Demain, la constitution doit prévoir que "la loi garantit la parité"

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Najat Vallaud Belkacem, ministre des droits des femmes à l'Assemblée Nationale
Najat Vallaud Belkacem, ministre des droits des femmes à l'Assemblée Nationale (Crédits : AFP)
Le projet de loi pour l’égalité « réelle » entre les femmes et les hommes sera voté solennellement en première lecture, mardi matin, à l’Assemblée Nationale. Lors des discussions sur l’article 18, Najat Vallaud Belkacem, ministre des droits des femmes, a pris une position déterminante. « La Constitution prévoit aujourd’hui que « la loi favorise la parité » demain elle devra prévoir que "la loi garantit la parité". A quand une modification de la constitution ?

C'est mardi 28 janvier, à l'Assemblée Nationale, à partir de 9 h 30, qu'interviendra le vote solennel de la loi cadre pour l'égalité entre les femmes et les hommes, rebaptisée sur proposition de son rapporteur Sébastien Denaja, loi pour l'égalité « réelle » entre les femmes et les hommes.

Après une semaine de débats et les premiers échanges musclés, autour de l'amendement proposé par les députés socialistes de supprimer la notion de détresse pour l'avortement, contrecarré par un amendement (rejeté) visant à ne plus rembourser l'IVG, défendu par les conservateurs, le projet de loi a été majoritairement plébiscité par les républicains en première lecture à l'Assemblée Nationale. Certes, bien sûr, des invectives lancées entre les opposants les plus réfractaires (minoritaires) et les députés de gauche ont donné lieu à des passes d'armes, dont certaines nous renvoyaient 40 ans en arrière, mais exception faite de quelques saillies d'une dizaine de députés les plus réactionnaires de l'hémicycle et de Marion Maréchal Le Pen, la concorde a régné sur les bancs du palais Bourbon. Le projet de loi a fait consensus.

Petit digest de ce qui devrait changer, dans l'attente d'une confirmation en deuxième lecture du texte au Sénat et à l'Assemblée.

