Les Irlandais refusent de supprimer leur Sénat, même pour faire des économies

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Supprimer leur Sénat pour faire des économies? Les Irlandais s'y refusent! Samedi, alors qu'ils étaient appelés à s'exprimer par la voie du référendum sur le maintien ou non du Sénat et de ses 60 élus, les citoyens votants de l'île d'émeraude ont infligé un camouflet à leur Premier ministre.
Enda Kenny décrivait cette institution comme élitiste, non démocratique et avait fait valoir que sa suppression permettrait des économies. Mais malgré son incitation à supprimer la chambre haute, la possibilité a été rejetée à 51,7% des voix. Les électeurs ont donc été une majorité à se ranger derrière l'opinion du principal parti d'opposition, le Fianna Fail, qui avait accusé le gouvernement de vouloir confisquer le pouvoir.
"C'est un gros revers", a admis le ministre des Transports Leo Varadkar sur la télévision RTE. La presse, sévère, a qualifié ce résultat de "défaite humiliante", et de "perte d'autorité".
Le Premier ministre, Enda Kenny, a lui-même qualifié de "gifle" le résultat du référendum, tout en promettant de poursuivre les réformes politiques. Le résultat de ce vote le met en difficultés, en particulier à l'approche du vote d'un septième budget d'austérité consécutif qui s'annonce douloureux, avec hausses d'impôts et nouvelles coupes dans les dépenses.
L'Irlande avait bénéficié d'un plan de sauvetage de 85 milliards d'euros accordé par la troïka (Banque centrale européenne-Fonds Monétaire International-Union européenne) fin 2010. Le pays, désormais sorti de la récession, souhaite quitter ce plan d'aide d'ici fin 2013.
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Toutefois, l'économie irlandaise reste fragile: le taux de chômage demeure élevé (13,3% au mois de septembre) et le FMI a abaissé ses prévisions de croissance. L'institution table sur un produit intérieur brut (PIB) pour l'année prochaine à 1,8% contre 2,2% précédemment tandis que celle pour l'année en cours a été ramenée à 0,6% (contre 1,1%) après la publication par les autorités irlandaises de chiffres d'activité décevants en août.
"Les risques sur les perspectives économiques de l'Irlande, demeurent significatifs", prévenait alors le FMI, citant une croissance plus faible de la consommation et des exportations et un manque de financements bancaires.
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