Transformer un véhicule thermique en électrique, c'est possible avec le « rétrofit »

Le « rétrofit » est la conversion de véhicules thermiques existants en véhicules électriques.
CATHY DUBUISSON

Le « rétrofit » est la conversion de véhicules thermiques existants en véhicules électriques.
CATHY DUBUISSON
À la question comment rouler au quotidien dans les zones urbaines avec un véhicule à zéro émission avec un vrai look qui se démarque de la production automobile comme une 2 CV fourgonnette ? La solution, c’est le rétrofit. D’après le petit Larousse (l’ancêtre de ChatGPT) le « rétrofit » est la conversion de véhicules thermiques existants en véhicules électriques.
Objectif : accélérer la transition vers des motorisations plus propres, une démarche d’économie circulaire qui constitue une offre complémentaire aux véhicules électriques neufs. Les conditions requises sont les suivantes : le véhicule doit avoir plus de 5 ans, un contrôle technique à jour, une configuration d’origine et être immatriculé en France. C’est tout.
L’opération consiste ensuite à extraire l’ensemble du groupe motopropulseur thermique, le réservoir de carburant et la ligne d’échappement, avant d’installer un moteur électrique et un pack de batteries, ainsi que certains éléments auxiliaires spécifiques comme un boîtier électronique et le système de recharge.
D’après le cabinet de conseil de référence sur les enjeux énergie et climat Carbon 4 septembre 2024, le rétrofit électrique permet non seulement d’améliorer significativement l’empreinte carbone du véhicule à hauteur de 81 % par rapport à la poursuite de l’exploitation du véhicule diesel, mais le rétrofit électrique permet aussi une baisse plus importante des émissions de gaz à effet de serre que l’achat d’un véhicule électrique neuf.
Cet avantage est dû à l’économie de la fabrication du véhicule ainsi qu’à l’installation d’une batterie souvent plus petite que celle mise sur un véhicule électrique neuf équivalent. Le rétrofit de véhicules ne remplace donc pas la vente de véhicules électriques neufs, celle-ci restant incontournable pour une décarbonation rapide du parc roulant.
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Parmi les acteurs du Rétrofit en France pour les petits véhicules le Mehari Club de Cassis (MCC) s’est spécialisé dans l’électrification de 2 CV et sa déclinaison fourgonnette. « Il nous faut environ 30 heures de travail pour la transformation soit une petite semaine, détaille Stéphane Wimez le P.-D.G. de MCC. Ces vieilles voitures deviennent alors des véhicules publicitaires et de livraison de proximité qui attire les regards, on peut même parler de réclame ambulante. » Depuis 2021, le MCC a déjà réalisé une soixantaine de Rétrofit avec une batterie de 11 kWh, qui offre environ 80 km d’autonomie pour un temps de charge de 3h30.
Ces véhicules sont parfaitement adaptés aux livraisons du dernier kilomètre, en ville ou proche banlieue, puisque le moteur de 15 kW permet de friser les 100 km/h et donc de rouler sur voie rapide. Question budget, la conversion coûte 14.900 €, moins la prime au Rétrofit de 4.000 € (pour une 2 CV) et 808 € d’aide CEE pour les entreprises soit à peine plus de 10.000 € en tout.
Et si vous n’avez pas de fourgonnette 2 CV ? Pas de problème, le MCC peut en trouver une sans difficulté entre 5.000 et 10.000 €, mais considérant le capital sympathie de l’engin, le coût peut être absorbé par une entreprise dans les frais de communication. Toutefois, malgré son charme, la 2 CV fourgonnette reste un petit véhicule avec seulement 345 kg de charge utile.
Pour les entreprises qui ont besoin d’utilitaires de taille moyenne comme les Jumpy/Boxer/Scudo/Vivaro de Stellantis (Citröen/Peugeot/Fiat/Opel) surtout si leurs véhicules sont aménagés en camion atelier ou Food Truck, la société Qinomic a la solution idéale. Il suffit de déposer le véhicule dans un garage Feu Vert partenaire, qui se charge de l’acheminer à Angers dans les ateliers Gruau en vue de la transformation. Les 4 cylindres diesel sont remplacés par un moteur électrique de 100 kW (136 ch) et une batterie de 75 kWh installée sous le plancher sans modification du volume de chargement. Le kit est standardisé, validé et même garanti par le groupe Stellantis.
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L’autonomie revendiquée dépasse les 300 km en cycle mixte et jusqu’à 465 km en ville, ce qui suffit pour une journée de travail d’autant que la recharge rapide est possible de 20 à 80 % en 36 minutes soit le temps d’une pause déjeuner. Le coût de transformation de 33.000 € HT diminue à moins de 10.000 € HT selon les aides cumulées peuvent s’élever à 24.000 € en régions parisiennes par exemple. Comparé à un utilitaire électrique neuf comme l’Opel Vivaro à 39.300 € HT, les gestionnaires de flottes vont vite faire le calcul comme ceux d’Enedis, la Poste ou le groupe travaux publics NGE qui ont déjà reçu leurs premiers véhicules et s’en montrent très satisfaits. La raison est simple, en plus d’un TCO en diminution de 25 %, avec moins de bruit et moins de vibrations qu’en version Diesel d’origine, Qinomic joint l’utilitaire à l’agréable.