Les noisettes de la Caisse des dépôts

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Le divorce de la CDC d'avec les Caisses d'épargne lui rapporte presque 7 milliards d'euros. De quoi à la fois faire plaisir au gouvernement et avoir les moyens de ses ambitions.

L'accord a été obtenu à l'arraché, et vu les montants en cause on comprend mieux pourquoi. Mise devant le fait accompli du mariage entre les Caisses d'épargne et le Groupe Banque Populaire, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) n'a finalement eu d'autre choix que de sortir du capital de l'Ecureuil.

Depuis le débouclage du montage Eulia, la Caisse détenait 35% du capital de la Caisse nationale des caisses d'épargne, l'organe central du groupe mutualiste, et surtout un droit de veto sur toutes ses décisions stratégiques. Le tout a été monnayé au prix fort par Francis Mayer, le directeur général de la CDC. Au total, il obtient 7 milliards d'euros, soit en cash soit sous formes d'actifs immobiliers repris à la CNCE.

Mieux encore, si l'opération Natixis, la future banque d'investissement commune aux Caisses d'épargne et aux Banques populaires, ne devait pas aboutir, la CDC est sûre, elle, de pouvoir se désengager de la CNCE.

La négociation menée à bien, les équipes de la Caisse doivent désormais déterminer l'usage de cette manne substantielle dont hérite l'institution publique. Et une autre bataille pourrait bien s'engager, cette fois avec le gouvernement. La CDC est en effet une contributrice importante au budget de l'Etat et nul doute que, déjà, on lorgne du côté de Bercy sur les milliards de la Caisse. Un chiffre circule: 2 milliards!

Rue de Lille, si l'on admet volontiers que la Caisse doive verser un dividende exceptionnel à l'Etat, on estime aussi que rien ne motive un changement des règles actuelles en vertu desquelles la CDC reverse à l'Etat un tiers de ses plus-values exceptionnelles. La plus-value sur les titres Caisse d'épargne étant de l'ordre de 2,8 milliards, on imagine que les discussions seront serrées...

Au-delà, quel que soit le montant de ce dividende exceptionnel, il est acquis que la Caisse conservera, à l'issue de cette opération, des ressources importantes. Elle se prive, à son corps défendant, d'une position de premier plan dans le secteur bancaire mais dans le même temps elle pourra mobiliser des moyens supplémentaires pour ses missions d'intérêt général. On pense bien sûr au logement social, où les besoins sont toujours criants.

Mais la Caisse peut aussi soutenir plus activement le capital-risque, l'innovation et pourquoi pas le micro-crédit. Des domaines d'intervention où son rôle peut être moteur et avoir un réel effet d'entraînement. Sans oublier bien sûr la défense de nos champions nationaux, au nom du patriotisme économique cher au gouvernement...

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