  1. Avortement.  L'article "5 quinquies C" supprime du Code de la santé publique la notion de "détresse" pour une femme voulant demander une IVG et la remplace par les mots : "qui ne veut pas poursuivre une grossesse". Le projet de loi renforce le délit d'entrave à l'accès à l'avortement. En effet, l'article 5 considère également qu'empêcher l'accès d'une femme à l'information sur l'avortement constitue un délit d'entrave.
  2. Congé parental. Alors qu'actuellement, 97 % du demi-million de personnes qui prennent ce type de congé sont des femmes, le texte prévoit pour les parents d'un seul enfant, qui ont aujourd'hui droit à six mois de congé, qu'ils pourront prendre six mois de plus à condition que ce soit le second parent qui en soit bénéficiaire. À partir de deux enfants, la durée du congé restera de trois ans, à condition que six mois soient pris par le second parent, sinon elle sera raccourcie à deux ans et demi.
  3. Renforcement des droits et de la protection des pères et conjoints salariés. Une période de protection de la rupture du contrat de travail de 4 semaines suivant la naissance de l'enfant est prévue pour les contrats de travail concernant les hommes salariés. Une autorisation d'absence pour suivi des examens médicaux (trois) est également accordée au conjoint, concubin et partenaire lié par un PACS de la femme enceinte.
  4. Des commandes publiques exemplaires. Les entreprises de plus de 50 salariés ne pourront candidater à la commande publique que si elles sont en mesure d'attester qu'elles respectent leurs obligations légales en matière d'égalité professionnelle.
  5. Pensions alimentaires. La solidarité publique prendra le relais du parent défaillant mais les services publics se retourneront vers lui en faisant valoir des moyens de recouvrement renforcés. Mis en œuvre à partir de 2016, ce dispositif sera expérimenté dés cette année dans une vingtaine de caisses d'allocation familiales. Il est construit à partir de l'Allocation de Soutien Familial, en lien avec les juges aux affaires familiales.
  6. Renforcement de la protection des femmes victimes de violence quelle que soit leur situation administrative. La ligne d'écoute, Grand Danger 3919, sera dés ce mois-ci le numéro unique sur les violences conjugales, le viol, les mutilations sexuelles ou le mariage forcé. Un stage de responsabilisation aux frais des auteurs de violences sera créé, pour la prévention et la lutte contre les violences intra-familiales et sexistes. La ministre a assuré qu'elle soutiendrait une proposition de loi pour inscrire l'incrimination d'inceste dans le code pénal et l'absence présumée de consentement de l'enfant. Un amendement PS pour mieux protéger les enfants a également été adopté qui prévoit, que lorsqu'un parent est coupable de meurtre au sein du couple, la justice se pose systématiquement la question du retrait de l'autorité parentale.
  7. Harcèlement. L'article 12 franchit une étape supplémentaire dans la reconnaissance des violences psychologiques, puisqu'il harmonise les définitions des délits de harcèlement moral et de harcèlement au sein du couple avec celle du harcèlement sexuel. De l'avis d'Edith Gueugneau « Si les coups laissent des traces, il n'en va pas ainsi des violences psychologiques, qui sont plus difficiles à évaluer et qui posent la question de la preuve. Ainsi, un médecin peut constater par certificat médical un état de détresse psychologique, mais il n'est pas en mesure d'établir un lien avec d'éventuelles violences faites par écrit. Ces violences qui ne sont pas physiques, qu'elles soient psychologiques, symboliques ou économiques, font aussi des ravages et rendent de plus en plus difficile la parole de la victime, premier pas pour sortir de ce piège vicieux.  Ces violences doivent être appréhendées avec attention. C'est l'objectif de l'article 11 bis, lequel prévoit la prise en considération des SMS et des MMS, ce qui est loin d'être anecdotique pour les procédures à venir. » Le harcèlement sexuel sera mieux sanctionné, à l'université et dans l'entreprise. De nouvelles incriminations sont créées pour sanctionner d'autres formes de harcèlement comme l'envoi réitéré de messages électroniques malveillants.
  8. Hyper-sexualisation des enfants. Les députés ont approuvé sans réserve l'amendement présenté au Sénat par Chantal Jouanno, établissant l'interdiction des concours de mini-miss pour les moins de 13 ans, assortie d'une amende de 1.500 euros pour les contrevenants.
  9. Protection de l'image de la femme dans l'audiovisuel public et sur internet, le CSA veillera par exemple à la juste représentation des femmes, à la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes, à la lutte contre la diffusion de stéréotypes sexistes et d'images dégradantes. Les associations sportives comme les entreprises culturelles devront également veiller à la promotion de la parité dans leurs directions.
  10. Parité. Alors que l'Assemblée nationale ne compte à ce jour que 26,9 % de femmes députées, la France se trouvant au trente-sixième rang mondial, au dixième rang européen en matière de parité, les députés ont alourdi les sanctions financières pour les partis politiques ne respectant pas la parité dans les candidatures aux législatives : le texte porte à 200 %, à compter de 2017, le taux de modulation applicable. Par ailleurs, les députés ont souhaité que l'Institut de France s'ouvre aux femmes et fait obligation aux administrations de s'adresser aux femmes sous leurs noms de naissance, sauf si elles désirent être désignées par leurs noms de femmes mariées. La parité sera instaurée dans les conseils économiques et sociaux régionaux, les chambres d'agriculture, les chambres des métiers d'ici 10 ans ainsi que dans toutes les autorités administratives indépendantes collégiales et les commissions et instances consultatives et délibératives de l'état.

Par ailleurs, Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des droits des femmes a pris une position déterminante qui conforte les associations féminines qui prônent un changement de constitution pour une parité irrévocable.

Extrait de la discussion en séance.

Catherine Coutelle, présidente de la délégation des droits aux femmes

« L'article 1er de la Constitution « favorise » l'accès des femmes aux postes de responsabilité. Cette terminologie remonte à la loi Jospin sur la parité et résulte d'un compromis. En période de cohabitation, et pour que le Sénat vote cette réforme, il a été jugé préférable d'écrire : la loi « favorise » l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, plutôt que la loi « garantit » l'égal accès. Mais dès qu'une réforme constitutionnelle se présentera, je peux vous assurer que la délégation aux droits des femmes a l'intention de présenter une nouvelle modification de cet article 1er allant dans ce sens. Pourquoi nous battons-nous pour la parité ? Parce qu'il s'agit d'un droit, alors que les femmes représentent la moitié de la sphère publique. Au nom de la parité, il faut partager le pouvoir en deux. Il n'y a aucune raison que les femmes soient écartées et privées de responsabilités dans des pans entiers de la vie économique et politique. »

(…) En réponse, Najat Vallaud Belkacem, ministre des droits des femmes

« À Mme la présidente de la délégation aux droits des femmes, je voudrais dire que j'ai bien entendu ses propositions en matière constitutionnelle : la Constitution prévoit aujourd'hui que « la loi favorise la parité » ; elle doit prévoir demain que « la loi garantit la parité ». Il serait en effet utile que votre délégation porte une telle proposition de réforme constitutionnelle. Cela nous facilitera sans doute la tâche pour aller encore plus loin, si besoin en était. »

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Commentaires
a écrit le 29/01/2014 à 17:47 :
La place des femmes est à la cuisine ou à s'occuper des enfants. Honte à ce gouvernement qui veut détruire les bases de la societe française !
Réponse de le 02/02/2014 à 13:01 :
...et surtout la place des femmes est dans un endroit sans accès Internet, hein ?
a écrit le 29/01/2014 à 11:02 :
Grâce à la technique, on n'aura bientôt plus besoin d'hommes. Des spermatozoïdes ont été créés à partir de tissus de peau. Dans 5 ans, ce sera une technologie parfaitement courante. De plus, on pourra choisir le sexe de l'enfant dès la conception. Les hommes peuvent donc disparaitre, on ne le regrettera pas d'ailleurs. BK est visionnaire.
a écrit le 28/01/2014 à 9:48 :
Ainsi belkacine veut imposer la parité par la contrainte ?
Faut-il lui rappeler que certains métiers attirent plus les femmes comme d'autres attirent plus les hommes ? Elle semble ne pas bien comprendre le principe de l'égalité de droit et le confondre avec une négation des différences hommes-femmes. En période de chômage il va donc falloir freiner les embauches dans le BTP faute de candidates pour assurer la parité, on ne prendra les hommes non plus. Et dans les métiers de l'enfance, si trop peu d'hommes candidatent, on ne prendra pas de femmes non plus... faudra t'il également licencier celles déjà en place pour assurer un effectif égal à celui des hommes (5%) ?
A lire la partie sur le congé parental, s'occuper de ses enfants semble être pour une femme une contrainte insurmontable imposer par un mari tout puissant. La réalité en est bien loin ... Ma fille est née il y a un mois et ma femme a souhaité prendre un congé parental pour profiter d'elle et je dois donc continuer à travailler durant la période. Ca lui permet de se reposer de la grossesse qui malgré la parité est toujours plus pénible pour les femmes que pour les hommes (que fait bélkacine ?!) et de voir grandir sa fille. Je continue à travailler, il faut bien nourrir ma famille. Ca n'aurait eu aucun sens de faire l'inverse, je n'ai pas souffert de la grossesse et de l'accouchement, elle a besoin de ce congé, pas moi ; pourquoi le lui raccourcir de 6 mois ?
La parité est bien plus représentée en entreprise qu'en politique, charité bien ordonnée commençant par soit même, il faudrait supprimer réellement le cumule de mandats qui nous impose toujours la même gérontocratie, forcément plus masculine puisque d'un autre temps où la femme n'avait pas la place qu'elle a aujourd'hui.
Réponse de le 30/01/2014 à 9:26 :
Il est facile d’évoquer la « nature féminine » pour refuser de voir les inégalités dont sont victimes les femmes. On ne peut espérer améliorer la situation des femmes sans poser la question des discriminations, de l’égalité des chances, en même temps que celle du système dans lequel ces chances s’exercent et si l’on ne réduit pas les inégalités d’ensemble.. Il faut aussi savoir de quoi nous parlons : La parité et l’accès des femmes aux responsabilités, c’est la transformation de ce modèle du monopole masculin du pouvoir politique et qui met du sens de la représentation démocratique. Pourquoi et comment tendre vers le partage du pouvoir politique entre les sexes. Vous confondez aussi congé de maternité et congé parental en quoi votre enfant aurait moins besoin de la présence de son père, ce n’est qu’un stéréotype de plus du le rôle assigné aux femmes La France se distingue de ses partenaires européens par la longueur de son congé parental. Cette durée éloigne les femmes du marché du travail, et affecte durablement leur employabilité notamment quand elles sont peu qualifiées ; favoriser un meilleur partage des responsabilités parentales et permettre aux pères qui souhaitent s’investir auprès de leurs enfants, de ne plus être confrontés au poids des résistances culturelles. Les mères subissent une pénalité à la naissance des enfants dont les pères sont exonérés : 40 % des mères changent de situation professionnelle à la naissance d’un enfant, contre 6 % des pères. Une année d’interruption de travail à la naissance d’un enfant conduit à une baisse de salaire annuel de 10 % une fois le retour à l’emploi effectué. Cette pénalité se poursuit à l’âge de la retraite. Pour permettre aux femmes de poursuivre leurs carrières professionnelles dans des conditions similaires à celle des hommes ou simplement d’accéder à l’emploi, mais aussi pour favoriser un plus juste partage des tâches entre les membres du couple, il était essentiel de fixer des contraintes et de prévoir des incitations à l’égalité