Exception culturelle : la France pose un ultimatum

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La France a une nouvelle fois menacé ce jeudi de faire échouer les négociations en vue d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis si l'audiovisuel n'était pas clairement exclu du mandat. Une mise en garde énoncée le jour même où le Premier ministre britannique David Cameron devait s'entretenir avec le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso en vue de préparer le prochain sommet du G8, qui se déroulera du 17 au 18 juin en Irlande.

C'est un avertissement en forme d'ultimatum. "Notre position est claire. Si l'audiovisuel n'est pas exclu, il n'y aura pas de mandat pour commencer les négociations" en vue d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis. C'est en tout cas ce qu'aurait déclaré un représentant français, d'après le Financial Times daté de ce jeudi.

Une nouvelle mise en garde qui tombe au moment où le Premier ministre britannique David Cameron devait s'entretenir avec le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ce jeudi au 10, Downing Street. A l'ordre du jour: le lancement officiel des négociations pour le projet transatlantique. En effet, David Cameron souhaite en faire une priorité du sommet du G8 qu'il présidera les 17 et 18 juin prochains. Un objectif toutefois conditionné par la position française, selon laquelle l'exception culturelle doit impérativement être exclue des discussions, mais surtout du mandat sur lequel les 27 doivent s'accorder à Strasbourg le 14 juin prochain.

L'exception culturelle ou le mandat ? 

Un refrain que la France entonne depuis plusieurs semaines déjà. Et auquel le Commissaire européen au Commerce Karel de Gucht répond toujours par le même couplet "l'Union européenne exclura l'audiovisuel des négociations, mais pas du mandat". Tandis que la France campe toujours sur son exception. A cet égard, la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq a encore rappelé dans une lettre à ses homologues européens le 24 mai dernier l'importance de faire de l'audiovisuel une ligne rouge, "dans l'intérêt de l'Union européenne". Certes, son message a été entendu par certains Etats membres. Le Parlement européen avait d'ailleurs envoyé un signal positif pour la France le 23 mai dernier. Les eurodéputés avaient en effet voté une résolution excluant les services culturels et audiovisuels, y compris en ligne, du mandat de négociations.

Pourtant, le bras de fer continue et finit même par ressembler à un dialogue de sourds, tant la ritournelle se répète inlassablement. Cependant, l'échéance approche et il faudra bien trancher. Sachant que Londres et Bruxelles pressent le pas pour respecter le calendrier des négociations qui -dans l'idéal- seraient bouclées d'ici deux ans.

Reste à savoir si la France aura suffisamment de poids pour faire plier Bruxelles ? José Manuel Barroso a encore répété le mois dernier qu'il ne fallait pas entamer des négociations avec "une ligne rouge". L'argument étant que les Etats-Unis ont insisté pour que tout soit mis sur la table et qu'il n'y ait pas de ligne rouge préalable aux pourparlers. Pour l?heure, une délégation conduite notamment par l'actrice Bérénice Bejo, prix d'interprétation féminine au dernier festival de Cannes, et le réalisateur roumain Cristian Mungiu, Palme d'or en 2007, sera reçue le 11 juin par José Manuel Barroso. Une ultime tentative afin de faire changer d?avis le président de la Commission européenne sur l'exception culturelle européenne?

Pour aller plus loin: L'exception culturelle, un problème pour un accord euro-américain de libre-échange ?

 

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Commentaires
a écrit le 07/06/2013 à 14:31 :
quelle culture mon dieu c'est vraiment du pipi de chat que l on nous montre comme des films sur tout ce qui est mauvais et que l on voudrai que les français soient contents aussi je dis que notre culture nous pouvns la mettre hors du circuit car vraiment c'est pas beau a voir a coté des années précedentes il y a une marge très importante car avant les acteurs quand ils venaient a la television avaient une cravate maintenant c'est du débraillé partout;
a écrit le 07/06/2013 à 10:18 :
On l'a dit et on le répète les commissaires européens, Barroso en tête sont les laquais des intérêts anglo US. La France doit sortir de l'UE.
a écrit le 07/06/2013 à 9:49 :
L'exception culturelle c'est aussi des personnes comme Berenice Bejo (argentine) ou Cristian Mungiu ( roumain) qui font la gloire du Cinema "francais". Il faut accepter que la France fonctionne de cette facon. ils font le richesse du pays. citation (F. Mitterand).
a écrit le 07/06/2013 à 9:26 :
Entre les états-unis dont la culture envahit le monde par une sorte de dumping (cout amorti aux USA et exportation à bas prix) et le gouvernement Français qui veut un modèle de culture socialiste subventionné par l'état mais où on peut quand même commercialement toucher le jack-pot et même tripler le jack-pot en exportant aux USA il est totalement impossible d'avoir un accord.
Exclure l'audiovisuel d'accords économiques qui engagent des milliards nécessitera une contre partie , le gouvernement abandonnera bien quelques secteurs manufacturiers et leurs ouvriers en échange de la sauvegarde de bobos fonctionnarisés, au nom de la culture. L'honneur sera sauf, au nom du peuple! et cela n'empêchera pas les USA par la suite de prendre de droit des mesures douanières de rétorsion.
L'honnêteté eut été d'inclure l'audio-visuel, avec une clause anti-dumping, mais pour soutenir ses amis on peut bien sacrifier le peuple.
a écrit le 07/06/2013 à 8:25 :
Ce village BOBO centre tout autour de ses intérêts et de ses aspirations. C est affligeant ?
a écrit le 07/06/2013 à 2:19 :
Trop peur de la dissolution de leurs pensées marxiste .... Elle est trop bonne la soupe !
a écrit le 06/06/2013 à 18:48 :
Je suis outré que le débat se focalise sur l'audio-visuel, alors que cet accord menace le droit pour les Européens de protéger notamment leur santé et des secteurs qui emploient beaucoup plus de salariés (par exemple dans l'automobile, la chimie, l'agriculture...). Franchement, les feuilletons ou les variétés de France 2 relèvent-ils de la "culture" ?
Réponse de le 07/06/2013 à 8:14 :
outré également, il n' y a aucun débat, aucun responsable politique asser légitime pour assumer ce BOULEVERSEMENT économique que vas connaitre l Europe, aucune expertise établit bref une impression de voir une immense arnaque sans que personne ne le remarque , en bref j' espère me tromper je reste un jeune ouvert d' esprit
a écrit le 06/06/2013 à 17:46 :
un pays à la dérive veut dicter des conditions..Drole et facieux.
Chomage + 10,5 - Secu + 14.3 milliards,dette hors controlle.Spread + 2 points,et ++++++ mais
on veut sauver les marchands des grimasses. Immense
Réponse de le 07/06/2013 à 15:29 :
En quoi est-ce étonnant ? C'est la France qui négocie, mais la France n'a jamais supplié les Allemands ou les Américains de bien vouloir accepter ce type de négociation de libre-échange. Ce sont ces deux autres pays qui en ont besoin, au détriment de la France. C'est donc en effet à nous de dicter nos conditions, car nous avons moins besoin de cet accord que les USA, et ça ne fera pas pleurer grand monde an France si les négociations n'ont pas lieu. Que nous ayons du chômage ne change rien à cet état de fait.
a écrit le 06/06/2013 à 17:45 :
FH est sur le point de réussir à faire capoter les nécociations. Il serait étonnant qu'Obama en reste là. Les produits américains passerons alors par l'Allemagne. La France ne fait pas partie des 3 grands pays exportateurs n'aura plus rien à dire.

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