Rome renforce son bouclier anti-OPA étrangères avec un fonds d'investissement

 |   |  374  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
L'Etat italien prend exemple sur la France pour créer un Fond stratégique d'investissement. Déjà le gouvernement avait annoncé fin mars la possibilité pour l'Etat de prendre des participations dans des groupes jugés stratégiques afin de les protéger des OPA étrangères, notamment françaises.

Le gouvernement italien compte se doter d'une structure comparable au Fonds stratégique d'investissement (FSI) mis en place en France pour investir dans des entreprises stratégiques et éviter leur prise de contrôle par des groupes étrangers. C'est ce qu'a affirmé Giulio Tremonti, ministre italien de l'Economie, en marge d'un forum d'affaires. Une holding publique gérant 235 milliards d'euros et ouverte à des investisseurs privés, la Cassa Depositi e Presititi (CDP), devrait soutenir ce nouveau fonds. "Nous soumettrons à la Commission européenne un projet de loi identique au texte français. Mieux encore, nous présenterons un texte écrit en français", a même plaisanté le ministre.

La Caisse des dépôts  a déjà reçu l'autorisation de prendre des parts dans des entreprises jugées stratégiques. Silvio Berlusconi, Premier ministre, avait officiellement approuvé jeudi 31 mars, cette décision annoncée par Giulio Tremonti. Ce dernier avait justifié cette mesure en déclarant qu'il s'agissait là de "mesures analogues à celles qui existent dans d'autres pays européens", notamment la France.

Parmi les entreprises stratégiques, Parmalat, 4,3 milliards de chiffre d'affaires. L'entreprise était visée, la semaine dernière, par Lactalis, premier sur le marché des produits laitiers en Europe avec un chiffre d'affaires de 9,4 milliards d'euros en 2010. Le 22 mars, Lactalis annonçait détenir 28,97% du capital de Parmalat. L'Union européenne en a été officiellement informée ce jeudi. Et Giuilo Tremonti a précisé que Parmalat faisait bien partie des entreprises protégées par le nouveau dispositif du gouvernement.

Signalant une contre-offensive pour éviter une OPA, le gouvernement a aussi décidé de décaler à fin juin les assemblées générales des firmes cotées en Bourse. Parmalat a d'ailleurs repoussé sont Assemblée général du 25 au 28 juin afin de gagner du temps pour trouver de nouveaux partenaires en Italie. Avec la création de ce Fond stratégique d'investissement, toutefois, il ne devrait plus être nécessaire de mettre en place des partenariats privés avec Ferrero ou Granarolo comme cela avait été envisagé.

 Le secteur de l'alimentation n'est pas le seul visé par ce bouclier anti-OPA étangères, les télécommunications et l'énergie pourraient aussi en bénéficier.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/04/2011 à 4:41 :
Cette guerre fratricide favorise les pays les plus forts de l'union monétaire. L'Allemagne en premier lieu mais aussi la France, ceci aux dépens des pays déjà les plus faibles et déjà désavantages. Nous assistons à un phénomène de répartition horizontale du travail au sein de la zone euro. Ceci va provoquer un exode de spécialistes des pays économiquement faibles vers des pays comme les États-Unis, l'Australie ou le Canada, qui traditionnellement accueillent les immigrés et qui vont donc profiter d'un savoir qui nous fera défaut et renforcera nos concurrents. Chauvinisme national à très court terme.
Réponse de le 05/04/2011 à 8:18 :
40% de chômage des jeunes en Espagne, plus de 30% en Italie et je ne parle ni de la Grèce ni du Portugal. Merci l'union monétaire européenne! Comment se défendre dans ce système ou règne la loi du plus fort? Comment faire pour ne pas être mangé par les grands? Belle famille, vraiment!
a écrit le 04/04/2011 à 12:52 :
il serait plus exact d'indiquer que Rome précise (et non renforce) son dispositif anti-OPA: le FSI à l'italienne est en effet ce qui était déjà envisagé lors de la première décision du conseil des ministres. en fait cela semble beaucoup plus l'annonce du même dispositif étalé dans le temps pour décourager les agresseurs français...comme quand de Villepin avait distillé la fusion Suez-GDF pour décourager Enel de lancer une OPA sur Suez.
Réponse de le 04/04/2011 à 14:56 :
Tout a fait d'accord avec "Rital" :
Notre pays avait cassé un accord unilatéralement pour défavoriser les Italiens et faire du protectionnisme. Pire le gouvernement Francais avait forcé le mariage de GDF et de SUEZ !
Réponse de le 04/04/2011 à 20:37 :
Et surtout depuis, on ne compte meme plus les hausses de tarifs!
Et puis ce qui est honteux dans l'affaire PARMALAT c'est que LACTALIS a les moyens financiers pour acheter presque 30% d'un groupe qui pese 4.3 milliards, mais ne donne pas un copec pour mieux payer les producteurs de lait francais !!!!
Une veritable honte, c'est la qu'un gouvernement se doit d'intervenir !!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :