Les nouveaux champions de la Chine à l'export se préparent

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(Crédits : DR)
L'année 2015 verra probablement la naissance de deux nouveaux « géants » chinois dans les industries ferroviaire et le nucléaire, issus de la fusion partielle ou totale des groupes structurant chacun de ces secteurs aujourd'hui. Cette évolution reprendra un schéma déjà appliqué par la Chine dans l'industrie aéronautique, mais avec une différence : sa principale motivation sera, dans les deux cas, la conquête des marchés export.

La fusion de CNR et CSR, les deux grands constructeurs chinois de matériel ferroviaire roulant, est en cours d'examen par le gouvernement, et paraît acquise. L'appellation du futur nouveau géant, CRVC (China Railway Vehicles Corp.) aurait même été arrêtée.

Une fusion, partielle ou totale, entre CNNC (China National Nuclear Corp.) et CGN (China General Nuclear), les deux grands constructeurs et opérateurs de centrales nucléaires du pays, paraît moins avancée. Mais le projet aurait d'ores et déjà été soumis à la SASAC (State Assets Supervision and Administration Commission), étape préliminaire à son approbation gouvernementale.

Evolution stratégique

Ces deux industries de hautes technologies entreraient ainsi dans une phase d'évolution stratégique.

Les deux grandes entités séparées opérant dans chacune jusqu'à maintenant, l'avaient été pour susciter une concurrence domestique aiguillant leur développement. Et pour démultiplier les occasions de partenariats étrangers porteuses de transferts technologiques - coopérations avec le japonais Kawasaki et le canadien Bombardier pour CSR, et avec l'allemand Siemens et le français Alstom pour CNR ; coopérations avec l'américain Westinghouse, le canadien Candu et le russe Rosatom pour CNNC, et avec le français Areva pour CGN.

Elles passeraient maintenant à la mise en commun des ressources ainsi acquises au cours des vingt dernières années, pour la recherche de synergies.

Le précédent de l'aéronautique

Une autre industrie chinoise de haute technologie, l'aéronautique, a montré le chemin de cette évolution.

Séparé entre 1999 et 2008 en deux entités (AVIC I et AVIC II) mises en concurrence, le conglomérat Aviation Industry of China (AVIC) a été réunifié en 2008, pour la mise en commun des divers savoir-faire acquis. Et pour le pilotage par une structure séparée spécifique, la Comac (Commercial Aircraft of China), des grands projets aéronautiques civils nationaux (jet régional ARJ21 et moyen-courrier C919).

Objectif export

Il existe cependant une différence importante entre l'évolution récente enregistrée par l'industrie aéronautique chinoise, et celles qui s'annoncent dans ses industries ferroviaire et nucléaire.

Alors qu'AVIC, et la Comac, ont été unifié, et créé, pour porter un projet essentiellement tourné vers le marché domestique, faute d'expérience préalable, les « champions » en passe d'être créés aujourd'hui, forts d'une expérience importante bien que récente, auront l'exportation pour objectif principal.

Le nouveau « géant » ferroviaire chinois visera ainsi notamment à éviter que les différents modèles de CRH (China Railway Highspeed, les rames à grande vitesse) développés par CNR et CSR entrent en concurrence sur des marchés étrangers.

Et son équivalent dans le nucléaire proposerait à l'export une offre cohérente, dont la volonté a été illustrée depuis 2011 par la mise en commun des réacteurs « nationaux » développés par CNNC et CGN, pour donner naissance au modèle Hualong.

Appuis de poids

Les nouveaux groupes unifiés dont la Chine devrait se doter en 2015, donneront à ses industries ferroviaire et nucléaire des champions à la hauteur des appuis politiques et financiers dont elles bénéficient.

Le plus puissant de leurs promoteurs sur le marché mondial, n'est ainsi autre que le Premier ministre Li Keqiang. Du Nigeria au Royaume-Uni, en passant par l'Afrique du Sud ou la Roumanie, le chef du gouvernement chinois a ponctué ses visites officielles depuis 2013 d'accords engageant la Chine dans des coopérations sur des projets ferroviaires ou nucléaires, et parfois sur les deux. Et expliqué que de telles coopérations bénéficieraient du soutien financier des grandes banques publiques chinoises.

Les futurs nouveaux champions de l'industrie chinoise qui devraient apparaître en 2015 partiront avec des objectifs ; et avec des moyens pour les atteindre.

Jean-François Dufour, Directeur, DCA Chine-Analyse

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Commentaires
a écrit le 31/12/2014 à 17:03 :
Si les trains d'Alstom et leurs TGV sont d'une technologie tellement supérieur aux autres, Alstom n'a rien à craindre des chinois. On verra.
a écrit le 31/12/2014 à 12:24 :
vous achetez des produits chinechines vous? Pas moi non merci j'ai déjà donné
Réponse de le 05/01/2015 à 16:36 :
La Chine ne compte pas de vous achetez mais elle vous achète de qu'elle réaction de vous réagissez comme ça!
a écrit le 30/12/2014 à 18:14 :
Et oui ! Les Chinois aspirent les technologies des autres pour les concurrencer 10 ans après. Nous en Europe la commission européenne bloque les fusions pour entrave à la concurrence...
a écrit le 29/12/2014 à 14:35 :
Le vieux TGV rouillé français toujours sale et en panne sera bientôt à la ferraille. Quant au nucléaire, l'action AREVA a perdu 90% de sa valeur depuis 2008. C'est cuit. Ce pays socialiste est comateux. Il ne restera RIEN avant 10 ans. Juste la Tour Eiffel, le pinard, et la morale..... Jeunes fuyez !!!!'
Réponse de le 29/12/2014 à 15:14 :
Désolé de vous contredire, mais Alstom ayant été le seul fabricant de rames à grande vitesse à ne pas céder ses technologies majeures à la Chine (à la différnce de Siemens, Kawasaki et Bombardier), notre "vieux TGV" me paraît le seul susceptible de tenir tête à l'offensive de la future CRVC.
Réponse de le 30/12/2014 à 1:23 :
"Juste la Tour Eiffel, le pinard, et la morale..... Jeunes fuyez !!!!"

et a part baisser votre froc vous savez faire quoi?
Réponse de le 31/12/2014 à 12:26 :
@@pierpaul
il dit encore encore s'il te plait Eh oui
a écrit le 29/12/2014 à 13:12 :
Pendant qu'en France des élus corrompus passaient leur temps à faire en sorte de rester sur leurs postes sans rien apporter au pays, la Chine a su construire une stratégie industrielle et commerciale de long terme. D'abord la formation de millions de techniciens et ingénieurs, puis le fait de récupérer le niveau technologique, puis grâce à l'exportation disposer d'une masse d'argent pour investir sur place ou co-financer les grands projets à l'étranger. Moi je suis un ingénieur expérimenté, grâce aux énarques je me retrouve au chômage. Tant que la France ne supprimera pas l'ENA nous serons coincés. Il faut ouvrir les postes de respionsbailités à la société civile et ses compétences, il faut revenir à la démocratie en supprimant les cumuls de mandats et en imposant 2 mandats maximum, il faut devenir efficace côté public en supprimant les conseils généraux, les CCI et autres inutiles ! renforçons les régions (décentralisation et partie de l'impot aux régions), supprimons le systeme napoléonien flicard avec toutes ses préfectures, tout cela n'a rien de républicain ! Il va falloir se retrousser les manches mais pour le faire il faut un changement des institutions françaises afin de permettre aux compétences des gens de s'exercer.
Réponse de le 29/12/2014 à 15:11 :
Chère Madame ou Cher Monsieur,
Je suis le premier à penser que l'absence d'une stratégie industrielle européenne est un énorme problème face à celle déployée par la Chine.
Pour autant, je ne peux être d'accord avec vos remarques sur la corruption. Celle-ci me semble être un problème inhérent à tout système social, quoi qu'en veuillent les explications "culturalistes". Et la Chine est (vraiment très) loin d'en être exempte. Quant au "système napoléonien flicard", comparé à celui du doublon Etat - PCC qui structure la Chine il me paraît assez bénin ...
Réponse de le 29/12/2014 à 18:17 :
Vous connaissez la blague suivante ? Lorsqu'un dirigeant chinois oublie ce qu'est être communiste il est envoyé faire un stage en France.
Dommage que l'on n'envoie pas les énarques aux champs ou dans les usines en Chine.
En 1983, Mr Delors, ministre des finances, justifiait l'augmentation des impôts sur le revenu par le soutien à l'export français. Quelles nullités depuis 40 ans !!!

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