Investisseur recherche « equity story » désespérément

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(Crédits : Tribune)
L'échec cuisant de l'introduction en Bourse de Lucien Barrière raisonne comme un avertissement pour les futurs prétendants à la cote. Dans un contexte économique incertain, les investisseurs veulent pouvoir se reposer sur de solides histoires de croissance et le font savoir.

Lucien Barrière a servi de martyr mais pour la bonne cause. La suspension de son projet d'introduction était prévisible. Dès le départ le dossier était bancal. Pas seulement parce qu'il était le fruit d'une décision dictée par une volonté d'ordre plus actionarial qu'industriel. Au-delà d'un prix d'introduction raisonnable de bas de fourchette, qui valorisait le groupe entre 575 et 700 millions d'euros, soit 54 à 66% de son chiffre d'affaires annuel 2009, l'opération se fondait sur des perspectives d'avenir pour le moins incertaines. Les déboires économiques et boursiers de Partouche avaient déjà mis en lumière le déficit structurel de croissance du marché des casinos en dur. Sachant que pour la partie des développements de site de poker en ligne, le gâteau est déjà largement entamé. En clair, la valeur du ticket d'entrée ne fait pas tout, encore faut-il que la projection ait lieu.
Le cas Lucien Barrière raisonne comme un avertissement pour les futurs prétendants à la Bourse de Paris. Les investisseurs attendent de vrais projets d'entreprises. On aurait pu croire que face à la rareté des introductions en Bourse de taille un tant soit peu significative, les investisseurs saisiraient la moindre occasion pour se positionner sur de nouveaux entrants. Ne serait-ce que pour avoir quelque chose de neuf à proposer à leurs clients. Seulement voilà, depuis CFAO en novembre 2009, et exception faite de la double cotation de Rusal entre Hong-Kong et Paris, les plus grosses introductions en Bourse résultent soit d'opérations de recentrage stratégique (confère Edenred), soit de montages financiers destinés à alléger le fardeau de la dette héritée de la grande époque des fonds de LBO (confère : Medica). Il est grand temps de faire rêver le marché avec de vraies histoires de croissance.

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