alors on peut toujours continuer a râler que c'est insuffisant mais on peut aussi se féliciter que, pour la première dois depuis longtemps, des syndicats se sont assis autour d'une table pour négocier des économies.
Réponse de le 23/03/2014 à 10:43 :
Oui les syndicats se mis autour d'une table mais comme il ne représentent rien alors on a compris. Le MÉDEF tout pour leurs pommes et la palanquée des autres syndicats c'est pour améliorer leur sort personnel, ces représentants se déplacent avec une voiture de fonction avec chauffeur, c'est tout dire. C'est encore la minorité de nantie qui dirige les vrais travailleurs. Seule la rue essayera d'améliorer un peu les choses tout le reste c'est du vent, c'est bou pour les naïfs.
Réponse de le 23/03/2014 à 11:23 :
400 millions d'euros est une somme ridicule comparée au enjeux auxquels est confrontée la France en termes de déficits. Les symboles ne sont plus suffisants. Cette réforme est totalement esthétique.
a écrit le 22/03/2014 à 15:21 :
Sapin!
Lui c physique, il m'agace...
Il m'énerve autant que sego, copé, Morano, taubira et autres Mosco.
Bref, tous ces politiques cumulards et clientéliste me révulse.
Je suis dégouté!
Réponse de le 22/03/2014 à 17:46 :
Et bien, lance-toi c'est le moment d'y aller !
Le "tous pourris" n'est en rien constructif.
Réponse de le 23/03/2014 à 10:44 :
Tous pourris c'est vrai et ça soulage. Tu trouves qu'ils sont bons tu dois profiter du système.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :