De gauche à droite. « Béjart et nous », un voyage à travers le répertoire dansé (et musical) de Maurice Béjart composé de solos, pas de deux et ensemble extraits de différents ballets. « Barocco » dans sa version actualisée. « Le Roi Soleil » de retour...
Le retour du festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence, le tour de France du Béjart Ballet Lausanne, la suite de Broadway-sur-Seine... notre sélection des spectacles à ne pas rater en 2026.
Une « Flûte » réenchantée à Aix-en-Provence
La chanteuse Karine Deshayes. (Crédits : Aymeric Giraudel et Vincent Beaume)
Désormais dirigé par l’Américain Ted Huffman et confronté à un budget resserré (moins 14 % pour 24 millions en 2025), le festival d’art lyrique le plus couru de France affichera en juillet l’une des dernières programmations pensées par Pierre Audi avant sa mort inattendue le 3 mai dernier. Place sous le signe « de la compassion et de l’humanité », il dévoilera début juillet une Flûte enchantée attendue car mise en scène par Clément Cogitore et le chef Leonardo García Alarcón, duo qui avait piloté une version enthousiasmante, ouverte aux danses urbaines, des Indes galantes à l’Opéra de Paris.
Attendus aussi, La Femme sans ombre, créé en 1919 par Richard Strauss et ici ressuscité dans l’œil du metteur en scène australien Barrie Kosky ; la création mondiale d’Accabadora, opéra contemporain de Francesco Filidei dont l’héroïne est une couturière sarde exploitée ; ou encore la reprise du Requiem de Mozart par Romeo Castellucci, qui avait enflammé le Pavillon Noir en 2019, cette fois avec de nouveaux solistes et à l’Archevêché, dans le centre d’Aix.
Côté stars, le festival annonce les ténors Benjamin Bernheim et Michael Spyres, le chef Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion, la diva du jazz Samara Joy et, ici pour la première fois dans Les Vêpres siciliennes de Verdi, la mezzo-soprano Karine Deshayes… Rare et attendu aussi sous la baguette du fougueux Klaus Mäkelä, Le Château de Barbe-Bleue, l’unique opéra composé par Béla Bartók, donné en version concert avec Gerald Finley et Irene Roberts.
Béjart en tournée
Depuis sa création en 1987, le Béjart Ballet Lausanne ne cesse de parcourir le monde. Il revendique actuellement 38 danseurs de 17 nationalités assurant environ 70 représentations annuelles aux quatre coins de la planète. Sa tournée française – du 1er mars au 19 juillet 2026 –, de Paris à Strasbourg en passant par Bordeaux, Nantes et Nice, est d’autant plus attendue qu’elle sera l’occasion, après six ans d’absence, de voir ou revoir L’Oiseau de feu d’Igor Stravinsky et le Boléro de Ravel, deux ballets légendaires entre tous. On y découvrira aussi Béjart et nous, conçu par Julien Favreau autour d’extraits de ballets historiques du maître parmi lesquels Wien, Wien, nur du allein, la Neuvième Symphonie de Beethoven, Brel et Barbara, Mozart-Tango…
« Barocco », un véritable tourbillon visuel et musical mêlant théâtre, danse, musique baroque et vidéo. (Crédits : Fabian Hammerl)
Créé en 2018 à Moscou quand Kirill Serebrennikov y était assigné à résidence, remonté à Hambourg en 2023 avec le Thalia Theater dans un tourbillon de danse, musique baroque et vidéo, Barocco se déploie à la façon d’une transe et d’un manifeste pour la liberté et l’art comme antidote à l’oppression. Lui-même contraint à l’exil en Allemagne et en France, où il enchaîne productions scéniques et films (Après, encore en tournage, avec Ludivine Sagnier, Louis Garrel et Fanny Ardant), le metteur en scène russe y ravive les légendes d’Andy Warhol, de Valerie Solanas et de l’étudiant Jan Palach, qui s’immola par le feu à Prague en 1969… Le spectacle sera pour la première fois visible en France les 5 et 6 février au théâtre de Nanterre-Amandiers.
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.
Broadway-sur-Seine, suite
« Le Roi Soleil - Le Retour » en tournée dans toute la France en 2026. (Crédits : Flora Métayer)
La vague de spectacles musicaux se poursuit en 2026. Sting arrive à la Seine musicale avec The Last Ship (18 février-7 mars), et Les Misérables, créé en 2024, sera de retour à Lille, Lyon et Nantes avant une reprise en fin d’année au Châtelet. Le Roi Soleil part en tournée et refait une session parisienne au Dôme en septembre. Enfin, un duel se prépare avec deux Monte-Cristo : le premier aux Folies Bergère à partir du 5 février et le second au Dôme à partir du 27 janvier, avec, campant Alexandre Dumas, Francis Huster, qu’on retrouvera aussi dans En hérapie au Théâtre Antoine.
Inusable à l’instar de La Cage aux folles, qui ne désemplit pas au Châtelet, la comédie de Barillet et Gredy Potiche avait inspiré à François Ozon une version cinéma remarquée, avec Catherine Deneuve et Fabrice Luchini. Du 12 février au 30 avril au Théâtre Libre, elle reprend du service et se donne toutes les chances de jouer à guichets fermés avec sa distribution détonnante emmenée par Clémentine Célarié dans le rôle fameux créé par Jacqueline Maillan, ici secondée par la drag-queen en vogue Paloma, sous la direction de Charles Templon.
Adjani retrouve Calamy
La Fin du courage, ce texte philosophique de Cynthia Fleury sur le courage qui nous manque parfois tant face au réel, Isabelle Adjani et Laure Calamy l’avaient déjà fait résonner sous la direction de Jacques Vincey en 2019. Pour bien commencer 2026, elles le remettent sur le tapis au Théâtre de l’Atelier du 17 au 25 janvier. Enrichie d’autres duos de choc et d’actrices au sommet, cette production jouera les prolongations jusqu’au 8 mars avec aussi Lubna Azabal et Rosa Bursztein, Emmanuelle Béart et Sarah Suco, Isabelle Carré et Sophie Guillemin.
Pour fêter ses 40 ans, le musée d’Orsay vibrera les 24 et 25 janvier au rythme de Quelques Secondes d’éternité – Architectures vivantes. Cette création immersive évoquera la vie cellulaire avec un mapping vidéo géant prévu dans la nef du musée et Judith Chemla en récitante sur des musiques d’Alexandre Desplat et Philippe Hersant entre autres. Du 13 au 17 janvier à la Villette, Mathilda May dévoile sa sixième création en tant que metteuse en scène, Cut !, un spectacle sans paroles où de simples scènes de vie font résonner l’absurde de l’existence. À l’Opéra Garnier, à partir du 26 janvier, c’est le Britannique Ralph Fiennes qui fait l’événement et signe la mise en scène d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski, suivi du 5 au 23 mai par une reprise de La Dame aux camélias, romantique et tragique en diable dans sa version ballet conçue par John Neumeier sur la musique de Chopin. Après quarante ans d’absence, le Dance Theatre of Harlem reviendra en France (Bordeaux, Lyon, Roubaix, Paris) du 11 février au 7 mars avec de nouvelles créations. Au Festival d’Avignon début juillet, la langue invitée sera cette année le coréen – on ne l’avait pas entendue dans le In depuis vingt-cinq ans.