Les Irlandais refusent de supprimer leur Sénat, même pour faire des économies

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(Crédits : Guimo)
Le Premier ministre irlandais Enda Kenny a essuyé un vif revers lors d'un référendum qui s'est tenu samedi. Il prônait une suppression du Sénat mais 51,7% des électeurs ont refusé une telle éventualité.

Supprimer leur Sénat pour faire des économies? Les Irlandais s'y refusent! Samedi, alors qu'ils étaient appelés à s'exprimer par la voie du référendum sur le maintien ou non du Sénat et de ses 60 élus, les citoyens votants de l'île d'émeraude ont infligé un camouflet à leur Premier ministre.

Enda Kenny décrivait cette institution comme élitiste, non démocratique et avait fait valoir que sa suppression permettrait des économies. Mais malgré son incitation à supprimer la chambre haute, la possibilité a été rejetée à 51,7% des voix. Les électeurs ont donc été une majorité à se ranger derrière l'opinion du principal parti d'opposition, le Fianna Fail, qui avait accusé le gouvernement de vouloir confisquer le pouvoir.

Une "perte d'autorité" selon la presse

"C'est un gros revers", a admis le ministre des Transports Leo Varadkar sur la télévision RTE. La presse, sévère, a qualifié ce résultat de "défaite humiliante", et de "perte d'autorité".

"C'est quasiment la faute de Kenny. Sa performance dans la campagne du référendum sur le Sénat a été pathétique. Il est le dirigeant qui a échoué à diriger", assénait même le journaliste Matt Cooper dans l'Irish Sunday Times.

Le Premier ministre, Enda Kenny, a lui-même qualifié de "gifle" le résultat du référendum, tout en promettant de poursuivre les réformes politiques. Le résultat de ce vote le met en difficultés, en particulier à l'approche du vote d'un septième budget d'austérité consécutif qui s'annonce douloureux, avec hausses d'impôts et nouvelles coupes dans les dépenses.

Reprise économique fragile

L'Irlande avait bénéficié d'un plan de sauvetage de 85 milliards d'euros accordé par la troïka (Banque centrale européenne-Fonds Monétaire International-Union européenne) fin 2010. Le pays, désormais sorti de la récession, souhaite quitter ce plan d'aide d'ici fin 2013.

Toutefois, l'économie irlandaise reste fragile: le taux de chômage demeure élevé (13,3% au mois de septembre) et le FMI a abaissé ses prévisions de croissance. L'institution table sur un produit intérieur brut (PIB) pour l'année prochaine à 1,8% contre 2,2% précédemment tandis que celle pour l'année en cours a été ramenée à 0,6% (contre 1,1%) après la publication par les autorités irlandaises de chiffres d'activité décevants en août.

"Les risques sur les perspectives économiques de l'Irlande, demeurent significatifs", prévenait alors le FMI, citant une croissance plus faible de la consommation et des exportations et un manque de financements bancaires.

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>> le FMI verse 770 millions d'euros au bon élève irlandais

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Commentaires
a écrit le 13/10/2013 à 13:30 :
Devant l'exigence de sobriété et la nécessité de faire face à la dette courageusement et avec détermination il convient de faire des économies et de chasser tous les "gaspi" au premier rang desquels figurent les élections dont l'inutilité est maintenant avérée et qui coutent des millions et des millions de bons gros euro.
a écrit le 08/10/2013 à 1:02 :
Ils voteraient pour sa suppression à 80%.
a écrit le 07/10/2013 à 21:25 :
Le Sénat Français, il sert à quoi, à part donner de grosses rémunérations aux petits rentiers de la politique genre Placé et cie.
a écrit le 07/10/2013 à 20:18 :
Les Irlandais refusent de supprimer leur Sénat, même pour faire des économies...alors que les Français le souhaiteraient que cela soit fait chez eux.
Réponse de le 07/10/2013 à 20:45 :
oué mais en france, le vrai probleme, c'est trop de dépenses publiques, éducation nationale, armée, ...regardez aussi le nombre de fonctionnaires à la mairie ou dans le département, région...
a écrit le 07/10/2013 à 18:24 :
pour info : Site front national / le projet / le projet du front national / faire défilé la page jusqu'à, Réformer la Constitution pour le retour de la démocratie
a écrit le 07/10/2013 à 17:51 :
Dommage que cela ne se pratique pas chez nous! nous, ça nous aurait arrangé!
Réponse de le 07/10/2013 à 18:22 :
pour info : Site front national / le projet / le projet du front national / faire défilé la page jusqu'à, Réformer la Constitution pour le retour de la démocratie
a écrit le 07/10/2013 à 14:26 :
J'aime bien les gogo qui parlent à tord et à travers du Sénat français. Mais ce qu'ils ne savent pas c'est que généralement les sénateurs font en sorte que les lois issues de l'Assemblée Nationale soit moins "extrême" en faisant en sorte par exemple que les hausses d'impôts ne soient pas trop fortes ou bien que certaines décisions n'impactent pas trop la population.
Il est vrai que nous devons réformer notre Parlement, 2 députés pour 1 Sénateur dans chaque département c'est amplement suffisant.
a écrit le 07/10/2013 à 13:07 :
Rien d'anormal,a supprimé des institutions qui n'ont plus lieu d?être,la politique la vraie se décide à Bruxelles.Il va falloir s'y préparer activement,en France le président de l'assemblée nationale parle du nombre excessifs de députés.
a écrit le 07/10/2013 à 10:53 :
Un "vif revers" avec ... 51,7% des voix? c'est une majorité à moins de 2% près, ce qui est donc très faible à la fois logiquement et statistiquement... un "vif revers" aurait été une majorité à plus de 60% par exemple.
Mais je serais curieux de connaître l'avis des Français sur le même thème; la chasse aux privilèges est ouverte...

Réponse de le 07/10/2013 à 18:58 :
Revers car les sondages donnaient 60 % pour le OUI à la suppression du "Seanad."

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