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ÉconomieFrance

Manuel Valls peut remercier Pierre Gattaz (Medef)

Photo de Jean-Christophe Chanut

Jean-Christophe Chanut

Publié le 16 septembre 2014 à 14:33 - Mis à jour le 22 décembre 2014 à 15:35

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Manuel Valls a obtenu la confiance de l'Assemblée nationale, avec 269 voix. Dans son discours de politique générale, il avait réfuté toutes les récentes propositions du Medef pour alléger le code du travail. Affirmant que "réformer ce n'est pas casser" De quoi rassurer sur son aile gauche.

Merci Pierre Gattaz. Manuel Valls peut en effet remercier le président du Medef (ou d'autres membres de l'organisation patronale ) d'avoir laissé « fuiter » ces propositions pour simplifier le code du travail. Ainsi, Manuel Valls, a eu tout le loisir de se positionner en défenseur du modèle social français dans son discours de politique général. Il a ainsi pu à peu de frais rassurer les « frondeurs » du PS sur ses intentions. Il a obtenu finalement 269 voix, alors que la majorité était de 257. 31 députés frondeurs se sont abstenus, de même que les écologistes (52 abstentions au total). En avril, ce sont 306 députés qui avaient voté la confiance au nouveau premier ministre.

Tacler les propositions du Medef

Dans cette partie de son discours à destination de l'aile gauche de son parti il a ainsi affirmé que « réformer ce n'est pas régresser ». Ainsi, pas question pour lui de remettre en cause les 35 heures, la durée légale du travail ; de réduire le Smic, de supprimer le CDI ou de casser « notre modèle social »... Autant de réponses aux « récentes » - en fait très anciennes - propositions du Medef. Certes, Manuel Valls a sans doute « oublié » qu'il y a quelques années, il avait déclenché un beau tollé au sein du PS en osant s'attaquer au tabou des 35 heures. Martine Aubry, alors Première secrétaire du PS, l'avait remis à sa place. Mais les temps ont changé et l'important pour Manuel Valls est maintenant d'obtenir un vote de confiance le plus large possible.

Il s'y est également employé en refusant de laisser dire que son gouvernement menait une politique d'austérité. D'où l'annonce de son geste sur la revalorisation du Minimum Vieillesse à 800 euros, d'où sa décision de verser « une prime exceptionnelle » aux pensionnaires de retraites inférieures à 1.200 euros. D'où aussi son rappel du lancement du plan de lutte contre la pauvreté, de la revalorisation de l'allocation de rentrée scolaire ou de la création des emplois jeunes. D'où enfin et surtout, son annonce que six millions de ménages connaitraient un allègement d'impôt en 2015

Dans le même ordre d'idées, le Premier ministre s'est attaché à montrer que son gouvernement avait aussi pour but « la lutte contre les inégalités », entre les hommes et les femmes, dans la vie scolaire, etc.

Décidément les « sorties » de Pierre Gattaz voulant changer le modèle social français ont bien aidé le premier ministre à « séduire sa gauche ».

Confirmation du rythme de réduction des dépenses publiques

Car, pour le reste, Manuel Valls a été fidèle à lui-même et à sa politique : confirmation du pacte de responsabilité et des 41 milliards d'allègements de prélèvements accordés sur trois ans aux entreprises ; confirmation qu'il y aurait bien 50 milliards d'économies dans les dépenses sur trois ans dont 21 milliards d'euros dès 2015... L'une des pommes de discorde avec les « fondeurs ». Astucieusement, sur ce terrain mouvant, Manuel Valls a une fois encore cherché à démontrer qu'il restait modéré dans ses objectifs d'économies dans les dépenses publiques. Car, si lui table sur 50 milliards d'euros, il a rappelé que l'UMP, elle, avançait... un montant de 150 milliards d'euros « avec combien de suppressions de postes à la clé ».

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Confirmation enfin  de la remise en cause de la loi Duflot sur l'encadrement des loyers (sauf sur quelques territoires) « car il faut être pragmatique et la priorité aujourd'hui va à la construction de logements ».

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Un traditionnel discours d'équilibriste donc, comme le sont d'ailleurs tous les discours de politique générale de premier ministre confronté à une majorité fragile. Mais sans le tollé provoqué par les propositions patronales sur le code du travail, l'exercice aurait été encore plus délicat.

Jean-Christophe Chanut

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