Peut-on fabriquer de la confiance en entreprise ?

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Geert Hofstede, psychologue chez IBM, raconte avoir soumis un jour un problème de gestion des ressources humaines à des groupes d'employés en France, en Allemagne et en Angleterre. Le problème portait sur un conflit entre deux départements d'IBM.

Pour le résoudre, le groupe d'employés anglais proposait d'accroître la communication entre les deux départements, les Allemands suggéraient d'établir des règles précises afin que le problème ne se pose plus dans le futur. Quant aux Français ils recommandaient... de renvoyer le problème à l'échelon hiérarchique supérieur !
Cet exemple est emblématique. L'univers professionnel des Français est hiérarchisé à l'extrême. Il nous angoisse et nourrit profondément notre défiance envers manageurs et collègues. Cet univers handicape aussi nos performances économiques. La nouvelle économie de l'innovation et des services nécessite une organisation horizontale du travail, basée sur l'autonomie et la responsabilisation de chacun.
Malheureusement, la hiérarchie est profondément enracinée dans notre société. Le fonctionnement hiérarchique et élitiste de l'école nourrit celui des entreprises et de l'Etat. Plus qu'ailleurs, notre école est en charge de la seule transmission du savoir au détriment de l'apprentissage de la coopération. Plus qu'ailleurs elle classe et trie les élèves. En conséquence, nos entreprises s'appuient surtout sur la hiérarchie pour gérer les ressources humaines. Ce mode de gestion renforce, en retour, l'école dans son rôle de machine à trier alors qu'elle devrait d'abord apprendre à nos enfants à travailler ensemble.
La bonne nouvelle est qu'un tel cercle vicieux n'est pas une fatalité. Un management des entreprises qui favorise la décentralisation des décisions et la coopération permet d'allier performances économiques et sociales. Des pratiques pédagogiques centrées sur le travail en groupes développent la confiance en soi et dans les autres, mais aussi les résultats scolaires. Une multitude d'études et d'expériences à travers le monde le confirment. Et si la France s'inspirait de ces bonnes pratiques pour rétablir la confiance ?

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Commentaires
a écrit le 24/02/2013 à 6:03 :
Commençons par remplacer la condescendance par la déférence dans les relations humaines et repenser ainsi la question de l'engagement en entreprise. Autre question, pourquoi a-t-on en France cette culture de la Prépa humiliante et destructrice psychologiquement qui ne peut que rigidifier pathologiquement les égos de celles et ceux qui auront "survécu" et accéderont par la suite à des postes de hautes responsabilités en entreprise et dans l'administration ? D'où nous viens cette manière de concevoir l'avenir ?
a écrit le 13/11/2012 à 11:51 :
très bon article; à faire lire et commenter dans toutes les grandes écoles françaises .

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