ENTRETIEN — L’acteur de 52 ans interprète avec panache un personnage inspiré du photographe François-Marie Banier dans « La Femme la plus riche du monde ».Il a été Tapie pour Netflix, Dom Juan à la Comédie-Française ou un voisin -psychopathe, au cinéma, chez Paul -Verhoeven. Aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame, sur les planches que devant et derrière la caméra, Laurent Lafitte est devenu un comédien français majeur. En 2024, après douze ans de maison, il a quitté la Comédie-Française, pour accéder à d’autres sphères. Depuis, il enchaîne les rôles hauts en couleur sur grand écran : on l’a vu dans cinq films en 2024 et trois en 2025, dont le jubilatoire La Femme la plus riche du monde de Thierry Klifa (mercredi en salles).
Le comédien y campe avec délectation un photographe aussi fantasque qu’arnaqueur dans une histoire fortement inspirée de l’affaire Bettencourt… Début novembre, il sera dans T’as pas changé, la nouvelle comédie de Jérôme Commandeur. Et en décembre, en talons hauts et robes en strass, il éblouira le théâtre du Châtelet dans la peau de Zaza dans la version comédie musicale de La Cage aux folles. Autant de grands écarts qui lui vont bien.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Pierre-Alain Fantin est inspiré de François-Marie Banier et le film, de l’« affaire Bettencourt ». Avez-vous suivi ce fait divers national et étudié de près le personnage réel pour composer votre rôle ?
LAURENT LAFITTE — Bien sûr, j’ai tout lu sur cette histoire et le procès quand il a eu lieu ! Ce qui me fascine dans cette affaire, c’est sa démesure et tous les éléments de comédie qu’elle contient, parce que forcément, quand on parle de 900 millions d’euros, c’est beaucoup plus drôle que s’il avait dépouillé une petite pharmacienne de toutes ses économies pour 9000 euros ! Et puis la personnalité de Banier… a une forme de panache. Mais je n’ai pas fait un travail de copié-collé avec le réel, je me suis plutôt inspiré d’une forme d’énergie, d’une préciosité ou une façon d’accrocher un peu les r que j’ai pu voir dans les quelques rares interviews qu’il a données. Je me suis aussi nourri de ce qu’on m’a raconté sur lui, car je connais des gens qui le connaissent.