Fort rebond de l'excédent courant japonais en septembre

 |   |  564  mots
Depuis la mise en place de la politique monétaire ultra accommodante par la Banque du Japon, l'excédent courant du pays est en dents de scie, après avoir chuté régulièrement. (Photo : Reuters)
Depuis la mise en place de la politique monétaire ultra accommodante par la Banque du Japon, l'excédent courant du pays est en dents de scie, après avoir chuté régulièrement. (Photo : Reuters) (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Malgré un déficit commercial abyssal, le Japon a enregistré une très forte progression de son excédent courant de 14,3% en rythme annuel en septembre. De quoi rassurer ceux qui craignent un effet désastreux des Abenomics sur la dette du pays.

Le déficit commercial abyssal du Japon, accentué par les Abenomics, inquiète de plus en plus... et pourtant, le pays voit à nouveau son excédent courant grimper grâce aux retours sur ses investissements à l'étranger. En septembre, l'excédent courant du Japon a bondi de 14,3% en rythme annuel, selon les chiffres communiqués par le ministère des Finances nippon, après une chute record de 64% sur un an en août.

Le yen faible dope les retours sur investissements à l'étranger

En septembre, la troisième puissance économique mondiale a enregistré une progression, pour ne pas dire une explosion, de 26,4% de son excédent du compte des revenus, l'une des composantes du compte courant, grâce à l'afflux d'investissements à l'étranger, et un retour sur investissement dopé par le yen faible.

Investissements eux mêmes encouragés par l'afflux de liquidités provoqué par la Banque du Japon et sa politique  monétaire ultra accommodante, l'une des trois flèches des Abenomics.

Lire aussi : François Hollande peut souffler, le Japon est là pour l'aider

Suffisant pour compenser un déficit commercial qui se creuse

Cela a plus que compensé le 15e déficit commercial d'affilée, lequel a atteint 874,8 milliards de yens (6,7 milliards d'euros) en septembre, presque le double de celui du même mois de 2012.  

Les importations ont quant à elles bondi en valeur de 18,2% pour le 11e mois d'augmentation de suite, dopées par le renchérissement de la facture énergétique, sous l'effet d'une forte dépréciation du yen constatée depuis la fin 2012 et le lancement de la politique économique du Premier ministre Shinzo Abe. Le yen a dévissé de plus de 20% face au dollar par rapport à ses niveaux très vigoureux de l'an passé, ce qui élève mécaniquement la valeur des importations souvent libellées en dollar, notamment celles de pétrole et de gaz.

Les conséquences de la chute du yen sont d'autant plus flagrantes que l'archipel est contraint d'acheter nettement plus d'hydrocarbures à l'étranger depuis l'accident nucléaire de Fukushima, qui a entraîné l'arrêt par précaution du parc atomique nippon.

Une très bonne nouvelle pour l'archipel

La balance des transactions courantes est le meilleur indicateur de la situation d'une économie par rapport au reste du monde, car elle prend en compte non seulement les échanges des biens, mais aussi ceux de services, ainsi que les revenus des investissements directs ou de portefeuille et les transferts courants. C'est un indicateur particulièrement observé au Japon.

En effet, le Japon est endetté à hauteur de plus de 230% de son PIB et ne supporte cette situation que grâce à sa situation d'épargnant net. En excédent courant, le Japon n'a pas besoin d'emprunter sur les marchés étranger et le papier nippon est ainsi détenu à plus de 90% par des résidents.

Or depuis plusieurs années, l'excédent courant du Japon fond régulièrement, ce qui fait craindre une explosion de la dette sa dette le jour ou cet excédent se transformera en déficit courant. La nouvelle de ce lundi est donc particulièrement bonne pour l'archipel. D'autant plus que Shinzo Abe, l'artisan des Abenomics, a de plus en plus de mal à convaincre jusque dans son propre camp du bien fondé de sa politique économique.

Lire aussi : Faut-il craindre une explosion de la dette japonaise ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/11/2013 à 20:23 :
Le Japon cherche à dévaluer sa monnaie dans un monde de changes flottants et ça ne dérange personne, les anglais font un QE pour espérer la même chose, les états-unis font un QE pour espérer la même chose, et on voit qu'en contrepartie l'euro monte.. monte.
Dans une table de poker, si vous ne savez pas qui est le pigeon, c'est que c'est vous.
Réponse de le 11/11/2013 à 22:21 :
Non l'euo est en train de baisser + baisse des taux BCE et hausse dollar avec baisse du QE
a écrit le 11/11/2013 à 20:15 :
Le Japon cherche à dévaluer sa monnaie dans un monde de changes flottants et ça ne dérange personne, les anglais font un QE pour espérer la même chose, les états-unis font un QE pour espérer la même chose, et on voit qu'en contrepartie l'euro monte.. monte.
Dans une table de poker, si vous ne savez pas qui est le pigeon, c'est que c'est vous.
a écrit le 11/11/2013 à 16:07 :
On découvre ainsi que, plus que le déficit commercial, c'est l'excédent (ou déficit) "courant" qui compte. Pourquoi ne nous parle-t-on jamais que du "commercial" et non du "courant" français ?
a écrit le 11/11/2013 à 14:05 :
Ça va de plus en plus mal ,surtout que la catastrophe de Fukushima n'est toujours pas résolue.
a écrit le 11/11/2013 à 12:56 :
oui mais corrigé de la dépréciation du yen, ça fait combien en réél?
Réponse de le 11/11/2013 à 17:01 :
+1, il faudrait connaître les chiffres déduit de la dépréciation du yen. En yen évidement ça ne peut que monter. Ex : les résultats de Toyota en yens sont super (+70%) mais en monnaie constante c'est autre chose (ça quasi stagne).
Réponse de le 12/11/2013 à 10:59 :
Je viens de regarder: le yen a perdu grosso modo 33% de sa valeur sur cette période... hahahahahahaha! lol de lol

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :