« Un art multiple mêlant poésie et chorégraphie » : à Hennebont, le spectacle équestre change d’échelle

À l'occasion de l'inauguration de la nouvelle halle équestre « L'Écrin », le 17 octobre.
LTD/Johanne Caignec

À l'occasion de l'inauguration de la nouvelle halle équestre « L'Écrin », le 17 octobre.
LTD/Johanne Caignec
Deux étalons, l’un bai-brun, l’autre couleur crème, broutent paisiblement sous le soleil de cette fin d’automne. En contrebas coule le Blavet, fleuve côtier qui se jette dans la rade de Lorient, une poignée de kilomètres plus loin. Terror et Vencedor terminent leur séjour au sein du haras national d’Hennebont, racheté par l’agglomération de Lorient fin 2016. Ces chevaux appartiennent à l’artiste Mélie Philippot, de la compagnie Hors(e) Série, en résidence.
Cette écuyère de la Creuse a coécrit en octobre le show inaugural de l’Écrin, une nouvelle halle en bois consacrée au spectacle équestre. Elle laissera place en fin de semaine à Diego n’Co, qui prendra le relais durant ces vacances de Noël sur la piste modulable, ronde ou rectangulaire. « Alors que nous nous produisons souvent dans des aménagements de fortune, ce lieu offre une grande liberté de création dans des conditions idéales », apprécie la jeune femme.
Le visiteur entre par la grille d’honneur dans l’ensemble classé monument historique, inauguré en 1857 par Napoléon III. « Dans une région tournée vers la mer, nous souhaitons aider à découvrir un territoire plus intérieur et devenir une référence sur la scène équestre nationale », espère Jean-Marc Beaumier, directeur du haras, où sont présentés 120 spectacles par an, attirant 80.000 personnes. Autrefois, seuls les agents vêtus d’un flamboyant habit rouge y avaient droit de cité. Démantelée en 2010, la prestigieuse administration avait été créée en 1665 par Colbert.
L’objectif de ces haras royaux, puis nationaux, consistait à structurer la production de chevaux, alors un enjeu stratégique avant l’invention de l’automobile. Dans la vocation de conserver et d’améliorer les races, c’est une sorte de catalogue vivant de l’étalon qui était mis à la disposition des propriétaires de juments. Aujourd’hui, ces anciennes structures perdurent comme elles le peuvent. Ainsi, si le célèbre haras du Pin garde son prestige en Normandie, ceux de Blois, dans le Loir-et-Cher, et d’Annecy, en Haute-Savoie, ont été vendus à des promoteurs immobiliers.

Hennebont se positionne comme une ville du cheval, berceau de la race de trait bretonne. Le haras abrite plusieurs spécimens, dont deux bêtes au service de cette commune de 15.000 habitants. « Je les emmène ramasser les poubelles publiques et déposer les enfants du centre de loisirs à la cantine en navette hippomobile : cela contribue à créer du lien social », estime Marion Le Forestier, responsable des écuries. Les stalles hébergent une quarantaine de chevaux au total, appartenant entre autres à deux cavaliers professionnels ou à une association d’aide par l’équithérapie de blessés militaires – soldats, pompiers, infirmiers.
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Le haras d’Hennebont se rêve scène nationale. En effet, le théâtre équestre a beaucoup évolué depuis la création de la discipline par Bartabas en 1984, installé avec sa compagnie Zingaro au fort d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. « Il a inventé un art multiple qui n’existait pas avant lui, beaucoup imité, reposant sur la relation au cheval et mêlant poésie et chorégraphie sur des musiques du monde », relève son ami Jérôme Garcin, l’ancien animateur du Masque et la Plume sur France Inter. À la fois écrivain, pour qui le cheval reste dans l’ADN littéraire, et cavalier dans le Pays d’Auge où il vit la moitié du temps, ce dernier a rédigé le texte du nouveau gala du Cadre noir de Saumur (Maine-et-Loire).
Là, le style demeure plus académique, à l’occasion du bicentenaire de ce corps de cavalerie célébré en 2025. Pour lui, « cet animal utilitaire est devenu un animal de contemplation qui incarne la beauté et le pouvoir de liberté ». Il aime autant l’admirer dans un théâtre que devant un paddock, « le plus beau spectacle qui soit ». Comme devant ce pré où paissaient Terror et Vencedor, entre les murs du haras d’Hennebont.
Durant les vacances scolaires, la visite permet d’accéder aux écuries, à la sellerie d’honneur, au nouveau snack L’Étrier… Marché de Noël le week-end des 20-21 décembre (navette hippomobile gratuite depuis le centre-ville le samedi après-midi).
📍Rue Victor-Hugo, Hennebont (Morbihan)
☎️Tél. : 02 97 89 40 30.
L’ancien atelier du maréchal-ferrant du haras est investi depuis 2016 par le coutelier Cédric Lamballais, qui y forge des lames en acier pour de superbes couteaux. Le manche peut être en buis ou en if du domaine, en frêne ou en olivier de Vendée. Modèle Penn Sardin 65 euros, couteau pliant 170 euros, avec manche en if 210 euros.
📍Haras national, 15, rue de la Bergerie, Hennebont.
☎️Tél. : 07 77 60 75 03.

Ce cinq-étoiles avait été l’un des premiers Relais & Château bretons, en surplomb du Blavet. Les anciennes écuries – « Le Club » – abritent le spa, la piscine intérieure et des chambres à l’élégant esprit équestre (à partir de 210 euros). Table étoilée sous la verrière du château.
📍Route de Port-Louis, Le Hingair, Kervignac.
☎️Tél. : 02 97 76 76 76.
Ces pulls d’officier et de sous-marinier très près du corps siéent tout autant aux hommes de la mer qu’aux cavaliers (environ 200 euros). Cette maison de 1922 a fourni la Marine nationale de 1970 à 2010, son caban et son kabig ont inspiré Chanel et Courrèges. Magasin d’usine labellisé entreprise du patrimoine vivant (visite 5 euros).
📍10, rue Nicolas-Appert, ZI des Cinq-Chemins, Guidel.
☎️Tél. : 02 97 65 97 67.

Peut-être trouverez-vous au menu des pieds de cheval, ces huîtres géantes… Le chef Nicolas Le Tirrand espère bien récupérer son étoile Michelin dans sa nouvelle adresse en bord de plage, face à l’île de Groix. Menu déjeuner à partir de 28 euros. Son plat phare : poulpe cuit à la flamme (28 euros).
📍Hôtel Les Mouettes, rue de Rennes, Larmor-Plage.
☎️Tél. : 02 97 65 50 30.
La déco a été placée sous le signe du cheval dans cette adresse reprise en mai, avec des motifs de sellerie sérigraphiés sur un pan de mur. Au déjeuner, menu (copieux) à partir de 19,50 euros.
📍1, avenue Ambroise-Croizat, Hennebont.
☎️Tél. : 02 97 36 21 44.
Un bistrot de marins sur le port où l’ambiance est joyeuse et la terrasse ventée, avec des concerts le week-end. Retour du pêcheur suivant arrivage, 15,50 euros.
📍34, rue du Port, Locmiquélic.
☎️Tél. 02 97 84 51 51.
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