Le franc fort pèse sur l'économie helvétique

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Le franc fort plonge la Suisse dans la récession.
Le franc fort plonge la Suisse dans la récession. (Crédits : © Dado Ruvic / Reuters)
La décision de la Banque Nationale Suisse va conduire la Suisse à la récession en 2015 et à la stagnation en 2016. Le chômage va grimper et la BNS va devoir encore intervenir pour empêcher toute nouvelle appréciation du franc.

Les premières conséquences de la levée du taux plancher du franc suisse face à l'euro par la Banque Nationale Suisse le 8 janvier dernier commencent à se faire sentir. Certes, il y a eu les premières victimes, les fonds de gestion de devises américains qui ont dû encaisser de lourdes pertes après la fin du taux plancher. Mais désormais, ce sont les conséquences sur l'économie suisse qui commencent à venir à la lumière.

Nouvelles prévisions

Mercredi 28 janvier, l'institut économique KOF, de l'école polytechnique zurichoise, le plus influent de Suisse, a dévoilé ses nouvelles prévisions pour 2015. Ces nouveaux calculs se fondent sur une parité entre l'euro et le franc suisse jusqu'en 2016 et un prix moyen du baril de pétrole de 50 dollars. Résultat : la Suisse devrait entrer en récession à l'été. Les exportations seront en effet directement impactées par le renchérissement de la monnaie helvétique. Le KOF prévoit un recul des exportations suisses de 1,4 % en 2015.

Baisse des commandes à l'export

Selon l'institut, les entreprises réagiront d'abord à la baisse des commandes étrangères par la baisse des stocks, puis la production devrait commencer à baisser à partir du deuxième trimestre. A l'été 2015, le PIB suisse pourrait entrer en récession et la croissance pour 2015 sera négative, à -0,5 %. En 2016, le KOF prévoit une stagnation de l'économie suisse. Dans un premier temps, la baisse des prix devrait maintenir la consommation, mais les effets secondaires ne tarderont pas à se faire ressentir. La baisse des recettes fiscales va freiner l'emploi public qui, note le KOF, « fut un des principaux moteurs de l'emploi depuis le début de la crise financière. » L'emploi privé va également reculer. Au final, le nombre de chômeurs devrait progresser de 0,3 % en 2015 et de 1,8 % en 2016. Le taux de chômage au sens national passera de 3,2 % en 2014 à 4,1 % en 2015. Du coup, la consommation reculera de 1,4 % dès 2015 et de 0,4 % en 2016.

Facture salée

La facture s'annonce donc salée. La Suisse aurait ainsi une croissance inférieure de 2,5 points à la moyenne de l'OCDE cette année, et de 2,1 points l'an prochain. Sur le terrain, la situation se dégrade clairement. Les signaux en provenance des entreprises suisses ne sont pas encourageants. Novartis estime qu'il va devoir revoir son chiffre d'affaires de 7 points et, s'il ne le confirme pas, le groupe pharmaceutique bâlois va devoir aussi compter avec un recul de ses bénéfices. Son concurrent et voisin Roche ne peut pas espérer faire mieux.

La BNS intervient encore

D'autant que les prévisions du KOF peuvent sembler assez optimistes : compte tenu de l'assouplissement quantitatif de la BCE et des difficultés persistantes de l'union monétaire, la pression haussière sur le franc suisse sera forte. Au point, du reste que, la BNS a fait savoir mardi qu'elle était intervenue sur les marchés pour apaiser la hausse du franc qui, après l'élection grecque, avait atteint 0,99 euro. Il s'échangeait ce mercredi à 1,02 euro. La BNS a jugé que le niveau du franc était « survéalué. » Rien qu'en janvier, elle a encore dépensé près de 100 milliards de francs suisses sur les marchés. On perçoit ainsi de plus en plus les contradictions de la décision de la BNS : pour refuser de maintenir le taux plancher, cette dernière a sacrifié une partie de l'emploi helvétique sans pour autant que les interventions sur le marché appartiennent au passé puisque le marché (et c'était à prévoir) ne fixe pas un niveau « approprié » du franc. Pas certain qu'elle évite, au final, les dépenses qu'elle avait voulu s'épargner lors de la fin du cours plancher...

