Rumeurs de désaccords sur la fusion Suez-GDF

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Suez et Gaz de France, qui ont annoncé un projet de fusion d'une valeur de 70 milliards d'euros au mois de février, divergent sur des points clés tels que l'évolution éventuelle de la parité retenue et le gouvernement d'entreprise du nouvel ensemble, selon diverses fuites dans la presse.

Selon le Wall Street Journal, des différends seraient apparus entre GDF et Suez sur des points essentiels du rapprochement, tel que les modalités financières de la fusion ou la gouvernance du nouveau groupe. Une source proche de Suez indique ainsi que "les résultats de GDF étaient plus faibles que ne l'avait prévu l'entreprise, en partie du fait de l'augmentation plus faible des tarifs par le gouvernement français, ce qui explique que les modalités doivent être révisées en faveur de Suez". Selon cette source, "l'accord a toujours été perçu, en termes de valorisation, comme plus favorable à GDF qu'à Suez, mais les termes financiers sont devenus un réel sujet de controverse entre les deux parties, plus qu'envisagé initialement".

Sur le plan de la gouvernance, "Suez est favorable à un conseil d'administration dirigé par Gérard Mestrallet, son homologue à GDF, Jean-François Cirelli, prenant la direction générale, selon des personnes proches de la société". "Cette option a le soutien du ministère des Finances", ajoute le quotidien américain. GDF, de son côté, prône un conseil de surveillance avec un président non exécutif et un directoire co-dirigé par Mestrallet et Cirelli, selon une personne proche de GDF. Une source proche de Suez a ajouté qu'une décision de principe a été prise sur la mise en place d'un conseil d'administration, mais que cela n'a pas encore été annoncé officiellement. "La question n'est pas tranchée", a indiqué quant à elle une personne proche de GDF. Le groupe gazier plaide pour une structure à directoire et conseil de surveillance. Selon ce scénario, le directoire serait présidé conjointement par Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli.

Ni Suez ni GDF n'ont accepté de fournir des commentaires à ce sujet. Gérard Mestrallet essaie de mettre les actionnaires de son côté en suggérant que les termes de la fusion pourraient être améliorés en leur faveur, mais cette possibilité n'a reçu le soutien ni de GDF ni du gouvernement pour le moment, ont souligné des sources proches du groupe gazier et du gouvernement. Suez doit obtenir l'approbation d'au moins 66% de ses actionnaires pour cette alliance, censée protéger le groupe contre une éventuelle offre publique d'achat hostile de la part de l'italien Enel. Depuis le début, la parité retenue est reconnue comme plus avantageuse pour GDF que pour Suez, mais cela devient un point de friction plus important que prévu et Suez insiste pour que les conditions soient révisées, d'après des sources au fait de la situation.

Pendant l'assemblée générale de Suez le 5 mai dernier, Gérard Mestrallet a déclaré que les termes du rapprochement entre les deux groupes devraient refléter leur juste valeur à la date de la fusion. "Nous ne sommes pas sourds, vous jugerez", a répondu le PDG aux questions des actionnaires sur la parité de la fusion. "Les propos de Gérard Mestrallet montrent qu'il cherche à améliorer les termes de la fusion pour les actionnaires de Suez", a déclaré Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires, en marge de l'assemblée générale.

L'annonce faite par l'État d'un gel des tarifs du gaz jusqu'à juillet 2007 ne va pas faciliter les choses. C'est une nouvelle déception pour Gaz de France. Après l'augmentation de 5,8% des prix décidée au début de ce mois de mai, le groupe gazier devra donc patienter une longue année avant de pouvoir compenser, en partie tout du moins, le renchérissement du coût des approvisionnements. Une décision prise par le gouvernement pour que la hausse des prix de l'énergie "ne pèse pas trop lourdement sur le budget des ménages". Par ailleurs, au lieu de bénéficier d'une révision trimestrielle des tarifs, Gaz de France ne verra désormais ses prix réajustés qu'une seule fois à l'année, chaque 1er juillet. Un manque à gagner aujourd'hui estimé à près de 900 millions d'euros pour GDF qui ne désespère pas pour autant de pouvoir les récupérer cette année. "Si ce n'est par le biais d'un relèvement de tarif, ce sera par un autre levier", veut-on croire dans le groupe, où la piste du crédit d'impôt est régulièrement évoquée.

A la clôture, le titre Suez perd 0,56% à 30,28 euros, tandis que l'action GDF cède 0,74% à 26,90 euros.

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