y compris dans la conception même des dispositifs sociaux. Si le secteur du care, majoritairement occupé par les femmes, continue de renvoyer à une éthique et des compétences de “nature” prétendument féminine, les hommes sont assignés à des métiers associés à la force et à la technique dans l’industrie, la construction ou le transport. Seuls 17 % des métiers comportent entre 40 % et 60 % des deux sexes. Cela contribue directement au renforcement des stéréotypes chez les jeunes, notamment en matière d’orientation scolaire. Il importe de déterminer des secteurs et métiers clés sur lesquels un effort stratégique de montée en mixité est nécessaire, au-delà du seul effort en faveur des filles ingénieurs Les femmes et les hommes n’exercent pas les mêmes métiers. Les freins à l’emploi des femmes persistent et se renouvellent, ils sont multiples et concernent à la fois la quantité d’emplois offerts aux femmes et la qualité des emplois qu’elles occupent: emplois à temps partiel, secteurs d’activité offrant des contrats de moins bonne qualité et moins rémunérateurs, déclassement générant un accès à l’emploi au prix de conditions d’emploi moins bonnes... L’accès à l’emploi ne peut donc être dissocié de la qualité des emplois. Par delà l’emploi, c’est de l’autonomie économique des femmes dont il s’agit l’autonomie qui est une question essentielle pour traiter de la place des femmes dans la société, de leur statut, de leur poids dans les rapports sociaux de sexe. Cela est vrai au niveau individuel tout comme au niveau sociétal
a écrit le 27/01/2014 à 10:17 :
Joli tir de barrage de tous les machos qui baignent dans la culture du viol et de la domination, de la prostitution à la pornographie qui nous réduit … Il reste encore du chemin pour arriver à la parité dans l’éducation et l’emploi .Le sexisme ce n’est pas vouloir l égalité femme/homme il n’y aucun privilège à vouloir être reconnu comme un être humain sexué, c’est bien nier que la société s’est construite sur la discrimination sexuelle Aujourd’hui les filles ont un meilleur niveau d'éducation que les garçons et l'emploi des femmes a augmenté. Mais il sera difficile de réaliser pleinement le potentiel des femmes sans améliorer l'accès aux services de garde des enfants, partager les tâches ménagères de façon plus équitable et changer les normes sociales discriminatoires. Des politiques bien pensées peuvent aider, mais d'autres mesures doivent être envisagées. Toutes ces statistiques nous donnent à la fois des messages encourageants, ils mettent aussi en évidence que certains stéréotypes perdurent et qu’il est toujours plus difficile pour une femme d’accéder au plus haut niveau d’études, de s’orienter vers les filières dites scientifiques ou d’occuper les postes les plus importants et mieux rémunérés sur le marché du travail. Les progrès observés sur le marché du travail sont aussi dus à un grand nombre d’initiatives en faveur de la réduction des inégalités entre les sexes en matière d’emploi. À titre d’exemple, dans les pays nordiques, en Allemagne et au Portugal, les pères peuvent bénéficier d’un congé parental et d’un complément de revenus pour la durée de ce congé. En Islande et en Norvège, le conseil d’administration de certaines sociétés doit être composé d’au moins 40 % de femmes, selon la taille de la société et le nombre de membres siégeant au conseil d’administration. Des lois similaires ont été adoptées dans d’autres pays de l’OCDE (en Belgique, en France, en Italie et aux Pays-Bas). Certaines entreprises (comme Deutsche Telekom) ont choisi de s’imposer des quotas de femmes parmi les cadres. Cependant, on peut s’interroger sur la réussite de toutes ces initiatives sur la performance intrinsèque des entreprises si les stéréotypes qui existent encore dans l’éducation ne sont pas atténués, on voit bien sur ce forum que nos garçon s’estime « naturellement » supérieurs On aura beau créer des quotas dans les entreprises par exemple sur des postes scientifiques, il sera toujours difficile de trouver suffisamment de femmes avec les capacités pour les occuper si les taux d’accès à l’université de ces filières n’augmentent pas dans les prochaines années
a écrit le 27/01/2014 à 8:52 :
Jamais un ministre n'a autant été anti homme. On connaissait à ces politicards leur absence de respect pour le droit à l'expression libre, à la circulation libre, à l'utilisation libre de son corps etc. Maintenant il faut casser les hommes, niveler encore une fois par le bas. Malheureusement du haut de mes presque 40 ans, jamais je n'ai vu un tel fossé, une telle ségrégation, une telle distance entre les hommes et les femmes qu'aujourd'hui. Qu'en sera t il demain? Nul doute que ce sera pire. "Libres et égaux en droit" : voilà ce que dit la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, texte fondateur de notre république. Il serait temps de revenir aux fondamentaux.
