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ClimatAgriculture et Agroalimentaire

ESG : Nestlé met ses ambitions en sourdine après le retour de Trump

latribune.fr

Publié le 21 janvier 2026 à 09:27

Sous l'impulsion de son CEO Philipp Navratil, Nestlé reconnaît en interne que les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ont "disparu de l'agenda" d'une grande partie des investisseurs aux États-Unis.

Sous l'impulsion de son CEO Philipp Navratil, Nestlé reconnaît en interne que les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ont "disparu de l'agenda" d'une grande partie des investisseurs aux États-Unis.

© 2009 Thomson Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Nestlé réduit la voilure de sa communication extra-financière. Le CEO Philipp Navratil reconnaît en interne que l’ESG a disparu des priorités des investisseurs américains depuis la réélection de Donald Trump, imposant un virage tactique au groupe.

C’est un virage assumé, désormais, chez le géant de l'agroalimentaire : pour Philipp Navratil, aux commandes de Nestlé depuis 2025, les thématiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) se sont évaporées de l’agenda d’une partie substantielle des investisseurs outre-Atlantique. Ce retrait des priorités coïncide directement avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Pour le leader mondial de l’agroalimentaire, dont l’exposition au marché et aux capitaux américains est structurelle, cette nouvelle donne politique impose une mue discursive immédiate.

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Navratil admet que le groupe n’a pas assez communiqué sur la durabilité au cours de la période récente. Ce silence n’est pas fortuit. Il résulte d’une politisation croissante des enjeux climatiques aux États-Unis. Les fonds de gestion et les gestionnaires d’actifs y opèrent désormais sous un feu nourri. La pression des élus républicains s’intensifie, multipliant les enquêtes parlementaires et les actions judiciaires contre les pratiques jugées hostiles aux énergies fossiles. Dans ce climat de tension, le discours sur la durabilité est désormais calibré pour éviter tout retour de bâton politique, quitte à reléguer les engagements de long terme au second plan médiatique.

La fin de l’activisme au profit de la performance financière

Le changement de ton chez Nestlé illustre une tendance de fond qui gagne les grandes multinationales. Des acteurs majeurs comme BlackRock ont déjà amorcé un repli, suspendant ou quittant certaines initiatives climatiques internationales. Pour Nestlé, l’enjeu est de rassurer les actionnaires focalisés sur le rendement immédiat. Si les comités de sustainability et les reportings dédiés subsistent, la communication officielle opère une bascule sémantique. L’accent est mis sur l’efficacité opérationnelle, le cash-flow et la rentabilité plutôt que sur les concepts de transition juste ou les enjeux sociaux.

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L’analyse du risque climatique est devenue l’obsession de la finance mondiale

Cette stratégie de dépolitisation vise à désamorcer les critiques tout en maintenant une structure de gouvernance ESG fonctionnelle. Cependant, cette prise de distance vis-à-vis d’engagements passés très médiatisés comporte un risque de réputation. Le groupe doit naviguer entre les exigences de sobriété des investisseurs américains et la persistance des attentes des régulateurs et actionnaires européens, créant une gestion à deux vitesses de la responsabilité d’entreprise.

Objectifs climatiques, une trajectoire technique maintenue

Malgré cette discrétion nouvelle, Nestlé n’abandonne pas officiellement sa feuille de route environnementale. La trajectoire validée par la Science Based Targets Initiative (SBTi) reste la référence : une réduction de 20 % des émissions absolues d’ici à 2025 et de 50 % à l’horizon 2030, avant d’atteindre le net zéro en 2050. Sur le terrain, le géant suisse affirme être en avance sur ses temps de passage. La réduction des émissions aurait déjà atteint le cap des 20 % dès 2024.

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Cette performance repose sur un mix entre la baisse des émissions opérationnelles et le recours aux « removals » (captation de carbone) au sein de la chaîne de valeur. Cette dernière méthode, bien que centrale dans les résultats affichés par le groupe, demeure sous la surveillance d’observateurs critiques. La poursuite de ces objectifs est désormais présentée sous un angle strictement technique et industriel. L’agriculture régénératrice, pilier historique du groupe pour les sols et la biodiversité, n’est plus vendue comme un engagement militant, mais comme un levier de résilience et de productivité économique pour sécuriser les approvisionnements.

Retrait tactique des alliances mondiales trop exposées

La prudence de Nestlé se manifeste par des actes de retrait concrets. Le groupe s’est désengagé d’au moins une alliance internationale majeure ciblant les émissions de méthane. Ce pas de côté est interprété comme une volonté de limiter l’exposition à des coalitions collectives très visibles, souvent dans le collimateur des mouvements anti-ESG aux États-Unis. Si Nestlé continue de soutenir des initiatives sectorielles sur le plastique ou l’économie circulaire, il privilégie désormais des approches qualifiées de neutres.

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latribune.fr

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