Juliette Stevenson (Cindy Cohen) dans « The Deal » ; Antoine Simony dans la série « Culte : 2Be3 » ; « Le Banquet : Les prix littéraires, une passion française », une émission présentée par Anna Cabana et Gerard Holtz sur LCP.
LTD/Les Films Pelléas/Bande à Part Films/Gaumont Télévision ; Jo-Voets/Prime Vidéo ; Lionel Guéricolas/Agence 1827 pour LCP
« Culte – 2Be3 », sur Prime Video, « Le Banquet », sur LCP, « The Deal », sur Arte, découvrez notre sélection médias de la semaine du 20 octobre 2025.
2Be3, partis un jour
Namory Bakayoko, Antoine Simony et Marin Judas dans la série « Culte : 2Be3 ». (Crédits : LTD/Jo-Voets/Prime Video)
Vous avez dit nostalgie ? Après Loft Story l’an passé, Prime Video s’attaque à une autre madeleine générationnelle : les 2Be3. Trois garçons – Filip, Frank et Adel – partis de rien et propulsés à la fin des années 1990 au sommet des hit-parades. Un boys band dont la trajectoire a beaucoup touché Yaël Langmann, créatrice et réalisatrice de cette série audacieuse qui vient à point nommé après le succès du film Partir un jour, avec Juliette Armanet.
« Même si les 2Be3 ont souvent été moqués, ils ont réussi à fédérer la France entière, des villes aux campagnes et des petits-enfants aux grands-mères, souligne-t-elle. Leurs chansons étaient vendues dans les supermarchés et, dans le même temps, célébrées par la scène queer alternative. On n’avait pas vu une telle hystérie joyeuse depuis les yéyés. On a voulu raconter ce phénomène parfois malmené de la pop culture, cette histoire de trois amis d’enfance de Longjumeau [Essonne] qui se sont extraits de leur milieu social pour devenir des superstars. »
Avec un dénominateur commun : le culte voué à leur plastique, option pectoraux huilés et abdos ciselés. « À la télévision française, c’était la première fois qu’on fétichisait ainsi le corps des hommes, souligne Yaël Langmann. Jusqu’alors, ce phénomène n’existait qu’avec les femmes. Ils étaient très ouverts d’esprit car ils ont grandi dans un univers de banlieue macho. Une culture hip-hop où c’était très mal vu pour un mec de se mettre une chemise en satin grande ouverte sur le torse. Ils jouaient avec une forme d’homoérotisme de manière parfaitement consciente. »
Pour concocter un scénario au plus près du réel, Yaël Langmann a travaillé main dans la main avec Frank Delay et Adel Kachermi – qui apparaissent tous deux dans la série – ainsi qu’avec Valérie Bourdin, la compagne de Filip Nikolic, décédé en 2009 à l’âge de 35 ans d’une surdose médicamenteuse. « J’ai beaucoup échangé avec eux pour comprendre qui ils étaient vraiment, raconte la réalisatrice. C’était très précieux car, trente ans après, ils portent aujourd’hui un regard d’adulte sur cette période. Mais il ne fallait pas non plus faire un documentaire. Pour écrire une bonne fiction, j’ai dû bousculer la chronologie et fusionner certains protagonistes. »
On avait trois personnages masculins centraux et je voulais absolument qu’il y ait aussi une femme au premier plan dans la série.
Daphné Bürki
À l’image du personnage inventé de Salomé, une directrice artistique qui, avec les 2Be3, joue sa survie professionnelle dans la maison de disques pour laquelle elle travaille. Une manageuse truculente incarnée par Daphné Bürki, très convaincante dans ce rôle. « On avait trois personnages masculins centraux et je voulais absolument qu’il y ait aussi une femme au premier plan dans la série. Quelqu’un qui rue dans les brancards, une fille avec beaucoup de panache. Daphné était parfaite pour ce rôle. On lui a mis des épaulettes énormes, de grands talons et des bijoux qui clignotent, une manière pour elle de s’imposer dans ce milieu de la musique qui était, dans les années 1990, réservé aux hommes. »
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La fiction n’occulte pas non plus les parts d’ombre de Filip Nikolic. Notamment la dégradation de sa santé mentale au fil des tournées, prémices de sa descente aux enfers lorsque la folie boys band retomba comme un soufflé au début des années 2000.
