Au Pays-Bas, l'euroscepticisme est devenu un thème de campagne porteur

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Geert Wilders, leader du Parti de la liberté (PVV), s'exprimant au parlement néerlandais / Copyright AFP
Geert Wilders, leader du Parti de la liberté (PVV), s'exprimant au parlement néerlandais / Copyright AFP
L'euroscepticisme monte aux Pays-Bas, un pays longtemps classé dans le camp des faucons de la zone euro. A droite comme à gauche, les partis qui critiquent l'Europe ont le vent en poupe, selon les sondages.

Les députés néerlandais ont sommé le 27 juin le Premier ministre libéral Mark Rutte de définir sa position sur l'Europe, à la veille d'un important Conseil européen. Aux Pays-Bas, tous les grands partis classiques fuient ce débat à l'approche des élections législatives du 12 septembre. La raison? Les populismes montent, de gauche comme de droite, exploitant un fort ressentiment des Néerlandais contre l'Union européenne (UE).

L'UE, bête noire de Geert Wilders

L'Europe et les "diktats de Bruxelles" sont devenus, avec l'islam et les immigrés, l'une des bêtes noires de Geert Wilders. Ce populiste de droite, à la tête du Parti de la liberté (PVV), qui a fait chuter l'actuelle coalition de droite au pouvoir, a imposé l'Europe comme l'un des principaux thèmes de campagne. Il propose rien moins qu'un référendum sur la sortie de la zone euro, et le retour au florin, l'ancienne devise nationale. Le petit Parti socialiste (SP), ex-maoïste, et également anti-européen, a le vent en poupe. Il remporte le plus d'intentions de vote, avec 30 sièges sur 150 au Parlement selon un sondage Maurice de Hond du 24 juin, juste avant les libéraux du VVD (28 sièges) et le PVV de Wilders (23 siètes). Le SP pourrait bien donner aux Pays-Bas leur prochain Premier ministre, en la personne d'Emile Roemer.

Les normes européennes irritent

Pourquoi en veut-on autant à Bruxelles? A cause des effets perçus comme inflationnistes de l'euro, mais aussi de la contribution néerlandaise au plan de sauvetage de la Grèce, présentée comme injuste par Geert Wilders. L'euroscepticisme monte aussi en raison de l'ouverture des frontières, en mai 2008, à de nouveaux pays membres de l'UE. L'ouverture s'est traduite par un afflux de Polonais, prêts à accepter des travaux mal payés dans le bâtiment et la manutention notamment. Enfin, les normes européennes irritent beaucoup aux Pays-Bas.

Pouvoir d'achat entamé

Ces normes ont contraint les députés de cinq partis à trouver un accord spécial autour du budget 2013, pour empêcher une dégradation de la note de crédit AAA des Pays-Bas. Du coup, les ménages vont voir leur pouvoir d'achat entamé de 4% en 2013, alors qu'il l'a déjà été à hauteur de 3% en 2012. Autre sujet d'inquiétude : les pressions de Bruxelles pour la réforme du marché du logement aux Pays-Bas. Il faudra bien, un jour ou l'autre, supprimer ou réduire la déductibilité fiscale des taux d'intérêts sur les emprunts immobiliers. Une sorte de subvention de l'Etat aux banques, décrient certains, qui rend l'achat de logement accessible aux Pays-Bas.
 

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Commentaires
a écrit le 28/06/2012 à 22:13 :
Que les néerlandais suivent les Grecs en votant massivement pour le Parti socialiste. Et qu'en même temps ils foutent une raclée à Wilders. Non l'extrême-droite n'arrivera pas une nouvelle fois à tirer profit de la crise comme dans les 30'. Aujourd'hui c'est Syriza et le KKE en Grèce qui font 30%, bientôt 40. Aux Pays-Bas c'est Roemer qui rafle la mise. En France le FN va montrer son vrai visage, en Espagne c'est Izquierda Unida qui monte.
L'Europe sera socialiste ou ne sera pas !

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