Le collaboratif, le modèle qui répond au fordisme

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(Crédits : DR)
Le fordisme – organisation scientifique du travail sur un lieu de production – a globalement un siècle. Le paroxysme actuel en est Foxconn, le plus grand sous-traitant informatique mondial. Foxconn a plus de 1,5 million d’employés dans le monde, dont 400.000 dans la seule ville de Shenzen.

La mondialisation depuis une vingtaine d'années a amplifié la taille des usines et la taille des entreprises. Cette mondialisation est liée à la massification et à la baisse du coût des transports, ainsi qu'à l'accélération des communications grâce à Internet. Le monde est devenu un village…

Face à ces monstres, depuis 2008-2010, des FabLabs se développent. Les FabLabs sont des ateliers industriels alternatifs fondés sur la mise en commun et l'échange de connaissances : des laboratoires collaboratifs, l'opposé de ces usines monstrueuses. C'est dans ces FabLabs que sont nées notamment les imprimantes 3D.

Celles-ci sont l'une des composantes de la révolution industrielle en cours, la fabrication à la demande et donc la fabrication locale. Si l'industrie constitue l'exemple le plus étonnant du développement en cours d'une économie collaborative, il en est de même dans la production agricole (circuits courts), l'hôtellerie (louer ou échanger son logement), la banque (prêt individuel de petites sommes), la voiture (autopartage)…

À côté des grandes entreprises se développe le lien personnel, choisi. Que ce soit du troc, de la vente d'occasion, des circuits courts, du partage… le vocabulaire est large pour désigner l'économie collaborative.

L'économie collaborative n'est pas un feu de paille. L'économie sociale et solidaire en est une forme et existe depuis longtemps, comme le troc, l'occasion. Le mouvement en cours va plus loin grâce à Internet et son rapport individuel, CtoC, mais aussi par la mise en avant de l'usage plutôt que la possession d'un objet ou d'un service, par l'esprit de préservation de la planète, par la recherche de lien avec l'autre.

Avec l'économie collaborative, le produit vit plus longtemps : c'est la longue traîne (Chris Anderson). 15 à 20 % du PIB vont y trouver leur place. Voire plus. Fondamentalement, le consommateur dit : devant un monde de plus en plus massif, je veux exister.

Plus un mur est construit avec de grosses pierres, plus il y a de place pour des petites pierres, des cailloux. Rarement il y a eu autant d'opportunités à exister grâce à l'économie collaborative. Une chance unique pour l'individu. De nombreuses places sont à prendre.

Je repars en plongée.

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L'ouvrage le plus récent de Philippe Cahen :
Les Secrets de la prospective par les signaux faibles, Éditions Kawa, 2013.

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Commentaires
a écrit le 26/03/2014 à 15:57 :
L’échange de connaissance????et c'est comme cela que certains bossent pour que d'autres se régalent car que se passe t'il lorsque des petits malins (et ils sont plus nombreux que ceux qui ont vraiment de bonnes idées) chipent les innovations du collègue d’à côté et les brevètent?????? Je ne crois pas à cette vision qui veut nous faire croire que le collaboratif est forcément et absolument une réussite dans tous les domaines!!!!!
a écrit le 15/03/2014 à 12:15 :
Vous lisez bien, le collaboratif peut prendre des aspects différents.
a écrit le 13/03/2014 à 16:12 :
désolé , mais on mélange un peu de tout entre les fablabs ( ceux qui marchent ) et de la vente d'occasion , je dois être très bête mais je ne vois pas le rapport , si ce n est celui d'avancer un concept politique ...
a écrit le 03/03/2014 à 16:44 :
La fin des petits chefs

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