« Il avait une addiction au succès, à l’amour, à tout, reprend Yaël Langmann. Il n’en avait jamais assez. C’était le tonneau des Danaïdes, plus on le remplissait, plus il se vidait. Il a vécu une vie extrême, avec cette mélancolie qui l’habitait. Lorsqu’on a projeté la série à Adel, Frank, Valérie et sa belle-fille Tanelle, ils ont été très émus. À la fin du dernier épisode, ils se sont tous tombés dans les bras. »
Légende photo : « Culte – 2Be3 », série de 6 épisodes, disponible le 24 octobre sur Prime Video.
« Le Banquet », présentée par Anna Cabana et Gérard Holtz sur LCP (Crédits : LTD/Lionel GUERICOLAS/Agence 1827)
Les téléspectateurs de France Télévisions l’avaient quitté en larmes, en juillet 2016, au terme d’un ultime Tour de France. Neuf ans plus tard, Gérard Holtz signe son grand retour à la télévision, cette fois sur la chaîne LCP. Pour y causer non pas sport, mais culture. Le journaliste de 78 ans présentera deux vendredis par mois Le Banquet, aux côtés de la journaliste et autrice Anna Cabana (membre de la rédaction de La Tribune Dimanche).
« Cette émission est comme un club dans lequel on se retrouve à table avec des invités pour parler de cinéma, de théâtre, de BD ou de danse, confie Gérard Holtz. Ça ira de Platon à Astérix, qui est au cœur de notre première émission, à l’occasion de la sortie de l’album Astérix en Lusitanie. La deuxième sera consacrée aux prix littéraires. Quand Anna Cabana m’a appelé cet été pour me proposer ce projet, j’ai dit oui tout de suite. LCP est une chaîne que je trouve chic, originale et intelligente. »
Un nouveau défi que ne boude pas ce féru de culture – en particulier de théâtre – qui monte chaque été sur scène pour interpréter du Marivaux : « Que les choses soient claires, la télé ne m’a pas manqué une seule seconde durant toutes ces années. À l’époque, c’est moi qui ai décidé de partir de France Télévisions. Je n’ai pas été jeté, ce qui change tout. J’ai fait ce choix par amour pour ma femme Murielle [Mayette-Holtz], qui venait d’être nommée à la tête de la villa Médicis, à Rome. Delphine Ernotte [PDG de France Télévisions] avait essayé de me retenir, mais je ne me voyais pas faire des allers-retours entre l’Italie et la France. Je reviens à la télévision non pas sur un coup de tête mais sur un coup de cœur. »
Légende photo : « Le Banquet », à partir du vendredi 24 octobre à 21 heures sur LCP.
Huis clos diplomatique
Juliet Stevenson (Cindy Cohen). dans l'épisode 2 de « The Deal », une série de Jean-Stéphane Bron et Alice Winocour. (Crédits : LTD/Les Films Pelléas/Bande à Part Films/Gaumont Télévision)
Genève, printemps 2015. Sur les bords du lac Léman débute un ultime round de négociations entre les plus grandes puissances mondiales. Objectif : encadrer le programme nucléaire du régime iranien, soupçonné de vouloir se doter de l’arme atomique. Dans les salons feutrés d’un luxueux hôtel, la Suisse joue les médiatrices pour faciliter le dialogue entre les États-Unis, l’Europe, la Russie, la Chine et l’Iran. Jusqu’ici, tout est vrai.
Saupoudrez le tout d’une fictive cheffe de la mission diplomatique helvète, Alexandra Weiss, de quelques savoureuses trouvailles scénaristiques, et vous obtenez la série The Deal, diffusée à partir de jeudi en prime time sur Arte. Un petit bijou de tension qui nous fait pénétrer telle une petite souris dans ce huis clos rythmé par les coups tordus et les batailles d’ego.
Avec son écriture millimétrée, ce thriller géopolitique aussi haletant que réaliste tape dans le mille, grâce notamment à la remarquable performance de Veerle Baetens dans le rôle principal. Découverte dans le puissant film Alabama Monroe en 2012, la comédienne belge donne chair, avec une grande justesse, à cette diplomate tiraillée entre idéalisme et compromissions.
Légende photo : « The Deal », série de 6 épisodes. Les 23 et 30 octobre à 20h55 sur Arte. Déjà disponible sur la plateforme Arte.tv