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a écrit le 05/02/2015 à 13:13 :
pas la peine d etre grand economiste ,vous achetez du franc suisse ,et vous attendez ,je ne sais pas combien de temps ,mais sur que tot ou tard vous prenez 25%..... elle est pas belle la vie !!!
a écrit le 30/01/2015 à 21:49 :
Dans quelques semaines la Grèce sort de la zone euro. le Franc suisse n'en a pas fini d'être recherché et surévalué.
a écrit le 30/01/2015 à 14:42 :
ne vous inquiètez pas pour nos amis Helvètes Ils savaient très bien ou ils mettent leurs sabots. Le secteur bacaire ne représente que 10% de leur BIP et l'horlogerie 12%. Angela ne fait pas de souci non plus mais pas du tout Leur DM est toujors valable 1euro=2DM pas comme notre monnaie de singe.
Réponse de le 30/01/2015 à 17:02 :
T'es trop c.............
Réponse de le 31/01/2015 à 10:42 :
@ofif et pourquoi chef? parce que je ne suis pas charlie je suis Auvergnat? C'est bien celà?
a écrit le 30/01/2015 à 10:00 :
La spéculation mondiale contre l'euro oblige le FS a flotter sur des sommets. Il y a tellement de monnaie en circulation grâce aux divers QE, les détenteurs ont tellement peu confiance qu'ils ne savent où investir pour préserver leurs avoirs à court terme. Alors le FS devient surévalué, au point de bloquer l'économie suisse. Ainsi nous assistons impuissants aux prémisses de l'hyper-inflation de l'euro. Celle-ci n'aura pas lieu devant l'épicerie comme en 1795 ou 1921, mais au guichet du contrôle des changes instauré aux frontières de toutes les zones monétaires.
a écrit le 30/01/2015 à 9:50 :
IL fallait s'y attendre la BNS l'avait annoncée que la mesure était provisoire, en plus elle était artificielle, car on n'arrime jamais une monnaie à une autre sans tôt ou tard s'en mordre les doigts les pays d'Amérique du Sud s'en sont mordus les doigts avec le peso contre dollar.
Ensuite, la mesure équivaut pour les entreprises d'augmenter leur efficience soit leur productivité et comment en réduisant les salaires, ici le salaire minimum est à peu près non pas à 1100 euros mais à 4000 frs ce qui n'est pas tenable à la longue, car vous excluez du marché toutes les entreprises qui voudraient payer des salaires inférieures, cela ne tient pas un prof gagne à Genève environ 100'000 francs suisses cela ne peut pas tenir comme un policier du reste, qui en plus sont les plus mauvais dans les classements pisa.
Ceci dit la mesure n'est pas si dramatique une réévaluation de la monnaie de 12,5 % n'est pas dramatique, les entreprises s'adapteront le tissus économique est assez varié, le pib a doublé entre 2003 et 2014 on en est à environ 680 milliards en dollars en nominal c'est la 20 puissance en classement nominal mais en ppp c'est seulement la 37ème. Autrement dit cela redonne du pouvoir d'achat aux consommateurs qui ne s'en privent pas achetant leurs biens et produits pour plus de 10 milliards en 2014 à l'étranger et ce n'est qu'un début.
Par contre, les collectivités françaises qui ont spéculé sur le franc suisse à cause des taux d'intérêt faibles s'en mordent les doigts, elles le savaient qu'elles jouaient avec le feu, le contribuable paiera et appréciera.
Enfin d'un point de vue économique, la monnaie devait se réévaluer vous ne pouvez avoir des excédents aussi importants que cela dans la balance commerciale, des transactions courantes et des paiements pour des milliards, inversement c'est la même chose, si votre balance est déficitaire l'ajustement se fait par la dévaluation de la monnaie, ou avant par le transfert de l'or en direction du pays à surplus.
a écrit le 30/01/2015 à 9:26 :
Il vaut mieux pour Mme Merkel que l'euro n'explose pas car sinon le nouveau DM prendra instantanément 30% et adieu les belles exportations de voitures. On est déjà assez bête de surpayer une Audi ou une BM alors qu'existent ailleurs de très bonnes voitures (Toyota, Peugeot, etc..), mais là avec 30% de plus.
Donc, ce sont bien les Grecs qui tiennent Bruxelles par là où il faut et non le contraire. Je pense donc qu'un accord sera trouvé pour restructurer la dette ou quelque chose du genre.
Réponse de le 30/01/2015 à 14:45 :
je crois que je vais acheter une DS4 comme DSK à la place de ma Béhem. Vous me faites peur vraiment je ne pourrai plus me payer une allemande meme un OPEL Pauvre de moi.
a écrit le 30/01/2015 à 9:15 :
Il y a une erreur dans l'article Novartis consolide les comptes en dollars et le tout est ensuite converti en francs suisses, le can a augmenté de 1.5% soit à 45 milliards frs. Par contre ceux qui vont faire les frais de cette mesure ce sont les collectivités françaises qui ont spéculé avec le franc suisse ces vilains spéculateurs, ce sont les contribuables qui vont trinquer sur ces spéculateurs, vilain retour de bâton pour la France !
a écrit le 30/01/2015 à 9:13 :
Un ancrage du CHF à l'euro, simplet et contre nature, mais la Suisse voulait à l'instar de l'Allemagne profiter de la parité de l'euro sans investir en zone euro, et c'est là que le bât blesse, parce qu'en faisant monter le dollar, les US vont faire exploser la zone euro. Et puis merci à Draghi d'avoir fait qualifier l'Italie, à l'époque il était si je ne m'abuse, Directeur du Trésor italien conseillé par Goldman Sachs, en spéculant sur la parité yen/euro, et puis merci encore à Draghi, pour la qualification de la Grèce (à l'époque il était DG de GS Europe sauf mal informé) idem que pour l'Italie (là c'était des échanges de prêts swapés qui ne figuraient pas dans l'endettement du pays grâce à un petit lobbying des fagots auprès de Bruxelles , des niais comme chacun sait) outre le fait que la Grèce avait falsifié ses comptes, éléments que GS ne connaissait pas mais elle a dû quand même s'en douter un peu non? Un peu comme les cabinets d'audit, ne sont ce pas ces banques et cabinets qui ne sont peuplés que de mecs ou nanas super brillants, mais surtout trop bien payés dont... à coup de bonus alors....on laisse les lunettes dans leur étui?
Réponse de le 30/01/2015 à 19:11 :
"la Suisse voulait à l'instar de l'Allemagne profiter de la parité de l'euro sans investir en zone euro"

Il va falloir revoir vos a-priori:

1) La Suisse est l'un des principaux "prêteur d'argent" aux pays de l'UE super-endettés comme la France

2) La Suisse est l'un des principaux investisseurs dans l'économie européenne
a écrit le 30/01/2015 à 9:10 :
On se demande d'où viennent ces chiffres farfelus, après deux semaines il n'y a aucun effet perceptible, sauf pour les 200'000 frontaliers qui eux risque bien de faire les frais de la mesure qui n'est pas si terrible que cela car passer de 1 à 1.05 (frs/euro), cela fait moins de 15%, il n'y a pas le feu au lac, bien au contraire c'est toujours mieux que la dévaluation qui à la longue a plus d'effets négatifs que positifs, le problème avec la richesse c'est que les gouvernements ne savent plus qu'en faire, du reste ici on ne parle pas d'un ilot de cherté mais de luxe, c'est mieux d'être slim que gras et pour le consommateur c'est du pain béni, la déflation cela veut dire que votre pouvoir d'achat augmente de 20% alors que les syndicats sont jamais arrivés pendant 30 ans à augmenter le pouvoir d'achat des salariés de 20% en un jour, la Banque centrale l'a fait. Les interventions de la BNS je n'y crois pas car elle risque de se brûler les doigts contre 5000 milliards par jour, la BNS n'en n 'a pas les moyens. En outre la dette cumulée en Suisse est de 35% du pnb, elle compte plus de 2 millions d'étrangers c'est beaucoup trop et la démocratie ici c'est le peuple qui décide vous savez celui qui a voté contre l'Europe, contre la construction de minarets ! en plus de cela tous les évadés fiscaux s'ils avaient su prendre conseil avant, leur avoir leur aurait rapporté le pactole de la somme plus 20% par année, c'est toujours mieux que de laisser vos euros au crédit commercial ou dans une banque française ou le fisc lorgne sur votre magot !
a écrit le 30/01/2015 à 8:59 :
on joue a des jeux idiots dont en fait personne ne connait les résultats Montebourg et les autres jugent, tranchent, affirment et on ne SAIT RIEN, les collectivités locales les polonais et autres ont souscrit des emprunts en francs suisses, .... a mon epoque on prenant une assurance sur les fluctuations, on fait et on vend du Forex...et ca conduit a la faillite...le jeu international sur les monnaies... est une cause d'échecs répétitifs mais on continue pour les banquiers et ceux qui vendent ces produits...
a écrit le 30/01/2015 à 8:57 :
La SNB a bien fait, l'euro est à son crépuscule comme le dollar, les milliards de papier injectés n'y feront rien. Ce sont déja des monnaies de singe sous perfusion de la FED et de la BCE. Dès que la FED remontera ces taux, ça va chauffer pour l'europe, les intérêts français vont monter en flèche et la confiance sera morte... Le mur approche et il va faire mal.
Réponse de le 31/01/2015 à 3:07 :
tu dis n'importe quoi,va donc te reposer !
a écrit le 30/01/2015 à 7:49 :
Donc il faut bien admettre a fortiori que l'euro fort a considérablement pesé sur le dynamisme économique de la zone euro depuis sa création, n'est-ce pas ?
a écrit le 30/01/2015 à 7:33 :
https://www.youtube.com/watch?v=lBUOO7WXvhs

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