OPINION. « Face à Trump, Poutine et leurs fossiles : l’urgence d’une énergie souveraine et abordable », par Sylvain Waserman, directeur général de l'ADEME

Sylvain Waserman est président et directeur général de l'ADEME.
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Sylvain Waserman est président et directeur général de l'ADEME.
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La guerre en Ukraine conduite par Vladimir Poutine et l’offensive économique menée par Donald Trump bouleversent nos échanges commerciaux, notamment les ressources stratégiques comme les hydrocarbures et le gaz. Ce contexte géopolitique a mis en lumière une réalité brutale : la dépendance énergétique fragilise profondément l’économie française.
L’année 2022 fut un coup de semonce : prix du gaz multiplié par 10. Cette flambée soudaine illustre la vulnérabilité de notre modèle énergétique et nous rappelle de manière brutale notre dépendance à des puissances étrangères dont les intentions ne sont pas toujours bienveillantes.
Cette situation constitue cependant une opportunité stratégique : celle de renforcer notre souveraineté et notre base industrielle. En cela, la transition énergétique est plus que jamais un impératif de puissance économique.
Car l’Etat ne pourra pas financer des boucliers tarifaires à chaque crise, comme ce fut le cas avec le bouclier de 2022 ayant dépassé les 40 milliards d’euros de coût pour les finances publiques (selon le Ministre des Finances). Un coût nécessaire pour protéger le pouvoir d’achat des ménages, éviter la faillite de nos petites entreprises, nos boulangers, nos restaurateurs, mais aussi nos industries énergivores qui n’auraient pas pu survivre sans l’aide de l’Etat.
Car il existe une hémorragie plus importante encore que les intérêts de la dette (environ 55 milliards d’euros en 2025) : les 67 milliards d’euros que la France a importé en énergies fossiles l’année dernière. Cela représente 2000 euros de facture de gaz et d’essence pour un foyer moyen, facture qui peut flamber d’un jour à l’autre. Cette dépendance structurelle pèse durablement sur notre balance commerciale, nos finances publiques et le pouvoir d’achat des ménages.
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La situation géopolitique offre l’opportunité pour la France de se décarboner rapidement. Malgré notre capacité à exporter notre électricité décarbonée (grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables), notre mix énergétique dépend à 60% des énergies fossiles. Ce paradoxe souligne l’urgence d’agir sur l’électrification massive de nos usages et le verdissement de la chaleur que nous produisons. C’est une course contre la montre qui s’engage pour réduire cette dépendance.
A chaque réseau de chaleur construit pour alimenter des logements, des commerces ou encore des écoles, à chaque pompe à chaleur installée, à chaque véhicule électrique acheté, à chaque processus industriel électrifié, c’est la souveraineté énergétique de la France qui est renforcée. C’est la facture de nos importations de gaz et de pétrole qui diminue. C’est le pouvoir d’achat énergie des ménages qui est protégé. Ce sont des emplois créés et une industrie nationale consolidée.
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En 2026, l’Etat poursuit les investissements engagés comme avec le Fonds chaleur (opéré par l’ADEME) qui a permis de financer 10 000 réseaux en France depuis sa création. Chaque année, cet investissement évite d’importer 2,5 milliards d’euros d’énergies fossiles. C’est mesurable et durable.
La transition écologique n’est pas qu’un enjeu pour le climat de 2050, c’est un atout pour notre souveraineté, pour notre compétitivité, pour notre sécurité nationale !