Le retour de l'appétit pour le risque profite aux valeurs cycliques

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Les industries de l'automobile, des technologies et des produits de base occupent le haut du classement des meilleures performances sectorielles depuis début janvier.

Malgré les dégradations en série des notations de crédit de la France et du FESF, rétrogradés de AAA à AA+ par Standard&Poor's, les investisseurs affichent, de nouveau, un certain appétit pour le risque. Si bien que de part et d'autre de l'Atlantique, les indicateurs de volatilité VIX, pour le S&P 500 et, V2X, pour l'Euro Stoxx 50, sont retombés à des niveaux proches de leur moyenne historique.

Selon le dernier sondage mensuel réalisé par BofA Merrill Lynch auprès des 214 plus gros investisseurs de la planète, ces derniers ont retrouvé le même goût pour les placements risqués qu'en juillet, soit juste avant la tempête boursière qui s'est abattue sur les principaux marchés d'actions mondiaux. Si ce constat peut, a priori, surprendre étant donné la récente perte du AAA de la France, il trouve son origine dans la retombée des tensions sur le marché de la dette souveraine, principalement en Italie, elle-même, à l'origine du rebond des indices boursiers depuis fin novembre et qui s'est accéléré au cours des premiers jours de janvier 2012. Les profils les plus cycliques sont les premiers à profiter de cette tendance. Pour preuve, les industries de l'automobile, des produits de base et des technologies occupent le haut du classement des meilleures performances sectorielles de l'indice Euro Stoxx 50 depuis le début de l'année avec des envolées respectives de 16,5 %, 12 % et 7,9 % sur la période.

Nombreuses opportunités

Dans le même temps à Paris, Renault (+ 18,2 %), Peugeot (+ 17,3 %) et STMicroelectronics ont enregistré les meilleures performances du CAC 40. A contrario, on retrouve en queue de peloton des valeurs réputées plus défensives comme Carrefour (- 4,3 %) ou encore France Telecom (- 3,13 %). « La reprise actuellement observée sur les marchés d'actions est marquée par un regain de prise de risque sur du papier fortement décoté », note Pierre-Yves Gauthier, président-fondateur de la société indépendante d'analyse financière AlphaValue. Selon les calculs du cabinet d'études basés sur un échantillon de 462 sociétés européennes cotées, les secteurs de l'automobile et des groupes miniers continueraient d'afficher des PER (cours/bénéfice par action) bien inférieurs à la moyenne du marché en intégrant un scénario catastrophe, qui repose sur des chutes de 21 à 25 % des résultats en 2012.

Pierre-Yves Gauthier pense que le compartiment des valeurs cycliques recèle de nombreuses opportunités, notamment du côté des groupes les plus exposés à la fois aux pays émergents mais également aux États-Unis. L'expert a établi une liste de 21 sociétés générant plus de 34 % de leur chiffre d'affaires outre-Atlantique et qui pourraient profiter d'un effet de levier opérationnel significatif. Parmi elles figurent des valeurs comme Bic, Sodexo, Essilor, Luxottica ou encore le groupe de distribution alimentaire néerlandais Ahold, dont les cours n'intégreraient pas encore ce réservoir de croissance américaine.

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