Réponse de le 28/01/2014 à 10:04 :
Les Droits de l’homme sont constamment bafoués de nos jours, et ceux de la femme depuis toujours niés, il n’est plus possible de croire qu’il suffit d’invoquer les Droits humains pour en établir l’exercice réel sur la terre. L’être humain universel et universellement respecté demeure au ciel des idées. Nous le trouvons dans un discours généreux mais non pas dans la réalité. Le rapport existant entre les hommes et les femmes n’est pas un rapport humaniste mais un rapport de force, de domination. Ce rapport détermine l’histoire aussi sûrement que des caractères fondamentaux de l’espèce humaine: Inutile de démontrer davantage à quel point le couple humanisme-économisme est à l’honneur et à quel point les femmes en font les frais. Cette union étroite, conjugale, cette promiscuité faussement sentimentale, recouvre une double exploitation : économique et idéologique. On ne règlera pas le sort des femmes ni celui de la société, et partant de l’humanité toute entière, par des combinaisons suspectes, un rapport mal posé.
Quant à utilisation libre de nos corps je ne pense pas que vous parlez de nos droits sexuels et reproductifs qui sont restreints ou refusés C’est plutôt l’échange économico-sexuel caractérisé par le fait qu’il suppose une valeur aux femmes que les hommes peuvent posséder. Dans l’économie patriarcale, la valeur d’une femme réside dans le fait qu’elle puisse être cédée à un homme. « Sa » sexualité peut donc l’être aussi. L’accès sexuel plus ou moins total aux femmes est appelé sexualité et ouvert à la concurrence des hommes dans l’appropriation collective. Prostitution et pornographie définissent désormais les contours de la sexualité dès lors qu’elles souscrivent au critère néolibéral du libre choix La prospection publicitaire réifie les femmes en marchandises et mène à une destruction sexiste de leur estime de soi. En parallèle, nous assistons à un marketing agressif des industriels de la prostitution et de la pornographie qui pourvoient à la sexualité patriarcale des hommes. C’est ainsi que les intérêts capitalistes et néolibéraux s’ajustent à l’économie patriarcale de l’échange économico-sexuel. Il semble que l’expropriation de la sexualité des femmes au bénéfice des hommes s’industrialise et se mondialise. La marchandisation de la sexualité de service des femmes, loin d’être une libération, n’est que la libéralisation du droit sexuel absolu que les hommes ont sur les femmes dans un régime patriarcal.
a écrit le 27/01/2014 à 7:24 :
Mais oui. C'est bien de la peur qu'on peut sentir à travers vos commentaires de mâles qui tremblent de perdre la moindre miette de leur petite suprématie. Je conviens qu'imposer des quotas est complètement artificiel et je doute du résultat. Mais cela a au moins le mérite de mettre en lumière la condition féminine très souvent au rabais dans notre beau pays égalitaire. Une "minorité" qui représente au moins la moitié de la population est-elle réellement minoritaire ? Et si le salaire des femmes se trouve aligné sur celui des hommes pour le même travail, croyez bien, Messieurs, qu'elles apprécieront d'ouvrir elles-mêmes les portes (et tout spécialement les plus intéressantes, celles du pouvoir)...
Réponse de le 28/01/2014 à 9:32 :
Il me tarde de voir les recrutements dans le BTP pour assurer la parité, ça va être sympa de trouver des candidates. Ca n'est venu à l'idée de personne qu'il y certains métiers que les femmes ne veulent pas exercer ?
Réponse de le 29/01/2014 à 9:08 :
Ne veulent pas ou ne peuvent pas ? Certains préjugés sociaux sont coriaces (il faudrait une force physique supérieure, donc masculine, pour survivre sur un chantier,...) et découragent les plus motivées.
Connaissez-vous certains métiers que les hommes ne veulent pas exercer ?
En vous penchant sur la question vous constaterez que ces métiers sont curieusement en bas de l'échelle sociale et de la grille des salaires.
Mais vous avez touché du doigt dans votre commentaire LE point crucial, LA SEULE inégalité qui persistera, celle qui fait si peur aux hommes qu'ils la font payer aux femmes depuis la nuit des temps : le pouvoir de donner la Vie. Avouez qu'il y a de quoi se considérer comme légitimement supérieures. Mais comme les femmes sont des êtres doués de raison et naturellement enclins à l'apaisement, elles ne se battront que pour l'égalité et le respect. Ça reste raisonnable, non ?
