Angela Merkel pourrait sauver sa coalition

Malgré les critiques à l'égard de la chancelière, sa majorité devrait voter, de justesse, l'élargissement du Fonds européen de stabilité.

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Angela Merkel va pouvoir enfin souffler. Ce jeudi, sa majorité devrait, de l'avis de la plupart des observateurs, approuver au Bundestag l'élargissement et les moyens du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Là est en effet l'enjeu principal de ce vote attendu avec angoisse par les marchés et le gouvernement fédéral depuis plus d'un mois.

L'adoption du projet de loi ne fait en effet en soi aucun doute dans la mesure où les deux principaux partis d'opposition, les Verts et les Sociaux-démocrates du SPD, ont fait savoir depuis deux semaines qu'ils approuveraient le texte. Mais à Berlin, l'angoisse résidait ailleurs. Début septembre, dans un « vote blanc » réalisé dans les groupes parlementaires sur le sujet, 25 voix de la coalition au pouvoir avaient manqué. Or, cette majorité ne dispose que de 21 voix. Du coup, la position politique d'Angela Merkel devenait impossible et de nouvelles élections fédérales semblaient se profiler à l'horizon. Mais mardi, dans un ballon d'essai similaire, le nombre des récalcitrants était tombé à dix-huit. Le coup pourrait donc passer très près de la chancelière, mais elle devrait, cette fois, l'éviter.

Il est vrai qu'elle n'a pas, durant ce mois de septembre, ménagé ses efforts pour faire revenir les mécontents au bercail : reprenant ses habits de chef de la CDU, elle a fait le tour des fédérations locales. Mais elle a également retrouvé ses capacités à construire des compromis et accepté d'accorder un assez large contrôle sur le FESF au Bundestag. Selon les circonstances, ce contrôle tel qu'il est prévu dans la loi présentée ce jeudi pourra s'exercer par l'assemblée en séance plénière, par la commission des Finances ou par une commission spéciale. Mais, fondamentalement, la garantie allemande ne pourra plus être accordée sans un feu vert des députés. Or, pour beaucoup d'élus, là était l'essentiel. Enfin, Angela Merkel a profité du contexte politique très sombre pour les partis de la coalition. Les Libéraux ne profitent guère de leur position plus « dure » sur l'Europe, et à 2 ou 3 % d'intentions de vote, ne peuvent en ce moment se permettre de retourner devant les électeurs.

Un dernier obstacle pourrait cependant se dresser devant le gouvernement fédéral. Depuis quelques jours, la question que se posent les marchés porte sur la façon de donner des moyens supplémentaires au FESF pour éviter une attaque de l'Italie et de l'Espagne. Autrement dit, à peine votée par le Bundestag, la loi deviendrait donc déjà être dépassée. Du coup, le SPD joue la politique du pire en accusant Wolfgang Schäuble, le ministre fédéral des Finances, de « tromperie » sur le vrai volume du plan, malgré ses dénégations.

Les Sociaux-démocrates, dont l'alliance avec les Verts est largement en tête actuellement dans les sondages, espèrent ainsi renforcer l'inquiétude et la fronde des députés de la majorité et obtenir au final la chute du gouvernement. C'est dire si, jusqu'à ce jeudi midi, la position d'Angela Merkel va demeurer fragile.

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Commentaires 3
à écrit le 29/09/2011 à 9:25
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Le patronat allemand a dit au monde politique d'arrêter les conneries ! en résumé !

à écrit le 29/09/2011 à 7:16
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Le soutien de l'Allemagne va retarder l'échéance mortelle de la maladie de la dette car elle n'est pas curable et reprendra le dessus dans peu de temps.

le 29/09/2011 à 8:14
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Vous parlez sans doute de la dette américaine ?

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