Article publié à 7 heures ce jeudi 5 février et mis à jour à 11h45
La bataille fiscale va continuer de faire rage sur la planète. En première ligne, l’économiste français Gabriel Zucman entend bien passer à la vitesse supérieure ces prochains mois en lançant l’observatoire international de la fiscalité basé à Paris dans les locaux de l’École d’économie ce jeudi 5 février. Un virage qui intervient cinq ans après le coup d’envoi de l’observatoire européen de la fiscalité.
Objectif ? « Devenir un acteur central de la recherche, de l’élaboration des politiques publiques et de l’action en faveur de sociétés plus justes et plus démocratiques », développe l’organisation dans un communiqué. « Ce changement d’échelle s’explique par le fait que l’évasion fiscale et la taxation des multinationales sont des sujets qui dépassent les frontières de l’Union européenne », explique Quentin Parrinello, directeur des politiques publiques à l’observatoire.
Le retour fracassant de Donald Trump à la Maison-Blanche a relégué ces débats sur la taxation mondiale. Pendant sa campagne, le milliardaire s’était fixé comme objectif de torpiller la taxe minimum sur les multinationales portée par l’économiste Pascal Saint-Amans à l’OCDE alors même que les États-Unis n’ont jamais appliqué cette taxe. Mais l’économiste français ne veut pas en rester là et compte peser dans les débats à venir sur la fiscalité planétaire. Dans un entretien accordé à La Tribune au printemps dernier, il avait appelé les États européens à taxer « les oligarques proches de Trump » après l’annonce des droits de douane. « Il s’agit de cibler les plus puissants et les plus fortunés », avait-il déclaré. « Partout, la fiscalité est aussi devenue un enjeu démocratique majeur, à l’heure où la concentration extrême des richesses s’accompagne d’une concentration du pouvoir économique et politique », explique l’organisme regroupant une trentaine de chercheurs et employés, travaillant à proximité des équipes de Thomas Piketty à la tête du laboratoire mondial des inégalités.