a écrit le 27/01/2014 à 7:13 :
Parité,
Ok mais a t on renforcer le droit des pères?
Donc pour ma part je parlerai parité quand les pères auront les mêmes droits que les mères concernant la garde des enfants.
Réponse de le 27/01/2014 à 10:41 :
Tant que les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes et des salaires équivalents, on ne peut parler d’égalité en ce qui concerne les divorces/séparations et la garde des enfants. Une meilleure répartition de la parentalité va évidemment de paire avec la parité Mais par ailleurs une majorité de pères ne revendiquent pas la résidence principale ou en alternance, par principe, pour des raisons pragmatiques de plus grande disponibilité de la mère, ou par autocensure S’agissant des dossiers de divorce, pour ce qui concerne la résidence des enfants, dans environ 50% des affaires le divorce est un « consentement mutuel », ce qui signifie que ce sont les deux parents qui, eux-mêmes et ensemble, décident chez qui leur enfant va vivre. Il n’y a donc aucun conflit sur ce point et aucun des deux ne peut prétendre être désavantagé par rapport à l’autre ; Dans les autres divorces, qualifiés de « contentieux » (les 50% restants), le désaccord porte principalement sur la raison d’être du divorce et éventuellement ses conséquences matérielles et financières. En effet, même dans ces dossiers hors consentement mutuel, les parents sont d’accord sur le lieu de résidence de leur enfant dans environ 87% des cas, et majoritairement l’accord entre eux deux aboutit à une résidence au domicile de la mère. Il n’y a donc un véritable conflit entre les deux parents à propos du lieu de vie de l’enfant que dans 6,5% des divorces ; Enfin, quand les droits de rencontre d’un parent ont été réduits, c’est à chaque fois pour des difficultés liées à son comportement (violence, alcool, stupéfiants, agressions sexuelles...) ou à cause d’une absence de logement adapté.
a écrit le 27/01/2014 à 4:51 :
Garantir la parité ? Et pourquoi pas le beau temps !
J'ai travaillé près de 25 ans dans le secteur médico-social : deux tiers de femmes partout !
Nous aurions bien voulu la parité, pour l'éducation de jeunes très difficile, c'aurait été beaucoup mieux ...mais on ne trouve pas assez d'hommes !
Donc aucune entreprise du secteur ne peut répondre à un appel d'offre public !
Dans l'éducation nationale, le problème est le même
a écrit le 27/01/2014 à 3:47 :
Gouvernement incomparable, qui a su s'affranchir sans complexe de toute obligation d'intelligence! La "parité hommes-femmes" est parfaitement contraire à l'égalité des droits entre l'homme et la femme, mais cette position parfaitement illogique ne dérange plus nos politiciens du "plus décadent que moi, tu meurs": Elle participe de la furie féministe qui frappe depuis trop longtemps. Elle participe du détricotage systématique de toutes les valeurs de notre civilisation. Quand ce cauchemar aura pris fin, nous abolirons toutes ces lois imbéciles...
Réponse de le 27/01/2014 à 4:53 :
Vous avez entièrement raison, c'est un problème fondamental et incontournable.
a écrit le 26/01/2014 à 21:26 :
Parité ok! Mais aussi finit la galanterie envers les femmes! Pourquoi laisser sa place à une femme dans les transports publics, pourquoi ouvrir la porte à une femme, pourquoi descendre les escaliers devant une femme ou monter avant, pourquoi aider une femme a faire les travaux pénibles!
a écrit le 26/01/2014 à 20:57 :
Et on veut aussi la parité entre les grands et les petits, les gros et les maigres, les blancs, les jaunes, les noirs et les autres, les diabétiques et les non diabétiques, etc............. Elle ferait mieux de se battre sur le vrai sujet, à savoir que les gens ne sont pas égaux en droit comme le prévoit la constitution :-)
a écrit le 26/01/2014 à 20:16 :
Il faudra un jour dire clairement que ce sont des malades qui nous gouvernent, ou des gens sans foi ni loi : en tout cas ce ne sont pas des individus emprunt du rôle qui est le leur, ils agissent en président d’association sociétale et manipulent l'opinion.
Égalité devant la Loi, c'est tout ; au-delà il s'agit d'un travesti de la volonté populaire. Par exemple les femmes candidats ont en moyenne moins de suffrages que les hommes, avec cette parité obligatoire on va modifier le vote naturel.
Et puis à quand des quota de blonds aux yeux bleus, sans compter que les homo sont lésés, c'est intolérable !

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